Le quotidien Présent se rénove

Présent est un cas à part dans la presse française d’opinion. Créé en 1982 et publiant quotidiennement sans interruption depuis 35 ans le journal a subi plusieurs crises tout en se rénovant. État des lieux.

Premier changement en 2013

Fin 2013, le quotidien était à l’agonie et les augures annonçaient sa disparition dans le courant de l’année suivante. La maquette du journal et son contenu présentaient plus l’aspect et le fond d’une sorte de bulletin paroissial (d’une très petite paroisse) mal présenté que d’un véritable quotidien d’information générale national-catholique volontiers classé à l’extrême droite par ses adversaires.

L’arrivée d’une nouvelle équipe plus jeune et plus professionnelle a entrainé le départ d’une partie de la direction qui démissionna ou bien s’éloigna. Avec quelques grincements de dents mais sans licenciements. Une première modification de la maquette et de la gestion ont sans doute permis au journal de survivre, les lecteurs perdus revenant progressivement et renouvelant leurs dons. En trois ans les ventes en kiosque ont doublé, les abonnements électroniques triplé alors que les abonnements papier se stabilisaient.

Nouvelle formule en 2017

Il fallait un tempérament militant pour acheter 1,50 € un quotidien ne publiant que 4 pages par jour et 8 pages le samedi. Ce n’est plus le cas depuis début septembre 2017 où le nombre de pages a doublé sans augmentation de prix. Cette augmentation quantitative s’est accompagnée sur le plan qualitatif d’une maquette rénovée plus attrayante et tout en couleurs.

Mais encore des nuages

Si cette amélioration du contenu et de la forme peut apporter une nouvelle relance commerciale, l’avenir du journal est lié en partie à la résolution ou à la non résolution des procès intentés par l’ancienne direction à la nouvelle. Si deux anciens dirigeants ont été déboutés de leurs demandes aux prud’hommes, un journaliste déclaré inapte médicalement et n’écrivant plus depuis début 2014, non seulement continue à recevoir son salaire mais réclame en appel plusieurs centaines de milliers d’euros, somme qui pourrait encore augmenter en incluant les charges sociales. Une mauvaise manière pouvant paraître bien peu catholique que l’on soit croyant ou pas, et qui entrainerait de très graves difficultés pour un titre qui sort tout juste la tête de l’eau.