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Quand Elon Musk taquine le complexe médiatico-répressif. Première partie

12 janvier 2023

Temps de lecture : 3 minutes
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Quand Elon Musk taquine le complexe médiatico-répressif. Première partie

12 janvier 2023

Temps de lecture : 3 minutes

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Depuis que Elon Musk a repris Twitter pour 44 milliards de dollars, la tempête s’est abattue sur lui comme sur le réseau social. Licenciements massifs, avertissements financiers, allers retours sur des décisions annulées ou reportées, instauration d’un compte certifié payant, censure transitoire de certains journalistes, ouverture à Trump et à d’autres, attaques en tout genre. Notre correspondant pour le continent nord-américain prend un peu de hauteur avec une analyse politique du phénomène en deux parties.

Il fait vire­volter sa mouche, recy­cle les soix­ante-quinze mil­lions de sup­port­ers de Trump, indique qu’il sou­tien­dra le gou­verneur de Floride Ron de San­tis lors de la prochaine prési­den­tielle de 2024. Il garde un œil sur la gauche lib­er­tari­enne. Il sert aux mem­bres du Con­grès la chance de réor­gan­is­er le pays. Alors, est-ce que les par­lemen­taires répub­li­cains, habituels de l’essai jamais trans­for­mé, vont pou­voir faire quelque chose ?

Atten­dant la réponse, obser­vons la méth­ode d’Elon Musk.

Braconner sur les terres de Trump

Musk et ses amis sont erra­tiques, luna­tiques, ça va de soi. Ils ont lancé en quelques semaines plus d’une dizaine de vagues de révéla­tions sur les rela­tions coupables entre Twit­ter, la classe poli­tique, les bureau­craties, la machine du Ren­seigne­ment. Tous fixés sur le dres­sage des dis­si­dents poli­tiques, cul­turels, sanitaires.

Avec le recul, l’on peut y détecter une cer­taine stratégie, Musk dosant ses attaques en divers­es tranch­es afin que l’opposition finisse par y gaspiller ses car­touch­es. Chaque vague déplaçant le sujet sur des con­sid­éra­tions plus pro­fondes. Nous avions au départ recen­sé l’essentiel des révéla­tions, par exem­ple ici. Les choses se sont den­si­fiées depuis, du fait de pos­si­bles pro­longe­ments judi­ci­aires ou politiques.

L’OJIM n’a pas pour habi­tude de fon­cer sur la mule­ta. Notre pro­pos n’est pas de nous réjouir de décou­vrir que le dossier Hunter Biden était finale­ment vrai, ou que les agences de ren­seigne­ment ont habile­ment manœu­vré con­tre Don­ald Trump pen­dant des années, ou que la vie poli­tique et géopoli­tique améri­caine est dev­enue un per­pétuel remake du film « Des hommes d’influence », de Bar­ry Levin­son avec Robert de Niro et Dustin Hoff­mann. Nous nous dou­tons qu’à court terme, rien ne sor­ti­ra de cette affaire. Mais nous y voyons déjà une cap­ture par Musk des sup­port­ers de Trump. Lourde de conséquences.

Voici donc aujourd’hui une syn­thèse assez com­plète d’allégations (fort bien ici présen­tée par le site turc Anadolu ain­si que le site du Wall Street Jour­nal) :

  • Con­sti­tu­tion de listes noires secrètes (« de-amplify ») ;
  • Ingérences élec­torales, par exem­ple dans l’affaire de l’ordinateur de Hunter Biden ;
  • Bâil­lon (« shad­ow banning ») ;
  • Ban­nisse­ment ;
  • Alertes (« flag­ging ») aux fins de « mod­éra­tion » envoyées à Twit­ter par le FBI (en par­ti­c­uli­er dans le con­texte post élec­tion présidentielle) ;
  • Deman­des de plus en plus insis­tantes de la part du FBI sur divers­es dossiers ;
  • Recy­clage de l’effet Rus­si­a­gate : le FBI invoque les influ­ences de l’étranger pour sol­liciter davan­tage Twitter ;
  • Cen­sure (mon­nayée sem­ble-t-il par les agences de ren­seigne­ment) de toute infor­ma­tion nuis­i­ble à Biden ;
  • Relayage des opéra­tions de guerre psy­chologique du Pentagone ;
  • FBI devenant le guichet unique, ou porti­er unique (« door­man to sur­veil­lance ») des divers­es agences de ren­seigne­ment dans le cadre d’un vaste pro­gramme de sur­veil­lance (réseaux soci­aux) des américains,
  • Cen­sure COVID visant des sci­en­tifiques recon­nus internationalement
  • Fer­me­ture de 250 000 comptes à la demande du gouvernement

Notons aus­si que Elon Musk est lui-même entré dans le com­men­taire, don­nant un sens général au dis­cours offi­ciel. Musk observe d’abord que les théories du com­plot sur Twit­ter qui furent réprimées n’étaient somme toute pas si fauss­es. Ensuite, que les rela­tions entre Twit­ter (et par exten­sion les GAFAM) avec le FBI (par exten­sion l’ensemble des agences de ren­seigne­ment) sont inces­tueuses. Et il feint de s’étonner que les médias ne se rebel­lent pas con­tre une telle sit­u­a­tion. Tout en inquié­tant le tombeur de Trump, Antoni Fau­ci, l’accusant d’avoir men­ti sous ser­ment devant les par­lemen­taires. À suivre.

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