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Valeurs actuelles arnaqué par un de ses cadres historiques

19 octobre 2017

Temps de lecture : 2 minutes
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Valeurs actuelles arnaqué par un de ses cadres historiques

Un système de fausses factures, avec des rétro-commissions et une société écran pour les encaisser. Non, ce n’est pas une collectivité locale du sud de la France, ni même un contrat dans la défense ou l’aéronautique, il s’agit d’un journal habitué à pourfendre la corruption, les assistés et les fraudeurs. Valeurs actuelles, journal bien ancré à droite, a été victime d’un détournement de plusieurs millions d’euros étalé sur plusieurs années.

Selon le patron du jour­nal, Yves de Ker­drel, le détourne­ment aurait coûté de 5 à 7 mil­lions d’€ à Val­monde, le groupe de presse qui édite Valeurs Actuelles, et vient d’acheter Inve­stir votre argent, étalé sur quinze ans depuis 2002. L’heb­do­madaire a porté plainte le 9 octo­bre pour abus de con­fi­ance, escro­querie, faux, usage de faux, com­plic­ité et recel de ces dél­its, après avoir mis à pied le cadre incrim­iné fin sep­tem­bre. L’heb­do­madaire a trans­mis à la jus­tice les preuves du détourne­ment dont il estime avoir été la vic­time.

Il s’agis­sait d’une sorte de numéro 2, qui gérait l’opéra­tionnel, les abon­nés, l’or­gan­i­sa­tion, traitait avec les sous-trai­tants et gérait une par­tie de la compt­abil­ité. Grâce à la com­plic­ité de plusieurs sous-trai­tants, il réglait à cer­tains four­nisseurs – notam­ment ceux qui impri­maient et four­nis­saient le papi­er – des notes sur­fac­turées. La dif­férence était ensuite refac­turée par les sous-trai­tants à une société-écran dont l’un des copro­prié­taires était le cadre incrim­iné et l’autre, une per­son­ne extérieure au jour­nal.

Yves de Ker­drel nour­ris­sait des doutes au vu de cer­taines fac­tures qui lui parais­saient gon­flées – à par­tir de mars 2016, quand la société a voulu rené­goci­er cer­tains con­trats avec ses four­nisseurs, elle a trou­vé des sur­fac­tura­tions allant jusqu’à 300% du prix du ser­vice effec­tué. Mais c’est un sous-trai­tant qui lui a don­né la clef du mys­tère en l’ap­pelant au sujet d’une com­mis­sion de plusieurs cen­taines de mil­liers d’eu­ros qu’il ver­sait depuis plusieurs années.

Étalé sur plusieurs années et invis­i­ble aux yeux des com­mis­saires aux comptes, le mon­tage ne men­ace pas la san­té du mag­a­zine – s’il ne pro­gresse pas cette année comme il l’a fait sous Hol­lande du fait d’un posi­tion­nement droiti­er assumé et des unes osées, sinon racoleuses, il reste sta­ble avec 118 200 exem­plaires ven­dus (-0,46%) et 80 000 abon­nés, con­tre un tirage de 87 000 exem­plaires fin 2012. Le chiffre d’af­faires a grim­pé à 20 mil­lions d’€ en 2016 pour un résul­tat net de 1,7 mil­lions d’€, une excep­tion dans le monde de la presse papi­er où fail­lites et déficits abyssaux s’ac­cu­mu­lent.

Ce type de mon­tage n’est pas une excep­tion dans la presse, même s’il appar­tient plutôt au passé, comme le révè­lent cer­tains com­men­taires sur les sites des jour­naux parisiens qui ont relayé l’af­faire. Ain­si, sur le site du Figaro, un com­men­ta­teur indique le 17/10 à 8h43 que « cela ne risque pas d’ar­riv­er au Figaro… Il y a une ving­taine d’an­née, un prestataire con­tin­u­ait à y fac­tur­er la pho­togravure alors que ce procédé avait dis­paru dans le dis­posi­tif d’im­pres­sion du jour­nal. Celui qui fer­mait les yeux rece­vait de très gros cadeaux… ».

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