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Quand Valeurs Actuelles se penche sur la pensée médiatique unique

25 juillet 2019

Temps de lecture : 3 minutes
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Quand Valeurs Actuelles se penche sur la pensée médiatique unique

Pre­mière dif­fu­sion le 25/02/2019

Dans son numéro daté du 7 février 2019, l’hebdomadaire de la droite libérale (sur le plan économique) et conservatrice (sur le plan des mœurs) Valeurs Actuelles se penchait sur les médias dans la société française. Jetons un œil.

Ce numéro de début févri­er est titré : Médias, cen­sure et pen­sée unique. Pourquoi les Français détes­tent les jour­nal­istes (et com­ment Macron veut con­trôler l’information). La cou­ver­ture donne à voir un flo­rilège de micros : Cnews, BFM, France Inter, Fran­ce­in­fo, France 2… Autant de médias aux méth­odes qu’il con­vient d’observer avec régu­lar­ité, ce qui ne sur­pren­dra pas les lecteurs de l’OJIM. Le dossier est artic­ulé en cinq arti­cles. Analyse des trois arti­cles les plus impor­tants.

Article 1 : « Faut-il brûler les journalistes »

La ques­tion est osée. L’idée est de men­er une « radi­ogra­phie d’une défi­ance pro­fonde » envers les médias, tant de la part des gilets jaunes que de celle d’un chef de l’État qui leur doit pour­tant son élec­tion. Bastien Leje­une et Char­lotte d’Ornellas notent que cette défi­ance est ou a été la même au Roy­aune-Uni, dans le cadre du Brex­it, aux États-Unis, avec l’élection de Trump, et en Ital­ie, avec Mat­teo Salvi­ni. Il y a un décalage assour­dis­sant entre le réel et le ren­du de ce réel par des médias avant tout atten­tifs à une seule réal­ité, celle qui les con­cerne.

En réal­ité, moins de 25 % des Français font con­fi­ance aux médias, et cette défi­ance n’a jamais été aus­si forte depuis 1987. Ce qui paraît aujourd’hui éton­nant est l’incapacité de ce monde médi­a­tique à se remet­tre en ques­tion. Le prob­lème ? Que les jour­nal­istes aient très majori­taire­ment la même opin­ion, ou peu s’en faut. Autrement dit, le pro­gres­sisme idéologique tourne à plein régime. Cette machine médi­a­tique, effec­tive­ment « homogène », se met poli­tique­ment en route à chaque élec­tion, à l’encontre des courants poli­tiques qui ne con­vi­en­nent pas à ses intérêts. Valeurs Actuelles l’indique : les jour­nal­istes devi­en­nent alors les porte-paroles d’une idéolo­gie. L’autocritique du monde des médias est urgente : sont-ils tou­jours le « relais de la réal­ité du pays » ?

Article 2 : « Une semaine interminable »

Solange Bied-Char­reton se penche sur le cas France Inter. La présen­ta­tion ne mâche pas ses mots : « Deux cuil­lères à soupe d’entre soi et une pincée de trans­gres­sion oblig­a­toire, le tout mélangé dans un demi-litre de con­formisme. C’est la recette du suc­cès de France Inter, la radio du ser­vice pub­lic la plus écoutée de France. Jour­nal d’auditeur ». L’auteur est en quelque sorte con­trainte d’écouter France Inter à par­tir de sa mati­nale. C’est la radio la plus écoutée de France, près de 6,5 mil­lions d’auditeurs, un chiffre qui cepen­dant masque une réal­ité : France Inter est la seule radio acces­si­ble sur nom­bre de petites routes de la France périphérique, et de ce fait les Français sont nom­breux à l’écouter. Elle est aus­si la radio des salles des profs du Sec­ondaire. Bied-Char­reton note que les humoristes d’Inter, comme chaque jour à l’antenne, « con­spuent la France des beaufs », sans con­science du mépris de classe qu’ainsi ils expri­ment. Un peu plus tard dans la semaine, c’est le Pre­mier Secré­taire du PS, Fau­re, qui est invité de la mati­nale de l’indécrottable Demor­and.

On demande à l’homme poli­tique à quoi sert le PS. Réponse déli­cate. Surtout, la vraie ques­tion n’est pas posée : où est le PS ? La réponse est pour­tant sim­ple : en Macronie. Le prési­dent a siphon­né ce par­ti mais France Inter ne sem­ble pas s’en être aperçu. Plus sérieuse­ment Solange Bied-Char­reton mon­tre que de son écoute ressort une évi­dence : la seule activ­ité de France Inter, ou presque, con­siste à moquer à longueur de journée « les petites gens, les vieux, les sou­verain­istes, les ringards, les per­son­nes qui ont des valeurs tra­di­tion­nelles », au pre­mier rang desquelles les par­tic­i­pants con­nus ou anonymes de La Manif Pour Tous ou de La Marche Pour la Vie. Un peu comme les proches du prési­dent ou les anciens proches de François Hol­lande, dans ce monde-là on croit que le français moyen n’a pas de cerveau. Elle mon­tre aus­si com­ment le copinage est à l’œuvre : ain­si Matthieu Che­did passe dans des tas d’émission puis… est en con­cert la semaine suiv­ante à la mai­son de la radio. Pub­lic­ité avec l’argent des con­tribuables, en somme.

Article 3 : « De la démocratie en France »

Un arti­cle impor­tant de Char­lotte d’Ornellas où la jour­nal­iste inter­roge le repli de la démoc­ra­tie sous l’égide de l’actuel prési­dent de la République. Selon la jour­nal­iste, Macron « mul­ti­plie les ini­tia­tives pour faire de la presse un out­il de son com­bat poli­tique » : loi anti fake news/infox qui impose une vérité offi­cielle en péri­ode élec­torale, volon­té de met­tre la véri­fi­ca­tion de l’information sous con­trôle de l’État…

L’actuel prési­dent de la République, du haut de sa mécon­nais­sance des rouages et de l’histoire de la démoc­ra­tie par­lemen­taire et libérale, pro­pose rien que moins que d’encadrer jour­nal­istes et infor­ma­tion, autrement dit d’exercer un droit de regard sur la lib­erté de la presse et la lib­erté d’expression. Dans quel but ? Macron l’a déclaré à l’Élysée, lors d’une ren­con­tre avec cinq jour­nal­istes triés sur le volet, fin jan­vi­er 2019 : il s’agit de « men­er un com­bat com­mun », celui de « lut­ter con­tre les démoc­ra­ties illibérales ». LAREM et la presse française dans sa majorité, même com­bat ? Pour Char­lotte d’Ornellas, il n’y a pas de doute : ces volon­tés sont « lib­er­ti­cides ».

D’aucuns préfèrent com­menter ce qui se passerait en Pologne ou en Hon­grie. Pour­tant c’est en France que la cen­sure tran­quille­ment sur la lib­erté de la presse en France.

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