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Reportage Zone Interdite sur l’islamisme : un électrochoc salutaire dans le PAF

31 janvier 2022

Temps de lecture : 4 minutes
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Reportage Zone Interdite sur l’islamisme : un électrochoc salutaire dans le PAF

31 janvier 2022

Temps de lecture : 4 minutes

Dimanche 22 janvier 2022, la chaîne M6 diffusait un documentaire sur la progression de l’islamisme en France intitulé : « Face au danger de l’islam radical, les réponses de l’État ». Certaines réactions pour le moins contrastées à cette enquête de terrain sont révélatrices du déni sur un phénomène en pleine expansion. Malgré un début de prise de conscience, le sujet gêne dans certains médias et dans une frange de la société. Il nous a paru important d’y revenir.

Le documentaire de M6

Pour réalis­er son doc­u­men­taire, l’équipe de Zone inter­dite est allée enquêter à Roubaix, Mar­seille et autres lieux où l’islamisme pro­gresse. Ce que mon­tre à voir l’émission dif­fusée dimanche 22 jan­vi­er, disponible en replay sur le site de la chaîne M6, est édifiant.

Les dif­férents reportages braque­nt en effet le pro­jecteur sur cer­taines réal­ités trop sou­vent ignorées : des écoles où des enfants sont endoc­trinés dès leur plus jeune âge, la tenue islamique qui est dev­enue le code ves­ti­men­taire de rigueur dans cer­tains quartiers, une famille de Français de souche con­ver­tie à l’islam le plus rig­oriste, des poupées sans vis­ages offertes aux enfants pour se con­former à l’interdiction de le représen­ter, des livres en vente libre con­tenant les pre­scrip­tions les plus rétro­grades vis à vis des femmes, on pour­rait mul­ti­pli­er les exem­ples d’une cul­ture pro­fondé­ment étrangère à celle qui pré­vaut en France, ou en tout cas à celle qui pré­valait jusqu’à peu, un peu partout dans le pays comme en Europe.

La société « en archipel » décrite par le poli­to­logue Jérôme Four­quet, où les Français, ou à tout le moins ceux qui vivent en France, se côtoient sans se con­naitre, est une réal­ité. L’observateur curieux con­state bien des signes vis­i­bles de l’islamisation d’une par­tie de la pop­u­la­tion : les femmes voilées sont de plus en plus nom­breuses dans les rues, les tenues de cer­taines musul­manes sont de plus en plus austères, les signes osten­ta­toires nom­breux. Mais bien sou­vent, il en reste là de ses con­stats. Dans ce con­texte, le doc­u­men­taire de l’équipe de Zone inter­dite a le mérite de met­tre en lumière d’autres facettes de l’islamisation de la société française.

1996 déjà, la démographie plutôt que l’islamisme comme sujet central

Si le doc­u­men­taire dif­fusé dimanche 22 jan­vi­er sur la chaîne M6 a eu un fort reten­tisse­ment, il n’est pas le pre­mier à traiter de ce sujet, en par­ti­c­uli­er dans la ville de Roubaix.

En 1996, l’hebdomadaire Le Point fai­sait – déjà — sa une sur les « ban­lieues de l’islam » et enquê­tait à Roubaix. Et déjà, une par­tie de la gauche dénonçait la stig­ma­ti­sa­tion des musulmans.

Ain­si, Le Monde diplo­ma­tique entendait en juin 1997 dénon­cer la supercherie selon laque­lle « Roubaix est dev­enue une ville à majorité musul­mane ». La querelle sur la démo­gra­phie de la ville ser­vait — déjà – à bat­tre en brèche le pos­tu­lat selon lequel « le com­bat s’impose con­tre les inté­gristes qui sapent la République ».

En 2022, rien ne sem­ble avoir changé : La Voix du nord con­sacre le 24 jan­vi­er un arti­cle avec le titre : « Zone inter­dite» : 40% de musul­mans à Roubaix, pourquoi cette affir­ma­tion est invéri­fi­able ».

Les fins lim­iers du quo­ti­di­en région­al n’ont sûre­ment pas poussé bien loin leurs inves­ti­ga­tions : l’Observatoire de l’immigration et de la démo­gra­phie pub­li­ait sur Twit­ter deux jours plus tard des chiffres assez édi­fi­ants étab­lis par France Stratégie, une agence gou­verne­men­tale. On y appre­nait notam­ment qu’« en 2017, 40% des 0–18 ans à Roubaix étaient soit des immi­grés extra-européens soit des enfants d’im­mi­grés extra-européens. Elle dépasse 60% dans cer­tains quartiers ».

On aura com­pris qu’il s’agit encore et tou­jours de déporter le sujet de l’islamisation de la France sur le ter­rain de la démo­gra­phie et de la querelle des chiffres, afin de min­imiser le phénomène.

Entre menaces et déni

La dif­fu­sion du doc­u­men­taire de l’équipe de Zone Inter­dite a sus­cité d’autres réac­tions défen­sives : ain­si, dès le jour de sa dif­fu­sion, le hash­tag « boy­cottzonein­ter­dite » était bien placé sur Twit­ter, comme le soulig­nait Tieb Winnie :

Dans un autre reg­istre, le porte-parole Jeunesse de la France Insoumise, David Guiraud, draguait de façon encore plus osten­ta­toire qu’à l’accoutumée sur Twit­ter une par­tie de l’électorat musulman :

Plus grave, un roubaisien ayant témoigné dans le reportage de la pro­gres­sion de l’islamisme dans sa ville était rapi­de­ment men­acé de mort. Le 24 jan­vi­er, devant les caméras de BFMTV, Amine Elbahi affir­mait être « men­acé de décap­i­ta­tion ».

Les intim­i­da­tions des islamistes ne se  sont pas arrêtées là : nous appre­nions par Le Figaro le 29 jan­vi­er 22 qu’Ophélie Meu­nier, la présen­ta­trice de Zone inter­dite, était la cible de mes­sages menaçants néces­si­tant son place­ment sous protection.

Opération de communication ou travail d’investigation ?

Si la cri­tique du porte-parole Jeunesse de la France Insoumise à l’encontre du doc­u­men­taire de Zone inter­dite vise avant tout à préempter l’électorat arabo-musul­man, on peut au moins lui recon­naitre un mérite : celui de point­er du doigt le biais majeur du doc­u­men­taire, à savoir, par­tir de l’action de l’État pour par­ler de l’islamisme. Ce qui per­met de faire pass­er un mes­sage du type : « c’est grave mais ne vous inquiétez pas, on s’occupe de tout ».

Car en fait d’actions, de nom­breux travaux et ouvrages, comme celui con­sacré à l’« his­toire de l’islamisation française de 1999 à 2019 », met­tent en lumière la pro­gres­sion con­tin­ue et pro­téi­forme de l’islamisme dans la société française, en dépit des déc­la­ra­tions mar­tiales de nos dirigeants suc­ces­sifs. Et si la démo­gra­phie est un bien un sujet qu’il faut évo­quer, c’est bien parce que l’immigration majori­taire­ment arabo-musul­mane est un ter­reau fer­tile à l‘essor de l’islamisme. Sous le regard sou­vent silen­cieux et par­fois appro­ba­teur des médias dominants.

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