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Sondage Ifop-UMP : collusion entre médias et politiques ?
Publié le 

1 août 2012

Temps de lecture : 2 minutes
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Sondage Ifop-UMP : collusion entre médias et politiques ?

Le 25 juil­let, un sondage IFOP pub­lié dans L’Ex­press annonçait : « Les sym­pa­thisants UMP préfèrent les motions mod­érées aux droitières ». À la ques­tion de savoir pour la motion de quelle sen­si­bil­ité ils voteraient, s’ils le pou­vaient, les sym­pa­thisants plac­eraient en tête celle de la Droite mod­erne des libéraux emmenés par l’an­cien min­istre Luc Cha­tel (31%), juste devant celle des Human­istes de l’ex-pre­mier min­istre Jean-Pierre Raf­farin (29%).

Viendraient ensuite la Droite forte (18%), lancée par le sarkozyste Guil­laume Pelti­er. Presque bonne dernière, arriverait la Droite pop­u­laire (12%), dont le chef de file est l’an­cien min­istre Thier­ry Mar­i­ani.

Au total donc, les courants « cen­tristes » et libéraux de l’UMP récolteraient près de 60% des suf­frages ; et le mou­ve­ment ayant incar­né la « droiti­sa­tion » de Nico­las Sarkozy se retrou­verait aux pelotes. Exit, donc, la fameuse « ligne Buis­son ».

Cette analyse a été rapi­de­ment reprise par Le Monde et l’AFP, puis leurs con­frères, sans le moin­dre recul. Or, le résul­tat de ce « sondage » appelle plusieurs remar­ques :

Il est d’abord en con­tra­dic­tion avec ceux effec­tués durant les cam­pagnes prési­den­tielle et lég­isla­tives, où la majorité des sym­pa­thisants et adhérents de l’UMP se clas­sait très net­te­ment à droite, sur la fameuse « ligne Buis­son », du nom du prin­ci­pal con­seiller de Nico­las Sarkozy. Régulière­ment, les électeurs de droite se dis­aient majori­taire­ment favor­ables à des accords avec le Front nation­al. Et la Droite pop­u­laire sem­blait le courant le mieux placé pour répon­dre à leurs attentes (sources : lien 1, lien 2).

Com­ment expli­quer cet appar­ent revire­ment des « sym­pa­thisants » UMP annon­cé par L’Express, Le Monde et l’AFP – entre autres ?

Tout sim­ple­ment en regar­dant en détail com­ment l’IFOP a tra­vail­lé : « Ce sondage, nous dit l’institut, a été réal­isé par Inter­net du 10 au 24 juil­let auprès d’un échan­til­lon de 544 sym­pa­thisants de l’UMP ». Autrement dit, il s’agit d’un sim­ple coup de sonde sur Inter­net, avec toutes les lim­ites de l’exercice, et non d’un sondage effec­tué avec la rigueur habituelle, sur l’ensemble de la pop­u­la­tion, à par­tir d’un échan­til­lon dépas­sant 1 000 per­son­nes.

Ensuite, les son­deurs ont inter­rogé des gens se dis­ant « sym­pa­thisants » de l’UMP et non des adhérents – qui seront pour­tant les seuls à vot­er lors du con­grès.

À ce niveau de super­fi­cial­ité, on peut dif­fi­cile­ment tir­er des con­clu­sions per­ti­nentes de ce qui, dans le jar­gon spé­cial­isé, n’est même pas un « sondage », mais une sim­ple « con­sul­ta­tion ».

Il serait intéressant de savoir qui l’a commandée et s’il ne s’agirait pas d’un coup de communication émanant de certains « spécialistes » des relations publiques au sein de l’UMP.

Le but pour­rait être de con­solid­er une ligne « cen­triste » et libérale en prévi­sion du con­grès du 18 novem­bre. Et d’asphyxier l’incontrôlable Droite pop­u­laire.

Les médias qui ont don­né à cette con­sul­ta­tion la valeur d’un sondage ont fait preuve d’imprudence : ils lui don­nent une dimen­sion per­for­ma­tive : les adhérents de l’UMP, influ­encés par les com­men­taires des jour­naux « de référence » pour­raient bien caler leur vote en fonc­tion des prin­ci­pales con­clu­sions de qu’ils perçoivent comme une étude sérieuse. À ce stade, faut-il blâmer la légèreté des jour­nal­istes ou car­ré­ment leur col­lu­sion avec cer­tains poli­tiques ? Les analy­ses du poli­to­logue Alain Gar­rigou, L’ivresse des sondages, La Décou­verte, 2006 sem­blent par­faite­ment validées.

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