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Un été en France entre « incivilités », « frustrations » et « bêtises » : revue de presse

18 août 2020

Temps de lecture : 8 minutes
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Un été en France entre « incivilités », « frustrations » et « bêtises » : revue de presse

Cet été 2020 est un peu particulier. Les restrictions de circulation dues à l’épidémie de coronavirus et la crise économique ont contraint de nombreux jeunes et de moins jeunes à rester chez eux. La période estivale n’en a pas pour autant été de tout repos. La délinquance, souvent gratuite, n’a pas pris de vacances. Ces dernières semaines ont en effet été émaillées par des agressions parfois particulièrement violentes. La couverture médiatique de ces événements a oscillé entre récits ponctuels et neutralité bienveillante vis-à-vis de certains politiques qui ont tout fait pour les minimiser.

Des agressions qui mettent la question de la sécurité au premier plan

Les agres­sions sauvages con­tre un chauf­feur de bus à Bay­onne, une gen­darme à Port-Saint-Marie et un jeune à Sar­celles ont mis début juil­let la ques­tion de la sécu­rité au pre­mier plan. Comme le soulig­nent notam­ment L’Express et Le Huff­post, le nou­veau min­istre de l’intérieur Gérald Dar­manin a mul­ti­plié les déplace­ments et les déc­la­ra­tions de fer­meté. Les nom­breux faits-divers relatés dans les médias ces dernières semaines nous mon­trent pour­tant que les coups de men­ton et les annonces de ren­forts ponctuels de policiers ne suff­isent pas à endiguer la mon­tée de la vio­lence.

La fête nationale : des mortiers à la place des feux d’artifice

Afin d’éviter des rassem­ble­ments prop­ices à la prop­a­ga­tion du coro­n­avirus, les tra­di­tion­nels feux d’artifice du 14 juil­let ont été annulés cette année. À défaut de spec­ta­cles pyrotech­niques, de nom­breux jeunes ont fêté le 14 juil­let à leur manière. Selon Actu.fr, les policiers ont été plus nom­breux qu’en 2019 à avoir été blessés à Paris à l’occasion de la fête nationale. Les effec­tifs de la pré­fec­ture de police ont con­nu « deux nuits com­pliquées », apprend-on à la lec­ture de l’article. En fait de « com­pli­ca­tions », on con­state qu’il s’agissait d’éviter les traque­nards des voy­ous, notam­ment des « tirs ten­dus de mortiers d’artifice », selon le Préfet de police.

Mais il n’y a pas que dans la bien nom­mée « ville lumière » que de nom­breux voy­ous ont eu à cœur de « com­pli­quer » la vie des riverains et de la police. Le Figaro nous informe que « des vio­lences urbaines (ont eu lieu ) dans toute la France ». L’article du quo­ti­di­en est une longue litanie de toutes les vio­lences, agres­sions et dégra­da­tions recen­sées dans la nuit précé­dant le 14 juil­let. Le réc­it de ces événe­ments dans les médias de grand chemin est pure­ment factuel : les jour­nal­istes ne s’indignent plus pour ce qui sem­ble désor­mais être un folk­lore qu’il serait mal venu de qual­i­fi­er de « fran­co-français »

Les bases de « loisir » : amusements en tous genres

La région Ile de France est clairsemée de bases de loisirs, qui per­me­t­tent à ceux qui ne par­tent pas en vacances de se diver­tir. La notion de diver­tisse­ment doit avoir pour cer­tains indi­vidus une sig­ni­fi­ca­tion dif­férente de celle com­muné­ment admise. C’est ain­si que selon Le Parisien le 2 août, à la base de loisir de Bois­sy-le-Roi, des indi­vidus armés de bar­res de fer ont causé un trau­ma­tisme crânien à un jeune de 14 ans, après « une vio­lente rixe ».
À Vaires Tor­cy, c’est selon CNews un agent de sécu­rité qui a été agressé au couteau par des jeunes qui n’ont pas appré­cié qu’il leur demande de quit­ter les lieux. « La direc­tion de la base de loisirs a déjà été con­fron­tées à des inci­vil­ités », nous informe de façon pudique la chaine d’informations.

À Étam­pes, c’est selon Le Midi libre « une bagarre générale entre plus de 200 jeunes (qui a éclaté) dans une base de loisirs ». La gen­darmerie et la police arrivées sur les lieux ain­si que des agents de sécu­rité auraient été rapi­de­ment « sur­passés » en rai­son du nom­bre de jeunes, au point de se faire encer­cler. On n’en saura pas plus sur cette sit­u­a­tion qui aurait pu être mise en avant comme sym­bole de forces de l’ordre totale­ment dépassées par l’ampleur des événe­ments. Tout juste apprend-on que « tout est ren­tré dans l’ordre ».

Des matchs de football assez virils

Vous ne le saviez peut-être pas : le cham­pi­onnat de foot­ball n’a pas con­nu de trêve cet été. En fait de cham­pi­onnat de foot, il s’agit de com­péti­tions entre cités de la région parisi­enne. Actu.fr nous apprend que « le match de foot dégénère en bagarre générale à Ver­sailles » le 9 juil­let. Le score du match opposant des jeunes d’un quarti­er de Ver­sailles à ceux d’une ville voi­sine  : 5 jeunes blessés. La com­péti­tion n’allait pas s’arrêter en si bon train : Le Parisien nous informe le 5 août que deux jeunes ont été poignardés lors d’une rixe le 3 août. Dans la nuit du 4 au 5 août, c’est la BAC qui sur­prend des jeunes en train de met­tre des engins incen­di­aires dans une voiture, « un nou­v­el épisode de la guerre des ban­des ». On ne saura pas s’il s’agit de la finale…

À Vier­zon, Le Berry Répub­li­cain nous informe le 18 juil­let d’une « bagarre générale en marge d’un match de foot­ball ». Comme dans les Yve­lines, ce sont plus de deux cents jeunes qui sont impliqués dans la bagarre. Dans l’Oise, à Noy­on, on déplore « deux blessés dans un affron­te­ment entre jeunes après un tournoi de foot », nous informe Oise heb­do. C’était à l’occasion de « la coupe d’Afrique des nations de foot­ball des quartiers ». On pour­rait mul­ti­pli­er les exem­ples de matchs plus ou moins « offi­ciels » qui ont dégénéré en cet été par­ti­c­ulière­ment chaud.

La motocyclette, un loisir de « jeunes »

Un autre façon de se dis­traire en été est de faire de la moto­cy­clette. Mais ce qui paraît plus distrayant qu’une sim­ple prom­e­nade à cer­tains est de faire du « Wheel­ing » (rouler sur une roue) et d’innombrables et bruyants aller et venues dans le quarti­er. Comme on dit, « sinon cela ne serait pas mar­rant »

L’été a bien mal com­mencé : CNews nous informe le 25 juin qu’un enfant a été grave­ment blessé après avoir été ren­ver­sé par un deux roues qui fai­sait un rodéo à Vaulx-en-Velin. Cela est loin d’avoir freiné les ardeurs de nom­breux jeunes de cité : la presse régionale con­sacre plusieurs arti­cles à ce sujet : à Reims, Albert, Hérou­ville-Saint-Clair, Grasse, Saint-Ger­main-en-Laye, Bruay-sur‑l’Escaut, Quim­per, etc. À Mont­bri­son, ce sont car­ré­ment une cinquan­taine de jeunes qui blo­quent la cir­cu­la­tion. On apprend à la lec­ture des arti­cles que les inter­pel­la­tions sont houleuses, quand par chance elles sont organ­isées…

Des nuits de violence gratuite

Quand des ban­des s’affrontent ou déclenchent incendies et autres tirs de morti­er et guet-apens de policiers, ce qui est très fréquent en cet été, la presse locale par­le sou­vent de « nuit agitée ». C’est le cas à Audierne le 11 juil­let, à Béthune le 13 juil­let où le maire men­ace d’instaurer un cou­vre-feu, à Fort-de-France le 16 juil­let, à Villeur­banne le 23 juil­let, le 31 juil­let à Chatil­lon « après plusieurs incendies volon­taires », le 2 août aux Mureaux et à Chanteloup-les-Vignes où une ving­taine d’individus attaque des policiers, etc. On com­prend que ce n’est pas le som­meil des voy­ous qui est « agité »

Les pompiers se manifestent

La blessure par balle d’un pom­pi­er le 14 juil­let alors qu’il éteignait un incendie de voiture à Etam­pes, relatée notam­ment par Jean-Marc Moran­di­ni, a été l’occasion de relancer la ques­tion de l’augmentation des vio­lences non seule­ment con­tre la police, mais égale­ment con­tre tout ceux qui représen­tent « les autorités ». Valeurs actuelles reprend à ce sujet une élo­quente inter­ven­tion du crim­i­no­logue Alain Bauer lors d’un débat sur Paris Pre­mière avec un con­tra­dicteur qu’il laisse pan­tois.

Les chauffeurs de bus particulièrement exposés

Le respect du port du masque dans les trans­ports en com­mun passe mal auprès de cer­tains jeunes. L’assassinat d’un chauf­feur de bus à Bay­onne a été suivi par de nom­breuses autres agres­sions, certes moins graves mais tout aus­si révéla­tri­ces de l’ensauvagement de la société française.

Le Parisien recense le 14 août dans un arti­cle les « insultes, men­aces et agres­sions » qua­si quo­ti­di­ennes dont ont été vic­times les con­duc­teurs de bus en Ile de France entre le 17 et 30 juil­let.

Mais il n’y a pas qu’en région parisi­enne que des con­duc­teurs de bus sont agressés, en par­ti­c­uli­er quand ils essaient de faire respecter l’obligation du port du masque. La presse quo­ti­di­enne régionale et les chaines d’information nous infor­ment d’agressions com­mis­es cet été à Mar­cq-en-Baroeul,  Lyon, Saint-Éti­enne, Dijon, etc.

La lâcheté des voy­ous a égale­ment trou­vé à s’illustrer à Neuil­ly-sur-Marne, en Seine Saint Denis : une infir­mière deman­dant à deux jeunes de met­tre leur masque a été sauvage­ment agressée par deux ado­les­cents, nous informe notam­ment Le Point.

Adama Traoré agresseur sexuel

Ces dernières semaines, les médias de grand chemin ont égale­ment con­tin­ué à évo­quer l’affaire Adama Tra­oré, notam­ment à l’occasion de la relance de l’enquête judi­ci­aire au sujet de son décès, à l’image du Monde et du Parisien. Ils ont par con­tre été par­ti­c­ulière­ment dis­crets con­cer­nant l’indemnisation de son codétenu en 2016 car, comme l’indique Le Point, « les faits d’agression sex­uelle qui ont été portés à (la) con­nais­sance (de la com­mis­sion d’indemnisation NDPR) ont été étab­lis ».

Le lien entre violence gratuite et immigration

Les ten­ta­tives d’explication des vio­lences pen­dant cet été sont par­fois rad­i­cale­ment dif­férentes. Le vice-Prési­dent du con­seil région­al d’Ile de France explique au micro de BFMTV à sa façon les vio­lences com­mis­es dans le parc d’attraction d’Étampes : « Ceux qui ne sont pas ren­trés dans leur pays d’origine ont accu­mulé beau­coup de frus­tra­tion ».

Le Parisien tente dans son édi­tion du 6 août d’expliquer pourquoi de nom­breux jeunes restent chez eux :

« Les voy­ages en Algérie et au Maroc sont en effet décon­seil­lés ». Le maire de Car­rières-sous-Pois­sy a des craintes à ce sujet : « D’habitude, ces jeunes par­tent dans le pays d’origine de leurs grands-par­ents (…) l’ennui peut con­duire à faire des bêtis­es ». Les « bêtis­es », il suf­fit de se tenir infor­mé pour con­stater qu’elles sont nom­breuses.

La cul­ture de l’excuse tou­jours avec le soci­o­logue préféré des médias, Lau­rent Muchiel­li, celui qui affirme à Var Matin que « la délin­quance n’existe pas », celui pour qui « il n’y a pas plus de vio­lences inter­per­son­nelles dans la société d’aujourd’hui par rap­port à celle d’il y a 20 ou 30 ans ». Cela alors que, comme le souligne notam­ment Damien Rieu sur son compte Telegram, les sta­tis­tiques du min­istère de l’intérieur le démentent formelle­ment.

Le jour­nal­iste Clé­ment Weill-Rainal met les pieds dans le plat sur Twit­ter en relayant un arti­cle de L’Express : « Le pédopsy­chi­a­tre Mau­rice Berg­er, qui enseigne à l’École Nationale de la Mag­i­s­tra­ture, établit un lien entre vio­lence gra­tu­ite des jeunes et immi­gra­tion ».

BFMTV con­sacre le 30 juil­let un reportage à la délin­quance à Bor­deaux et donne la parole à un syn­di­cal­iste polici­er : « la majorité des agres­sions au couteau sont le fait de mineurs étrangers ».

Une contextualisation assez rare

Les arti­cles cher­chant à don­ner des élé­ments de con­texte aux nom­breux faits de délin­quance sont assez rares dans la péri­ode. En jan­vi­er 2020, le site d’informations Sput­niknews évo­quait « l’ex­plo­sion de la délin­quance en 2019 » pour com­menter les sta­tis­tiques de l’année précé­dente, tan­dis que Le Point évo­quait « un triste bilan ».
Plus récem­ment, Le Figaro a pub­lié le 6 août des extraits d’un état des lieux dressé par les ser­vices de police et de gen­darmerie inti­t­ulé « chronique de 72 heures de vio­lence ordi­naire en France : le doc­u­ment choc ».

Voir et dire ce que l’on voit

Il ressort des dif­férents arti­cles men­tion­nés con­sacrés aux faits de vio­lence à la fois une résig­na­tion et une volon­té d’euphémisation. Résig­na­tion notam­ment à l’occasion des vio­lences lors de la fête nationale, presque présen­tées comme une phénomène naturel qui ne sus­cite plus l’indignation. Euphémi­sa­tion dans le choix des mots : les nuits de vio­lence sont des « nuits agitées », les jeunes qui attaque­nt, van­dalisent et se bat­tent « font des bêtis­es ». La cul­pa­bil­ité des jeunes délin­quants est par­fois même atténuée : ils ont « accu­mulé beau­coup de frus­tra­tions » selon le vice-Prési­dent du con­seil région­al d’Ile de France inter­viewé par Le Parisien.

Comme pour faire oubli­er le choix par le Prési­dent de la République du mot « inci­vil­ités » pour qual­i­fi­er les vio­lences, le nou­veau min­istre de l’intérieur par­le de l’« ensauvage­ment » de la société. Plusieurs titres de presse, dont le Huff­post, nous infor­ment que cela provoque des protes­ta­tions out­rées d’une par­tie de la gauche. Un choix des mots qui n’est pas anodin, car comme le souligne Hugues Lagrange au Figaro le 6 août : « on sup­porte mal la vio­lence, on s’accommode des inci­vil­ités ».

Déni encore et tou­jours sur France cul­ture (cul­ture avec une minus­cule) pour qui, à l’occasion d’une émis­sion dif­fusée le 31 juil­let, le phénomène de la vio­lence des jeunes serait une « ren­gaine ».

C’est en creux un novlangue qui est employée par de nom­breux médias, qui manient des ter­mes atténu­ants et des for­mu­la­tions indi­rectes, comme pour émouss­er la vio­lence des actes de plus en plus fréquents qui sont com­mis.

Un début de sursaut

Les médias nous infor­ment qu’ici ou là, des sur­sauts citoyens voient le jour. C’est le mou­ve­ment sur les réseaux soci­aux « on veut les noms », qu’évoque notam­ment Georges Kuz­manovic pour Front pop­u­laire.
C’est le 1er aout une marche suiv­ie par Sput­niknews pour « une jus­tice exem­plaire pour l’assassin mul­ti récidi­viste de Thomas », poignardé mortelle­ment à Sar­celles. Ce sont 300 per­son­nes qui ont man­i­festé pour dénon­cer la délin­quance le 7 août à Palavas-Les-Flots selon France Bleu. Avant tous ces événe­ments, évo­quant l’affaire Adama Tra­oré, Guil­laume Big­ot soulig­nait dans un édi­to­r­i­al sur CNews du 6 juin ce que serait le véri­ta­ble courage : con­damn­er ce qui doit véri­ta­ble­ment l’être. On ne saurait mieux dire.

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