Libération : une faute grave ?

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Libération : une faute grave ?

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Ce lundi 8 avril 2013, le quotidien Libération faisait sa une sur une rumeur concernant Laurent Fabius, et sur le démenti de ce dernier, illustrant ainsi l’adage journalistique : « une rumeur et un démenti font deux informations. »

Dans ce numéro, Libération annonçait que Laurent Fabius pourrait, après Cahuzac, être le détenteur d’un compte en Suisse. Pour le quotidien, « une possible affaire Fabius tétanise l’Élysée ». « Un scénario noir circule dans tous les ministères. Mediapart aurait en sa possession les preuves que Laurent Fabius détient un ou plusieurs comptes en Suisse », peut-on lire dans le dossier. Il affirme également que Fabrice Arfi, journaliste à Mediapart, aurait rencontré Laurent Fabius samedi 6 avril dans le cadre de cette enquête.

Ou comment faire une information d’une rumeur, à propos d’une enquête pas encore publiée… Sur son compte Twitter, Edwy Plenel réagit la veille de la parution : « Libération perd la tête: demain, il transforme en information une rumeur sur Fabius en prétendant démentir une non-information de Mediapart. » Il poursuit sur son blog : « Libération prétend en effet savoir ce qu’il en est des enquêtes en cours de notre rédaction, au point de dévoiler les supposés rendez-vous honorés par tel ou tel d’entre nous. Nous n’aurions jamais imaginé qu’un journal se voulant sérieux puisse ainsi violer le secret professionnel qui protège sources et investigations d’autres confrères. »

La Société civile des personnels de Libération a qualifié, dans un communiqué paru le jour-même, cet article de « faute déontologique grave » :

« La SCPL déplore que Libération ait relayé ce matin une rumeur sans fondement sur un prétendu compte en Suisse de Laurent Fabius, avec pour effet de l’accréditer. Notre travail de journaliste ne consiste pas à rendre publique une rumeur, mais à enquêter pour savoir si elle correspond à des faits. Ce travail élémentaire n’a pas été fait. Il s’agit là d’une faute déontologique grave.

Cet épisode dommageable à l’image de Libération, qui engage la responsabilité de Nicolas Demorand, illustre une nouvelle fois la mauvaise gouvernance du journal. Il confirme l’urgence de l’élection d’un directeur de la rédaction de plein droit, en vertu des statuts de l’entreprise, réclamée depuis le 19 mars par 94 % de l’équipe. A nouveau, la SCPL l’exige dans les plus brefs délais. »

La SCPL fait référence à une querelle interne exigeant un véritable directeur de la rédaction. Nicolas Demorand, patron de Libé, occupe actuellement les deux postes de directeur de la rédaction et de la publication.

Ce même Nicolas Demorand déplorait, en 2008, ce journalisme de rumeur. Interrogé par @rrêt sur image à propos de bruits laissant croire que son arrivée à France 2 était due à l’intervention de Nicolas Sarkozy, il disait : « Ce sont des échos et des rumeurs qui sont imprimés comme des vérités, les gens les reprennent le lendemain, sans avoir fait l’enquête. » Les temps ont changé…

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