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Radio France : pourquoi le nouveau contrat d’objectifs et de moyen a‑t-il été retoqué par le Sénat ?
Publié le 

21 janvier 2016

Temps de lecture : 3 minutes
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Radio France : pourquoi le nouveau contrat d’objectifs et de moyen a‑t-il été retoqué par le Sénat ?

Le conseil d’administration de Radio France a définitivement adopté le 17 décembre dernier le contrat d’objectifs et de moyens (COM) entre la radio publique et l’État actionnaire pour la période 2015–2019.

L’État sera forte­ment invité à remet­tre au pot. Pour la pre­mière fois cepen­dant, la com­mis­sion cul­ture, édu­ca­tion et com­mu­ni­ca­tion du Sénat, dont l’avis n’est que con­sul­tatif, a reto­qué le COM en dénonçant l’absence de réformes. Radio France va-t-elle dans le mur ?

Le con­tribuable paiera donc directe­ment la dégra­da­tion nette de la sit­u­a­tion de Radio France, dégra­da­tion due pêle-mêle à une série d’er­reurs stratégique, au déra­page des coûts de réno­va­tion de la Mai­son de la Radio, à des régimes salari­aux à la fois très iné­gal­i­taires et très favor­ables pour cer­tains, à un sur­ef­fec­tif chronique, sans oubli­er la polémique causée par les dépens­es du nou­veau PDG Math­ieu Gal­let.

Assez impré­cis dans ses détails, le COM repose sur l’ob­jec­tif de retour à l’équili­bre en trois ans. Pour la pre­mière fois en effet, Radio France était défici­taire de 21,3 mil­lions d’€ en 2015. Pour cela, Radio France veut sta­bilis­er sa masse salar­i­ale, économiser sur les charges externes et faire aug­menter la con­tri­bu­tion de fonc­tion­nement à l’au­dio­vi­suel pub­lic de 1,5% par an en 2018 et 2019. Le COM prévoit aus­si « l’ouverture du cahi­er des mis­sions et des charges et le développe­ment des autres ressources pro­pres » afin de par­venir à la « sta­bil­i­sa­tion » des ressources pub­lic­i­taires et un « effort sig­ni­fi­catif » de 80 mil­lions d’€ d’in­vestisse­ment con­sen­ti par l’É­tat, notam­ment pour achev­er l’im­mense chantier de la mai­son de la Radio – bud­geté encore à 47,7 mil­lions d’€ en 2016…

Radio France sera tou­jours défici­taire en 2016, de 16,5 mil­lions d’€ si le bud­get est tenu. Celui-ci prévoit 674,8 M€ en ressources et 691,3 M€ en charges, en aug­men­ta­tion respec­tive­ment de 1,7% et 0,9% par rap­port à 2015. Ces ressources prévues en 2016 sont les suiv­antes : une Con­tri­bu­tion à l’audiovisuel pub­lic de fonc­tion­nement sta­ble, à 577,2 mil­lions d’€, une Con­tri­bu­tion à l’audiovisuel pub­lic d’investissement de 29,6 mil­lions d’€ (+5 mil­lions d’€ d’aug­men­ta­tion) et une dota­tion en cap­i­tal de 27,5 mil­lions d’€.

Cepen­dant la com­mis­sion cul­ture, com­mu­ni­ca­tion et édu­ca­tion du Sénat a reto­qué le COM, sans pou­voir toute­fois par­venir à empêch­er son adop­tion, son avis n’é­tant que con­sul­tatif. Jean-Pierre Leleux (LR), ancien maire de Grasse et séna­teur des Alpes-Mar­itimes, rap­por­teur en charge des crédits de l’au­dio­vi­suel, a rap­pelé que « les valeurs et l’i­den­tité défendues dans le COM étaient partagées » par la com­mis­sion. Cepen­dant la com­mis­sion note une absence de réformes struc­turelles, con­traire­ment aux recom­man­da­tions for­mulées par la Cour des Comptes en avril 2015. Elle déplore aus­si que le rap­proche­ment des rédac­tions de France Inter, France Info, France Cul­ture et France Bleu n’ait pas été engagé, pas plus que la réforme des for­ma­tions musi­cales. Par ailleurs, le fait que le COM sanc­tu­arise l’aug­men­ta­tion de la masse salar­i­ale (62,9 % des charges d’exploitation en 2019 con­tre 62,3 % en 2014), repousse le retour à l’équili­bre à 2018 et la déci­sion sur l’ar­rêt de la dif­fu­sion hertzi­enne du Mouv à 2017 sus­cite la grande inquié­tude de la com­mis­sion séna­to­ri­ale, qui rap­pelle « l’ur­gence des réformes » de fond dans l’ensem­ble de l’au­dio­vi­suel pub­lic. Dans les colonnes du Figaro, Jean-Pierre Leleux explicite la posi­tion de la com­mis­sion sur ce COM, qui « démon­tre surtout une absence qua­si-totale de réforme » et qui se refuse à pren­dre des déci­sions douloureuses et courageuses : « Tout est remis à plus tard alors même que cette feuille de route arrive déjà tar­di­ve­ment, dix-huit mois après la prise de fonc­tion de Math­ieu Gal­let. Repouss­er la réso­lu­tion des prob­lèmes, c’est pren­dre le risque d’aller dans le mur »

La sec­tion Radio France du Syn­di­cat Nation­al des Jour­nal­istes a répon­du assez vive­ment à ces reproches for­mulés par la Com­mis­sion, notam­ment au sujet de la fusion des rédac­tions : « La par­tic­u­lar­ité des jour­nal­istes de Radio France est de tra­vailler pour leur chaîne, mais aus­si pour les autres radios du groupe. Un jour­nal­iste de France Bleu est ain­si égale­ment le cor­re­spon­dant en région de France Info, France Inter ou Cul­ture. Un reporter ou un spé­cial­iste de France Inter tra­vail­lent égale­ment pour France Info et l’in­verse est aus­si vrai. » Et d’ac­cuser les séna­teurs de vouloir tailler à la hache dans les effec­tifs : « en fait leur pro­jet de rédac­tion unique vise juste à sup­primer la moitié des postes de jour­nal­istes ».

Crédit pho­to : colm­macc via Flickr (cc)

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