Yves de Kerdrel

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Yves de Kerdrel,
un aristocrate au groupe Valmonde

Yves de Kerdrel, journaliste au Figaro, a été nommé directeur général du groupe Valmonde en remplacement de Guillaume Roquette (voir son portrait) parti au Figaro Magazine. Il prend ainsi la tête d’un groupe qui rassemble trois titres : l’hebdomadaire Valeurs actuelles, le mensuel Spectacle du monde et le trimestriel Jours de chasse.

Famille et études

Le Vicomte Yves Audren de Kerdrel est né en 1961 à Paris, dans le XVIIème arrondissement. Il est le fils d’Henri Audren de Kerdrel, directeur de banque, et de Madame, née Colette Chenain.

En 1988, il épouse Anne Augier de Crémiers, artiste-peintre et fille du Capitaine de Vaisseau Charles Augier de Crémiers.

Les Kerdrel ont deux enfants et résident dans le 15ème arrondissement de Paris. Le château de Tarnac (XVIIème siècle, inscrit aux Monuments historiques), jolie propriété située sur le plateau des Millevaches en Corrèze, étant leur résidence secondaire.

Yves de Kerdrel a fait son lycée au Collège Stanislas et à l’Institution Frilley, à Paris. Titulaire d’une maîtrise de Droit obtenue à l’Université Paris II-Panthéon Assas, il est également diplômé de l’Institut Supérieur de Gestion (ISG) et de la Société française des analystes financiers (Sfaf), et Lieutenant de réserve.

Parcours professionnel

Yves de Kerdrel commence sa carrière de journaliste en 1983, à 22 ans, au Journal des Finances, une filiale du Figaro. Quelques années plus tard, en 1988 il est nommé chef de service, puis grand reporter en 1991, et rédacteur en chef en 1993.

Il quitte la rédaction du Journal des Finances en 1999 pour Les Échos où il est éditorialiste, créateur et animateur de la rubrique “Crible” avec Renaud Belleville.

En 2005 il devient éditorialiste au Figaro où il tient encore chaque semaine une chronique au ton résolument libéral.

En parallèle, il est directeur de la rédaction du Journal des Finances de 2006 à 2008, directeur du Figaro Patrimoine de 2007 à 2009, chroniqueur sur BFM, LCI et i>Télé de 2005 à 2010.

WanSquare, cofondé en 2009 par Yves de Kerdrel

WanSquare, cofondé en 2009 par Yves de Kerdrel

En 2009, il fonde le site d’intelligence économique WanSquare, avec Hilaire de Laage, ingénieur, créateur de l’agence de communication IDE Edition, passionné d’infographie animée sur le web, et Dominique Leblanc, diplômé d’HEC, énarque, spécialisé en finances des marché et évaluation d’entreprises, président de la Fédération française des clubs d’investissement. Le Figaro en est le principal actionnaire. Wansquare, dont Yves de Kerdrel prend la direction de la rédaction, est un média numérique innovant et réactif, consacré aux coulisses et l’analyse de la finance et de l’économie.

En septembre 2012, il est désigné pour remplacer Guillaume Roquette devenu directeur de la rédaction du Figaro Magazine, et prend la direction du groupe Valmonde (Valeurs actuelles, Spectacle du Monde, Jours de Chasse), évinçant Ivan Rioufol ou Éric Branca, dont les noms avaient été évoqués pour le poste.

La ligne éditoriale qu’il fixe à Valeurs actuelles, offensive et insolente, rencontre un vif succès auprès des lecteurs. Les abonnés augmentent, les ventes au numéro triplent (par rapport à 2008) et le chiffre d’affaires publicitaire bondit de 17%… En quelques mois, Yves de Kerdrel et son équipe réussissent à mener l’hebdomadaire à l’équilibre après 23 ans de pertes. Un exploit dans une presse profondément en crise.

Il l’a dit

Depuis 2005, Yves de Kerdrel tient dans le Figaro une chronique au ton libéral et sans complexes.

En 2008, il prend résolument position pour le travail du dimanche et n’hésite pas à s’en prendre aux évêques sur un ton piquant :

« Les évêques de France sont des gens admirables. D’abord plus de deux siècles après la Révolution, ils se font toujours sacrer, sans avoir besoin d’aller à Reims, comme les premiers secrétaires du Parti socialiste. Ensuite, malgré la séparation de l’Église de l’État, ils ne peuvent toujours pas être nommés à la tête d’un diocèse sans que le ministre de l’Intérieur leur accorde sa bénédiction. Enfin, ils ont toujours un avis sur tout, et ils ont un certain talent pour le faire partager (…)

Il n’y a pas si longtemps, ils ont renouvelé leurs exploits rhétoriques en prenant le parti, à de multiples reprises, de la régularisation des sans-papiers, voire d’une im­migration non choisie, alors même que certains à gauche expliquent depuis longtemps que «la France ne peut accueillir toute la misère du monde ».

Sans doute désinhibés par un président de la République qui parle avec facilité de religion, voici nos apôtres d’aujourd’hui démangés à nouveau par la volonté de donner leur opinion sur la crise financière, la précarité de l’emploi et sur un sujet par lequel ils se sentent particulièrement concernés : le travail dominical. Mgr Vingt-Trois, le cardinal-archevêque de Paris et président de la conférence des évêques de France, a récemment affirmé lors d’un discours solennel : « Si des dispositions législatives généralisaient le champ du travail dominical, les dommages humains et sociaux qui en découleraient se­raient sans commune mesure avec le profit économique qui peut en résulter. Ce serait une mesure supplémentaire dans la déstructuration de notre vie collective qui ne toucherait pas seulement les chrétiens…

Le problème, c’est que le sujet du travail dominical n’est pas une question de rendement maximal, de gain optimal, ou d’un néostakhanovisme, voire d’une société rongée par le matérialisme. Non, cette question, c’est justement celle qui constitue le fil rouge des Écritures, c’est celle de l’homme et de sa liberté. Est-il normal que la France soit l’un des derniers pays qui réglemente de manière drastique le travail le dimanche, interdisant ceux qui souhaitent ouvrir leurs échoppes, petites ou grandes, de le faire ? Est-il normal que la liberté de travailler, donc de s’épanouir et de s’émanciper, se trouve ainsi entravée ? Est-il normal en 2008, qu’à un être humain qui veuille de son libre choix travailler le dimanche, on oppose une réglementation obsolète ? »

En avril 2010, l’une de ses chroniques intitulée “Arrêtez de tirer sur les riches !” suscite quelques remous :

« Jules Michelet avait tout compris, à force d’étudier l’histoire de France par tous les bouts. Il affirmait : « La politique, c’est l’art d’obtenir de l’argent des riches et des suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres. »

Le 12 mars 2012, il titre sa chronique du jour : « Paris n’est pas Wall Street, hélas ! »

« (…) La bourse américaine qui vient de progresser pendant cinq semaines consécutives, devrait poursuivre sur sa lancée. Tout concourt pour motiver l’enthousiasme des investisseurs. D’abord les bons indicateurs économiques, avec notamment la baisse spectaculaire du taux de chômage. Ensuite le niveau très élevé du cash détenu par les fonds mutuels américains qui avaient fait preuve d’un excès de prudence, ces dernières semaines. Enfin, il y a un climat général qui a changé.

La crise de 2008 a certes laissé des traces et modifié les comportements, voire les textes. Mais la page est tournée. Et l’on parle à nouveau d’introductions en bourse records et d’opérations spectaculaires. Bref les États-Unis ont fini par terrasser la peur qu’ils s’étaient faits à la suite de la crise financière. Ils ont réalisé qu’ils avaient repris la maîtrise de leur destin et de leur croissance. Et même mieux, puisqu’ils viennent de devenir exportateurs de pétrole au moment où l’or noir bat des records !

À côté de cela, la situation des marchés européens, et notamment de notre pauvre marché boursier français fait un peu pitié. Bien sûr le début d’année n’est pas si mauvais que cela. Bien sûr les résultats des grands groupes du CAC 40 sont à la hauteur des espérances et leurs perspectives pour 2012, bien plus élevées que prévu. Bien sûr, le collapsus grec n’a pas eu lieu, et la longue page de la crise hellène finit de se tourner, levant ainsi une lourde hypothèque. »

Sa nébuleuse

Yves de Kerdrel a ses entrées dans de nombreux cercles d’influences et d’affaires.

En 2005 il rejoint la Commission du dialogue économique du Medef , ce qui lui vaut d’être nommé à la Commission Attali pour le redressement de la Croissance en 2007. Membre du Conseil franco-Britannique et du Comité d’éthique du Medef, il est également délégué général du Cercle de l’audace créatrice, professeur à Dauphine jusqu’en 2010, et administrateur du groupe Vitry frères.

Il est membre du prestigieux Jockey Club de Paris et du Cercle de La Revue des deux-Mondes (dont il est président), mais ne fréquente pas les dîners du Siècle.

Il est également proche de Marc Ladreit de la Charrière propriétaire du groupe Fimalac (l’agence de notation Fitch Ratings entre autres), ancien propriétaire du Groupe Valmonde (revendu à Dassault qui le revendra au groupe Fabre), qui est à l’origine de la Fondation Agir contre l’exclusion avec Martine Aubry, fondation qu’il soutient financièrement, et qui s’est présenté comme un des fondateurs de SOS Racisme.

Voir aussi : Le blog d’Yves de Kerdrel sur Yahoo! Finance / Yves de Kerdrel sur Twitter

Crédit photo : WansquareTV via Youtube