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Une semaine à la Une : Libération

4 mai 2020

Temps de lecture : 4 minutes
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Une semaine à la Une : Libération

Il est intéressant de regarder la façon dont un organe de la presse quotidienne rend compte de l’actualité au long d’une semaine, en particulier quand cette presse fait parfois, ouvertement ou en catimini, quasi officiellement partie de la presse gouvernementale. Cette semaine, Libération.

L’OJIM a sou­vent évo­qué Libéra­tion, quo­ti­di­en libéral-lib­er­taire par excel­lence dont la direc­tion actuelle ne paraît pas s’apercevoir com­bi­en elle a accom­pa­g­né l’advenue du monde économique, poli­tique et idéologique actuel qu’elle annonce com­bat­tre.

Quelques exem­ples récents :

Tournons-nous vers les Unes de la semaine du 25 avril au 1er mai.

Samedi 25 et dimanche 26 avril 2020

Une pre­mière page qui insiste sur le « pays à l’arrêt », la « sidéra­tion » et la « prise de con­science » à l’aide de pho­togra­phies de Math­ias Depar­don. Il s’agit de « mon­tr­er » la France pro­fonde, depuis un angle bobo.
Une autre accroche rap­pelle que le quo­ti­di­en est bien Libéra­tion : « Sou­venirs de Ramadan »

Lundi 27 avril 2020

La Une mon­tre un Édouard Philippe « flou » car sans doute… dans le flou et Libéra­tion pro­pose des titres sérieux sur le décon­fine­ment. L’heure n’est pas à la rigo­lade : le pre­mier min­istre pré­pare la présen­ta­tion du plan de décon­fine­ment atten­du par tous les Français, le lende­main.

Cepen­dant, Libéra­tion n’échappe tou­jours pas à son envi­ron­nement idéologique : en bas de page, une accroche « cul­turelle » pour lire un arti­cle inti­t­ulé « hap­py mon­days à la Bar­bade : drogue, drogue et rock’n’roll ». Cul­ture mon­di­al­iste, quand tu nous tiens…

Mardi 28 avril 2020

Le jour de l’annonce du plan de décon­fine­ment devant l’Assemblée nationale, par le pre­mier min­istre, Libéra­tion se veut offen­sif, avec une image sem­blant sig­ni­fi­er que nos sommes « sous cloche » car les masques n’ont pas été libérés.
« Men­songes », « incurie », rien que de très vrai, un dossier que le dés­in­tox gou­verne­men­tal n’a pas à notre con­nais­sance mis sur son site. Le mot « révéla­tions » choisi par le quo­ti­di­en pour mon­tr­er que ce ne sont pas seule­ment les gou­verne­ments précé­dents qui sont respon­s­ables mais aus­si l’exécutif actuel, par­faite­ment au courant des man­ques stratégiques, un exé­cu­tif qui a « sci­em­ment men­ti ». La chose n’est guère révélée, qui en doutait encore ? Elle serait plutôt con­fir­mée.

En haut à droite, une étrangeté : « Hen­ri Weber, la gauche en peine ». Plus per­son­ne ou presque ne sait qui est l’homme décédé, leader de Mai 68, longtemps acteur du par­ti social­iste. Retour de Libéra­tion à son idéolo­gie, comme chaque jour : un zeste de libéral lib­er­taire. Le quo­ti­di­en ne paraît pas saisir que son his­toire pro­pre est intime­ment liée à la cat­a­stro­phe actuelle qu’est l’organisation du monde, du rejet de la sou­veraineté en pas­sant par la pédophilie/partouzophilie comme art de vivre parisien à la fin du 20e siè­cle ou encore les migra­tions de masse. Divers aspects d’une con­cep­tion unique du pou­voir dont Libéra­tion s’est et se fait tou­jours les choux gras. Il ne suf­fit pas que Jof­frin tire d’un coup un trait sur Matzn­eff pour que la pédophilie dis­paraisse des archives de ses pages. Weber, jamais accusé de cette hor­reur, paix à son âme, fait par­tie de toute une époque, avec un Cohn-Ben­dit : celle de l’arrivée au pou­voir du social­isme mit­ter­ran­di­en, dont Jack Lang, Pierre Bergé etc. Du beau monde ou bel immonde, comme on voudra.

Mercredi 29 avril 2020

Out­re « le p’tit Libé » qui annonce un « les virus expliqués aux enfants », avec image de virus rigo­lo en sus, la Une a la déli­catesse d’annoncer le décès de Robert Herbin, mythique joueur puis entraîneur de l’AS Saint-Eti­enne. Hasard ou non, l’annonce de ce décès du mythe du peu­ple vert de Saint Eti­enne fig­ure au-dessus du bon­homme vert de la Une, bon­homme sous lequel est écrit « Décon­finé ». À gauche, un bon­homme rouge et « Décon­fit ». Mal­heureux, heureux. Humour à la Libéra­tion. Le fil rouge : la France risque d’être coupée en deux. Libéra­tion ne s’est pas ren­du compte que c’est depuis longtemps le cas : les pop­u­la­tions soutenues par le quo­ti­di­en pour des raisons eth­niques, au nom de « l’antiracisme », étaient décon­finées avant même que le con­fine­ment ne com­mence.

Lors de sa présen­ta­tion à l’Assemblée Nationale, le 1er min­istre a d’ailleurs inver­sé les deux couleurs mais Libéra­tion ne le sig­nale pas.

Jeudi 30 avril 2020

Grand moment d’humour à la Une de Libéra­tion : le quo­ti­di­en de la France bobo de gauche libérale lib­er­taire sociale-démoc­rate pro immi­gra­tion de masse se sou­vient de ce que fut la gauche — un poing levé de pro­lé­taires. Que le lec­torat se ras­sure, c’est seule­ment une fois par an et sans doute pour retrou­ver bonne con­science du côté de Lau­rent Jof­frin.

Le 1er mai sera donc con­finé, un 1er mai de « télé-tra­vailleurs et de télé-tra­vailleuses », un humour qui mon­tre à quel point le jour­nal est devenu un quo­ti­di­en de CSP + (au moins) : il par­le à son lec­torat, tan­dis que nom­bre de caté­gories pop­u­laires n’ont jamais été con­finées pro­fes­sion­nelle­ment, oblig­ées de tra­vailler (grande dis­tri­b­u­tion, routiers, infir­mières…).

Moins drôle : le mou­ve­ment de grèves des loy­ers à new York. Le fait est éminem­ment sérieux dans une méga­lo­pole où la pau­vreté s’étend aus­si vite que le virus. Il n’y avait peut- être pas de quoi rire en « osant » une for­mule comme « La grève des loy­ers pour ne pas se noy­er ».

Une semaine peu con­va­in­cante, Libéra­tion nav­igue entre humour de faible inten­sité et volon­té de traiter la grav­ité de la péri­ode avec le sérieux néces­saire. Une inter­ro­ga­tion sur les épi­cen­tres les plus vio­lents de l’épidémie, l’Europe de l’ouest ou New York pour­rait con­duire, dans un jour­nal moins binaire, Libéra­tion à s’interroger : quel lien peut-on voir entre l’idéologie défendue par Libéra­tion depuis 40 ans et le fait que ce soient ces lieux qui sont aus­si vio­lem­ment touchés ?

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