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Inversion de la situation 28 ans après la chute du mur de Berlin : un journaliste polonais interdit en Grande-Bretagne

25 juillet 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Inversion de la situation 28 ans après la chute du mur de Berlin : un journaliste polonais interdit en Grande-Bretagne

Red­if­fu­sion. Pre­mière dif­fu­sion le 3 mars 2018

Rafał Ziemkiewicz est un journaliste de renom en Pologne. Il a ses pages chaque semaine dans le prestigieux hebdomadaire conservateur Do Rzeczy et a travaillé pour plusieurs autres titres de presse respectés au cours de ses vingt ans de carrière. Il est invité pour s’exprimer à la télévision. Il a eu dans le passé son émission à la télévision publique, et il en a une aujourd’hui à la télévision privée TV Republika.

C’est aussi un écrivain plusieurs fois récompensé dans son pays, auteur de quelques best-sellers. La Pologne étant un pays où le pluralisme est réel dans les médias, Rafał Ziemkiewicz a beau afficher sans complexe des opinions à la droite du PiS, plus proches des milieux nationalistes chrétiens que démocrates-chrétiens, il fait clairement partie du mainstream polonais.

Appel à la censure du Guardian et d’une députée travailliste

Le jour­nal­iste polon­ais Rafał Ziemkiewicz avait été invité par une organ­i­sa­tion d’émigrés polon­ais en Grande-Bre­tagne pour ani­mer en févri­er des ren­con­tres d’auteur prévues dans les villes de Cam­bridge, Bris­tol et Lon­dres. Cela a déplu à la députée tra­vail­liste Rupa Huq, une anci­enne jour­nal­iste du jour­nal de gauche The Guardian. La députée née dans une famille musul­mane orig­i­naire du Bangladesh a écrit au Home Office pour deman­der une inter­dic­tion de séjour pour ce jour­nal­iste polon­ais qu’elle juge « d’extrême droite ». Le Guardian a orchestré la cam­pagne pour soutenir la demande de Rupa Huq égale­ment relayée par l’ONG « antiraciste » Faith Mat­ters. Dans le passé, la même députée avait demandé que le prési­dent améri­cain Don­ald Trump – qu’elle qual­i­fie d’homophobe, d’islamophobe et de raciste – ne puisse pas non plus pos­er les pieds sur le sol bri­tan­nique.

Les organ­isa­teurs polon­ais de ces ren­con­tres d’auteur n’ont eu d’autre choix que d’annuler. Dans la « libérale » Albion, les pro­prié­taires des locaux avaient eu des pres­sions de la police de Sa Majesté. C’est ain­si qu’un des pubs réservés pour une dis­cus­sion des Polon­ais du coin avec Ziemkiewicz a été prévenu qu’il pour­rait per­dre sa licence en cas de trou­bles, et que des trou­bles étaient à prévoir. D’après le jour­nal­iste polon­ais, même le restau­rant où un sim­ple dîn­er avait été prévu en sa présence aurait préféré annuler la réser­va­tion !

Du communisme polonais au libéralisme à l’anglaise, même combat

On s’en doute, Rupa Huq avait été prév­enue par des Polon­ais de gauche qui n’aiment pas le dis­cours d’un Ziemkiewicz de droite. Le sec­tarisme de gauche existe aus­si chez les Polon­ais, sauf qu’en Pologne-même ils n’arrivent pas à empêch­er un jour­nal­iste d’exprimer ses opin­ions de droite (ce n’est pas faute d’essayer par­fois). En Grande-Bre­tagne, s’est plaint Ziemkiewicz dans les colonnes de Do Rzeczy, « pour qu’un rassem­ble­ment soit inter­dit, pour qu’il soit cen­suré, il suf­fit d’être ‘con­tro­ver­sé’ ». Ce qui a joué, selon Ziemkiewicz, c’est aus­si cette alliance entre islam et extrême gauche que l’on observe au Roy­aume-Uni. Car il est vrai que Ziemkiewicz est très cri­tique par rap­port à l’immigration-islamisation observée en Europe occi­den­tale.

Se réjouis­sant de l’annulation de la venue du jour­nal­iste polon­ais, l’ancienne jour­nal­iste du Guardian dev­enue députée tra­vail­liste a déclaré que sa com­mune d’Ealing avait mon­tré qu’elle « ne tolér­erait pas la haine et l’extrémisme d’intervenants néo-nazis venant de Pologne », ce pour quoi Ziemkiewicz lui promet des pour­suites devant la jus­tice bri­tan­nique. « Extrémistes », « fas­cistes », « néo-nazis » : la rhé­torique util­isée aujourd’hui en Europe de l’Ouest pour faire taire les voix dis­si­dentes ressem­ble fort à celle des régimes com­mu­nistes d’Europe de l’Est avant la chute du mur de Berlin en 1989.

Crédit pho­to : Adri­an Grycuk via Wiki­me­dia (cc)

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