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Pulvar, UNEF : l’homme blanc forcément coupable, dans les médias de grand chemin

30 mars 2021

Temps de lecture : 4 minutes

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Pulvar, UNEF : l’homme blanc forcément coupable, dans les médias de grand chemin

Pulvar, UNEF : l’homme blanc forcément coupable, dans les médias de grand chemin

Les élections régionales (si elles ne sont pas reportées) approchent et l’élection présidentielle se profile. Certains politiciens font une course effrénée à l’électorat « racisé » (lire d’origine extra-européenne). Les médias de grand chemin leur servent de porte-voix et leur permettent d’avoir une audience la plus large possible. Notre revue de presse montre que la bêtise le dispute parfois à l’aveuglement.

Emmanuel Macron, le sanglot de l’homme blanc ?

Avant même d’être élu, en févri­er 2017, Emmanuel Macron, can­di­dat à la prési­dence de la république, déclarait lors d’un meet­ing à Lyon : « il n’y a pas de cul­ture française ». Cela ame­nait Yves Jego à soulign­er dans les pages du Figaro que « cette déc­la­ra­tion n’est pas anec­do­tique, elle est même le signe inquié­tant d’une vision destruc­trice de ce qui fait depuis tou­jours la spé­ci­ficité de notre pays ».

On n’avait pas tout vu. Sous des airs de gen­dre par­fait, l’ancien ban­quier d’affaire sem­ble un « woke ». Le woke (« éveil­lé ») a un besoin con­stant de faire acte de con­tri­tion, car il a eu le tort d’être né blanc. Lors d’une con­férence de presse en mai 2018, il iro­ni­sait sur la capac­ité de « deux mâles blancs » à pren­dre à bras le corps les prob­lèmes de la ban­lieue, comme le soulig­nait Ouest-France.

En décem­bre 2020, le prési­dent de la république évo­quait dans les colonnes de L’Express le « priv­ilège blanc », cette théorie selon laque­lle les blancs béné­fi­cient de priv­ilèges indus dans la société du seul fait de leur couleur.

Rien d’étonnant dans ces con­di­tions qu’il nomme l’historien Ben­jamin Sto­ra à la tête d’une mis­sion sur « la mémoire de la coloni­sa­tion et de la guerre d’Algérie », comme nous l’apprenait Le Monde en juil­let 2020. Ben­jamin Sto­ra fait-il l’unanimité ? Le 25 mars au micro de Bercoff dans tous ses états, l’historien Bernard Lugan esti­mait que Ben­jamin Sto­ra « écrit l’histoire de l’Algérie vue par le FLN. C’est un his­to­rien engagé. Sto­ra a fait l’histoire offi­cielle du FLN ».

La LICRA, pas assez islamophile

Dif­fi­cile d’être « antiraciste » ces temps-ci, ceux qui le souhait­ent sont sou­vent dépassés par leur gauche. Ain­si le Pro­grès nous apprend le 23 mars que «  le syn­di­cat Sol­idaires étu­di­ants Lyon et le col­lec­tif fémin­iste de Sci­ences-Po Pam­ple­mousse ont demandé que la Licra soit exclue de la semaine dédiée à la lutte con­tre le racisme et l’antisémitisme ». La rai­son : « les nom­breuses ambiguïtés » de la Licra, « notam­ment vis-à-vis de son rap­port à l’islamophobie, ain­si qu’à la laïc­ité ». La ligue con­tre le racisme (par­fois mal inten­tion­née et sou­vent mal inspirée) ne serait donc pas assez antiraciste pour cer­tains ? Com­prenne qui pourra…A moins que les réti­cences con­tre l’islamisme soient un point de blocage ?

Audrey Pulvar et les blancs qui doivent se taire

L’engagement poli­tique d’Audrey Pul­var était con­nu bien avant qu’elle ne quitte son ancien méti­er de jour­nal­iste. Mais elle n’est pas à un revire­ment près quand elle sent le vent tourn­er. Ain­si en 2017, sur Twit­ter, réagis­sant sans doute à l’annonce d’une réu­nion inter­dite aux blancs, elle écrivait « l’afro-féminisme exclusif des blancs : j’imagine qu’un salon à l’accès inter­dit aux noir.e.s, ça vous irait aus­si ? » Mais nous sommes désor­mais en 2021. Le mou­ve­ment Black Lives mat­ters est passé par là. Il faut flat­ter le ressen­ti­ment des minorités qui devi­en­nent un élec­torat de plus en plus important.

Voir notre por­trait d’Audrey Pul­var https://www.ojim.fr/portraits/audrey-pulvar/

Le 27 mars, au micro de BFMTV, Audrey Pul­var déclarait sans ciller que le type de  réu­nions « non-mixtes » entre per­son­nes touchées par le racisme ne la « choque pas pro­fondé­ment », et qu’il devait être pos­si­ble de deman­der aux per­son­nes blanch­es qui souhaitaient y assis­ter « de se taire ».

Pas de quoi cho­quer les sou­tiens de l’ex jour­nal­iste, puisque selon de nom­breux médias comme Europe 1, c’est à droite que les pro­pos d’Audrey Pul­var « font polémique ».

Cela amène Johan Mar­gulies à réa­gir sur Twitter

Universaliste mais pas trop

Mais même chez les uni­ver­sal­istes, ceux qui prô­nent un répub­li­can­isme laïc s’affranchissant de la couleur de peau, dif­fi­cile de ne pas céder à l’exclusion et à la diabolisation.

Quelques intel­lectuels ont signé dans L’Obs une tri­bune pour dénon­cer les théories racial­istes des décolo­ni­aux. Jusqu’ici tout va bien. Mohamed Louizi, un ancien Frères musul­mans, con­sacre une par­tie de son temps à dénon­cer l’islamisme qui gan­grène la société française. Il a été invité à co-sign­er cette tri­bune. Mais l’un des sig­nataires a scruté son compte twit­ter. Mohamed Louizi a eu l’audace de souhaiter un « bon courage » à Damien Rieu qui s’engage en poli­tique, dans les rangs du Rassem­ble­ment nation­al, à l’occasion des prochaines élec­tions régionales. Le scru­ta­teur et sig­nataire de la tri­bune a fait savoir à Mohamed Louizi que ce mes­sage  « risque de met­tre en dif­fi­culté les cinq sig­nataires ». Accom­modant, Mohamed Louizi a accep­té de retir­er sa sig­na­ture de la tribune.

On com­mence à com­pren­dre que l’on a affaire à une police poli­tique qui non seule­ment trie les indi­vidus en fonc­tion de la couleur de leur peau, car le blanc est for­cé­ment un oppresseur, mais égale­ment en fonc­tion de leur apti­tude à respecter un cor­don san­i­taire autour d’un par­ti qui a réu­ni 11 mil­lions de vote au deux­ième tour de l’élection prési­den­tielle en 2017.

La gauche Ter­ra Nova, qui pos­tule que la gauche a défini­tive­ment per­du les ouvri­ers et qu’elle doit con­quérir les minorités, fait-elle un pari gagnant ?

Pas pour Bernard Lugan qui s’exprimait à pro­pos de la con­tro­verse entre la LICRA, pas assez islam­ophile et l’UNEF à Sci­ences Po Lyon au micro de Sud radio le 25 mars 2021 :

« Aujourd’hui le drame exis­ten­tiel pour la gauche (…), je vois que l’universalisme de gauche qui a provo­qué tout ce courant révo­lu­tion­naire, (…) est en train de dis­paraitre. Ils vont s’entredévorer sur les ruines des droits de l’homme, du libéral­isme, de ce qu’on appelle la république et de toutes ces philoso­phies uni­ver­sal­istes que par orgueil philosophique nous avons ten­té d’imposer au monde ».

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