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SwissLeaks : Les actionnaires du Monde Pigasse et Bergé mal à l’aise

12 février 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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SwissLeaks : Les actionnaires du Monde Pigasse et Bergé mal à l’aise

À la fois actionnaire du Monde et banquier d’affaires, Matthieu Pigasse s’est dit « fier » des investigations menées par le quotidien du soir au sujet des exilés fiscaux, mais a toutefois appelé à ne pas tomber dans la « délation ».

En effet, alors que Le Monde venait de révéler les « SwissLeaks » (l’é­va­sion fis­cale de plus de 180 mil­liards d’euros organ­isée par HSBC Suisse) ain­si que les noms des per­son­nes con­cernées, le numéro deux de la banque Lazard s’est retrou­vé dans une posi­tion compliquée.

Celui-ci s’est donc con­tenté de saluer « le tra­vail d’investigation remar­quable fait par le Monde », dont il s’est dit « fier », mais a demandé à ce que l’on ne tombe pas « dans une forme de mac­carthysme fis­cal et de déla­tion ». Action­naire du quo­ti­di­en, il a réclamé « une dis­cus­sion (…) avec la direc­tion édi­to­ri­ale du Monde ». « C’est une inter­ro­ga­tion légitime, je trou­ve », a‑t-il estimé.

Autre action­naire du Monde, Pierre Bergé a été net­te­ment plus cri­tique vis-à-vis de son jour­nal. Invité d’« On refait le monde», l’émission de Marc-Olivi­er Fogiel sur RTL mar­di 10 févri­er, il s’en est vio­lem­ment pris aux jour­nal­istes Fab­rice Lhomme et Gérard Dav­et, à l’origine (avec 152 autres jour­nal­istes) des révéla­tions sur les « SwissLeaks ». Pierre Bergé a dit réprou­ver les méth­odes des jour­nal­istes, et notam­ment la pub­li­ca­tion du nom de Gad Elmaleh dont la sit­u­a­tion est depuis régularisée.

Se con­sid­érant « triste » et « déçu », Pierre Bergé a con­sid­éré que cette manière de « jeter en pâture des noms » d’évadés fis­caux était de la « déla­tion » et du « pop­ulisme ». « Pour moi, c’est flat­ter les pires instincts qui soient et ce n’est pas ça que devrait être un jour­nal, en tout cas un jour­nal comme Le Monde. Ce n’est pas pour ça que je suis venu au sec­ours du Monde et ce n’est pas pour ça que j’ai per­mis aux jour­nal­istes du Monde d’acquérir leur indépen­dance. Ce n’est pas pour ça. Ce sont des méth­odes que je réprou­ve totale­ment et qui n’ont aucune jus­ti­fi­ca­tion ».

N’importe quel patron de presse aurait félic­ité les jour­nal­istes pour leur longue et patiente enquête ayant per­mis de faire éclater la vérité. Sauf Pierre Bergé pour qui la vérité, quand elle est « pop­uliste » (enten­dons : quand elle donne rai­son à ceux qui con­sta­tent que les priv­ilégiés ne jouent pas le jeu), n’est pas bonne à dire.

Voir nos infographies du groupe Le Monde et de Matthieu Pigasse

Crédit pho­to : DR

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