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Trump dresse les médias

24 novembre 2016

Temps de lecture : 3 minutes
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Trump dresse les médias

L’OJIM a disséqué le 11 novembre dernier la stratégie médiatique de Donald Trump (Trump et les médias, le futur Berlusconi américain ?), pouvant lui servir de contre-feu à un potentiel Maidan à la sauce américaine (Victoire de Trump, Soros et ses alliés se rebiffent).

Dernière illus­tra­tion : Trump a « con­vo­qué » dans l’après-midi du 21 novem­bre les prin­ci­paux patrons de la presse télévisée, accom­pa­g­nés de leurs jour­nal­istes fétich­es, à la « Mai­son Blanche du Nord-Est » : la Trump Tow­er. Accourant et croy­ant que cette réu­nion « off the record » porterait sur des ques­tions de « busi­ness » devant per­me­t­tre de struc­tur­er avec prof­it l’accès des jour­nal­istes au futur prési­dent, et alléchée par les futurs indices d’écoute, l’élite améri­caine des médias en deuil s’est retrou­vée dans une salle de réu­nion dev­enue tri­bunal révolutionnaire.

Les accusés

Au banc des accusés se trouvaient :

  • Pour CNN : Jeff Zuck­er, le prési­dent (et peut-être futur prési­dent de Fox News), suivi des célèbres Wolf Blitzer et Erin Burnett ;
  • Pour Fox News : les dirigeants par intérim Bill Shine, Jack Aber­nethy, Jay Wal­lace, Suzanne Scott et Bri­an Jones ;
  • Pour NBC : la prési­dente Deb­o­rah Tur­ness ain­si que les stars Lester Holt et Chuck Todd, accom­pa­g­nés du prési­dent de MSNBC, Phil Griffin ;
  • Pour ABC : James Gold­stone, George Stephanopou­los, Davis Muir, et Martha Raddatz ;
  • Pour CBS : Norah O’Donnell, John Dick­er­son, Char­lie Rose, Christ­pher Isham, et Gayle King.

Kellyanne Con­way, la prési­dente de cam­pagne de Trump avait organ­isé cette réu­nion juste au moment où les sondages de pop­u­lar­ité de Trump sont au som­met, en décon­nex­ion totale avec les attaques quo­ti­di­ennes de la grande presse… cepen­dant que la bourse grimpe depuis l’élection.

À voir le vis­age crispé de Wolf Blitzer sur les écrans du soir, ou celui de Chris Cuo­mo sur ceux du petit matin le jour suiv­ant, et à enten­dre la litanie de leurs attaques anti-Trump, on pou­vait se douter que c’était allé mal pour le matricule des médias et de CNN en par­ti­c­uli­er au moment où son action­naire Time Warn­er est en cours de rachat par AT&T, après le mal­venu scan­dale des débats truqués.

Il y a eu naturelle­ment des fuites qui ont décrit un Trump « en rage ». Le site The Hill men­tion­nait lun­di soir que le New York Post (donc Mur­doch) avait reçu l’information de deux sources. L’une d’elle, peu habituée de ce genre de sit­u­a­tion, déplo­rait que les invités se fussent retrou­vés devant un «f–king Fir­ing Squad », autrement dit un [p….n] de pelo­ton d’exécution. Le Post pré­ci­sait que Trump s’en est pris par­ti­c­ulière­ment à Jeff Zuck­er, reprochant à sa chaine de ne compter que des menteurs, con­clu­ant : « vous devriez avoir honte ! ».

Répé­tant à l’envi « nous sommes dans une salle emplie de médias men­songers, trompeurs, et mal­hon­nêtes». Ne men­tion­nant pas par son nom Katy Tur, la jour­nal­iste de NBC, il a toute­fois relevé ses « erreurs ». Pas­sant ensuite au cas de Martha Rad­datz, elle assise à la table, lui rap­pelant ses larmes à l’écran et en direct, lorsque la défaite de Clin­ton fut con­nue le soir de l’élection. Peu éton­nant donc qu’elle eut croisé le fer avec lui lors du 2e débat prési­den­tiel, plutôt que d’arbitrer la session.

Médias au régime sec

Les affaires étant les affaires, les dirigeants de presse ont ten­té de négoci­er leur « accès » à la nou­velle admin­is­tra­tion Trump. Gayle King et Chuck Todd (CBS et NBC) ont ain­si déblayé le ter­rain, mais sans garantie pour l’avenir, la réu­nion terminée.

Ajoutant à l’outrage, l’équipe de Trump a qual­i­fié d’excellente et de cor­diale la réu­nion, avant de dif­fuser une mise à jour sur le tra­vail de l’équipe de tran­si­tion (qui met en place les nom­i­na­tions des min­istres et hauts-fonc­tion­naires), un rap­pel du plan à cent jour, et la liste des déci­sions que Trump compte met­tre en vigueur dès le pre­mier jour… le tout sur Face­book ! Il sem­ble clair que Trump, plutôt que de se bat­tre « sur le ter­rain » de la presse, a choisi de leur impos­er des « sanc­tions économiques » comme à de sim­ples Ira­no-Russ­es : pas de con­férence de presse depuis le 27 juil­let, et aucune de prévue pour l’instant, a pré­cisé Kellyanne Con­way. Elle ajoute : « … au fait, cette réu­nion était con­fi­den­tielle. Ceux qui organ­isent des fuites devraient y regarder à deux fois… »

Crédit pho­to : Gage Skid­more via Flickr (cc)

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