Ojim.fr
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
Pris en flagrant délit de mensonge, un journaliste de NBC suspendu

14 février 2015

Temps de lecture : 3 minutes
Accueil | Veille médias | Pris en flagrant délit de mensonge, un journaliste de NBC suspendu

Pris en flagrant délit de mensonge, un journaliste de NBC suspendu

Temps de lecture : 3 minutes

Après avoir avoué un mensonge au sujet de la guerre en Irak, le journaliste de NBC News Brian Williams, vedette de la chaîne, a été suspendu de l’antenne pour une durée de six mois.

Celui-ci était au cœur d’une vive polémique depuis plusieurs jours après avoir avoué qu’il avait men­ti, en 2013, lorsqu’il avait racon­té qu’il s’é­tait trou­vé, dix ans aupar­a­vant, à bord d’un héli­cop­tère abat­tu au-dessus de l’I­rak. « Nous étions en for­ma­tion avec plusieurs héli­cop­tères. Deux ont été abat­tus par des tirs, dont celui à bord duquel je me trou­vais », avait-il assuré.

Ven­dre­di 30 jan­vi­er, il a réitéré cette his­toire, inven­tée de toute pièce, en direct sur NBC alors qu’il rendait hom­mage à un ancien sol­dat. La goutte d’eau qui a fait sor­tir les vétérans du silence. Plusieurs sol­dats ont ain­si démen­ti l’in­for­ma­tion sur les réseaux soci­aux, avant que des médias ne s’in­téressent à l’af­faire. « Nous n’avons jamais essuyé des tirs et nous sommes arrivés à des­ti­na­tion sans aucun prob­lème », a pré­cisé un mil­i­taire au mag­a­zine mil­i­taire Stars and Stripes. Joe Sum­mer­lin, pilote de l’héli­cop­tère visé ce jour-là, a quant à lui con­fié au New York Times que l’ap­pareil qui trans­portait Bri­an Williams et son équipe se trou­vait alors à plus d’une demi-heure du sien et avait dû se pos­er en rai­son d’une tem­pête de sable. Sans incident…

Face à ces révéla­tions, Bri­an Williams a présen­té ses excus­es en fin de semaine, recon­nais­sant avoir fait une « erreur ». « J’é­tais dans un appareil qui suiv­ait », a‑t-il con­fié, pré­cisant sur son compte Face­book qu’il avait « mélangé » les deux appareils. Des excus­es qui n’ont pas atténué la défi­ance des inter­nautes envers cette vedette déchue.

Par ailleurs, ce n’est pas la pre­mière fois que le présen­ta­teur est soupçon­né d’avoir men­ti. Lors de l’oura­gan Kat­ri­na en 2005, il avait en effet déclaré avoir vu des corps flot­ter dans le quarti­er français de la Nou­velle-Orléans… alors que ce quarti­er n’avait pas été inondé.

Alors qu’il avait décidé de se « met­tre en retrait pour quelques jours », la chaîne a quant à elle choisi de le sus­pendre pour six mois. « Lors de son jour­nal du ven­dre­di 30 jan­vi­er 2015, Bri­an a défor­mé des événe­ments qui s’é­taient pro­duits lorsqu’il cou­vrait la guerre en Irak en 2003. Il est ensuite devenu clair que, dans d’autres occa­sions, Bri­an avait fait la même chose en racon­tant cette his­toire. Il a eu tort, c’é­tait com­plète­ment inap­pro­prié pour quelqu’un dans la posi­tion de Bri­an », a déclaré Deb­o­rah Tur­ness dans un com­mu­niqué, ajoutant que NBC News avait égale­ment « un souci avec des com­men­taires tenus en dehors de NBC News, alors que Bri­an par­lait de son expéri­ence sur le terrain ».

En con­séquence, après avoir ouvert une enquête en interne, « nous avons décidé de sus­pendre Bri­an (…) pour six mois », a‑t-elle annon­cé. Vedette de la chaîne, Bri­an Williams venait de pro­longer son con­trat en décem­bre dernier, et touchait un salaire annuel d’en­v­i­ron 10 mil­lions de dol­lars. La mesure prend effet immédiatement.