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Retour des djihadistes français : un retournement de doctrine relayé sans recul par les médias

8 février 2019

Temps de lecture : 3 minutes
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Retour des djihadistes français : un retournement de doctrine relayé sans recul par les médias

Souvenons-nous. Il y a quelques mois, le retour des djihadistes français incarcérés en Syrie et en Irak était exclu. Le Ministre des affaires étrangères parlait d’ennemis de la nation qui devaient affronter la justice dans ces pays. E. Macron évoquait tout au plus le retour au cas par cas de femmes et d’enfants. La doctrine du gouvernement français a radicalement changé ces derniers jours. Ce revirement suscite étonnamment peu de controverses dans plusieurs médias, comme le démontre la revue de presse d’articles du 30 janvier 2019.

Éléments de contexte

Plusieurs jour­naux don­nent des élé­ments de con­texte à la nou­velle doc­trine du gou­verne­ment français.

Le site d’information Kur­dis­tan 24 indique que « le risque existe que les dji­hadistes s’enfuient, soient échangés con­tre des officiers des forces kur­des par l’Etat islamique ou don­nés à Assad ». L’article souligne que si l’annonce du gou­verne­ment français se con­fir­mait, la France serait le pre­mier pays européens à rap­a­tri­er des citoyens de cette zone.

Le Parisien évoque factuelle­ment — et sans en présen­ter les enjeux — le plan français pour rap­a­tri­er les dji­hadistes français. C’est l’annonce du retrait des troupes améri­caines des zones défendues par les Forces démoc­ra­tiques syri­ennes qui remet­trait en cause le « sta­tus quo ». La France « doit se résoudre à un change­ment de doc­trine ». L’article présente le plan envis­agé par la France, qui com­porterait qua­tre étapes : l’expulsion de 110 per­son­nes de Syrie, l’arrivée en France, les inter­roga­toires, la prison.

L’Express évoque le rap­a­triement des dji­hadistes français en insis­tant sur le fait que par­mi eux, il y a « une majorité d’enfants » (séquence lacry­male).

L’Obs donne la parole au min­istre de l’In­térieur Christophe Cas­tan­er, qui « a affiché sa fer­meté indi­quant que “tous ceux qui ren­treront en France seront judi­cia­risés et con­fiés aux juges” : “Lorsque le juge estimera qu’il fau­dra les met­tre en prison – et ce sera l’essentiel des cas – ils seront mis en prison.” ».

Le New York Times évoque la pré­pa­ra­tion par la France du retour des dji­hadistes. Par­mi les craintes du gou­verne­ment français, le jour­nal évoque la pos­si­bil­ité que les dji­hadistes français tombent entre les mains du gou­verne­ment syrien en cas d’accord de paix entre les forces kur­des et le gou­verne­ment de Damas.

Le compte à rebours est lancé

Le retrait des troupes améri­caines de Syrie et le risque d’une insta­bil­ité dans la région sont évo­qués pour par­ler de l’urgence de rap­a­tri­er les dji­hadistes français.

Le Monde estime ain­si que « le temps est comp­té. Alors que l’organisation État islamique est en déroute, la Turquie men­ace les ter­ri­toires sous con­trôle kurde et la poussée des forces du régime syrien vers le nord et l’est du pays n’est plus qu’une ques­tion de mois, si ce n’est de semaines ».

Sur TF1, Georges Bernier évoque une « course con­tre la mon­tre pour incar­cér­er au plus vite ces dji­hadistes, car leur éva­sion de Syrie serait une cat­a­stro­phe ».

Les dif­férents arti­cles présen­tent le sujet dans une démon­stra­tion qui se veut impa­ra­ble :

  • La Syrie est désta­bil­isée en rai­son du départ pro­gres­sif des améri­cains.
  • L’avancée de l’armée syri­enne et l’armée turque men­a­cent la déten­tion par les autorités kur­des d’une cen­taine de dji­hadistes français.
  • Les dji­hadistes pour­raient à cette occa­sion être libérés, échangés ou s’enfuir et venir en France com­met­tre de nou­velles exac­tions.
  • Le rap­a­triement des dji­hadistes français est le meilleur moyen d’assurer la sécu­rité de la France. CQFD.

Plusieurs élé­ments sont absents des arti­cles étayant cette démon­stra­tion :

  • La pos­si­bil­ité pour les autorités kur­des de con­tin­uer à garder les dji­hadistes français. La France serait le pre­mier pays européen à rap­a­tri­er des dji­hadistes. Pourquoi les autres pays européens ne le font-ils pas ? On ne trou­ve pas de réponse à cette ques­tion.
  • La pos­si­bil­ité de con­fi­er les dji­hadistes au pays où ils ont com­mis leurs exac­tions, la Syrie. C’est ce que pré­conise Xavier More­au, un expert en rela­tions inter­na­tionales, dans Sput­nik Inter­na­tion­al le 30 jan­vi­er. « Pour pro­téger la France, il faut laiss­er Damas juger les dji­hadistes, car ils ont com­mis les crimes en Syrie. La ques­tion est que la France ne veut pas recon­naitre avoir per­du la guerre con­tre la Syrie  ». Au prix de la sécu­rité des Français ?
  • La dif­fi­culté à réu­nir en France des preuves des exac­tions com­mis­es par les dji­hadistes en Syrie pour les juger et les con­damn­er. Une dif­fi­culté que soulève Xavier More­au dans son inter­view.
  • La pos­si­bil­ité con­séquente que cer­tains dji­hadistes ne puis­sent être con­damnés en France, faute de preuves suff­isantes, et doivent être relâchés dans la nature.
  • La pos­si­bil­ité de déchoir les dji­hadistes de leur nation­al­ité, comme le pré­con­i­sait C. Cas­tan­er en 2016 avant de con­sid­ér­er en 2019 que les dji­hadistes sont « Français avant d’être dji­hadistes ».

Sur le sujet du retour des dji­hadistes français, plusieurs titres du « qua­trième pou­voir » sem­blent repren­dre à leur compte sans beau­coup de recul l’argumentaire des autorités français­es. Alors que celui-ci com­porte de nom­breux aléas, comme on peut le voir…

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