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Hélène Bienvenu

1 juillet 2021

Temps de lecture : 7 minutes

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Hélène Bienvenu

Hélène Bienvenu

Bienvenu dans le village global

Née en 1985, Hélène Bienvenu est la correspondante de plusieurs médias francophones (dont Le Figaro) et anglophones en Europe Centrale depuis Varsovie. Polyglotte (elle écrit et parle cinq langues, dont le hongrois et le polonais). Mobile, elle est l’incarnation d’un journalisme cosmopolite qui ne rend compte de la situation politique d’un pays qu’à travers des angles sociétaux plus ou moins libertaires (véganisme, droits des femmes et discrimination des minorités) calibrés pour le branchouille parisien. Son credo : « écrire sur cet Autre, proche ou lointain, mon frère d’humanité, pris comme moi, dans les tumultes d’un “global village” rendu faussement familier par le ron-ron médiatique ambiant ». Entre le frère d’humanité et le frère d’idéologie, elle navigue. Qu’importe le voyage, pourvu qu’on ait la société ouverte chère à George Soros.

Formation

Hélène Bien­venu effectue toute sa sco­lar­ité pri­maire et sec­ondaire dans des étab­lisse­ments privés catholiques d’Évry : la mater­nelle et l’élémentaire à Sainte Mathilde, le col­lège et le lycée à Notre-Dame de Sion. Après une année d’hypokhâgne à Claude Mon­et dans le XII­Ie arrondisse­ment de Paris, elle intè­gre Sci­ences Po Paris. Elle passe son année d’échange en Pologne en 2006 et enchaîne sur un mas­ter en rela­tions inter­na­tionales, qu’elle décroche en 2008. Durant ses études, elle effectue des stages au bureau polon­ais de l’AFP et au sein de l’agence thaï­landaise d’ATD Quart Monde. Elle décou­vre Budapest cette même année, ville où elle est envoyée pour le compte d’un édi­teur de livres de voy­age. Con­quise par la cul­ture mag­yare, elle suit une licence de hon­grois à l’INALCO, qu’elle valide en 2011. Elle obtient la même année une cer­ti­fi­ca­tion de langue délivrée par l’Institut Hon­grois de Paris.

Parcours professionnel

La jeune femme se con­sacre dès la fin de ses études à Sci­ences Po à la rédac­tion de guides de voy­age pour des édi­teurs (Le Petit Futé, Miche­lin) et des sites spé­cial­isés (Spot­ted by Locals, Azur­ev­er). Routarde invétérée, elle n’est jamais avare de pho­tos et de com­men­taires sur son blog au sujet des lieux qu’elle vis­ite. Elle peut égale­ment se tar­guer de plusieurs expéri­ences dans la com­mu­ni­ca­tion inter­cul­turelle, notam­ment en tant que com­mu­ni­ty manager.

Mais elle demeure avant tout jour­nal­iste, son réseau et ses com­pé­tences lin­guis­tiques font d’elle une cor­re­spon­dante de choix pour la presse française dans des pays où elles n’ont pas tou­jours beau­coup d’intermédiaires. Ain­si, elle est plébisc­itée par tous types de médias où son éclairage sur la poli­tique intérieure des « mau­vais élèves de l’Europe » est bien­venu, que ce soit dans le catholique La Croix de 2011 à 2019, le respectable Figaro ou les très mil­i­tants Slate et Medi­a­part. Les médias inter­na­tionaux ne sont pas en reste, le New York Times et Al-Jazeera faisant par­tie des pub­li­ca­tions où elle écrit. Last but not least, elle intè­gre en 2018 la rédac­tion du Cour­ri­er d’Europe Cen­trale, mar­qué à gauche. Elle écrit exclu­sive­ment pour la presse inter­na­tionale et ne sem­ble pas col­la­bor­er sur place avec des jour­naux centre-européens.

Vie privée

Elle grandit dans un pavil­lon situé dans un quarti­er rési­den­tiel d’Évry, ban­lieue sen­si­ble et col­orée de région parisi­enne dont Manuel Valls fut le maire entre 2001 et 2012. Son envi­ron­nement famil­ial est intel­lectuelle­ment stim­u­lant. Sa mère, Françoise Bien­venu, née Lecat, est issue d’une lignée de mag­is­trats, dont provient notam­ment Jean-Philippe Lecat,  min­istre de la Cul­ture sous Gis­card entre 1978 et 1981. Elle est juge d’application des peines au tri­bunal de Créteil entre 1992 et 2002. Au Parisien, elle livre à son sujet : « Quand on était petits, elle nous don­nait des leçons de vie en partageant avec nous des morceaux choi­sis de ses audi­ences ». Son décès bru­tal des suites d’un mésothéliome a été favorisé par la présence d’amiante dans le bâti­ment du TGI de Créteil.

Son père, Yves Bien­venu, est cen­tralien, tit­u­laire d’un doc­tor­at en sci­ences de l’université Carnegie de Pitts­burgh et pro­fesseur hon­o­raire à l’école des Mines. Ses recherch­es por­tent prin­ci­pale­ment sur les matéri­aux métalliques.

Elle a qua­tre frères (Charles, Pierre-Yves, François, Thomas) et une sœur (Claire). Pierre-Yves Bien­venu est agrégé et doc­teur en math­é­ma­tiques, chercheur à l’université Max Planck de Berlin. Thomas Bien­venu est ingénieur d’études chez Alstom et a effec­tué un stage à la mairie d’Évry en 2010 sous la man­da­ture de Manuel Valls.

Collaborations

Elle est une col­lab­o­ra­trice de longue date de Cafébabel.com, un mag­a­zine en ligne mul­ti­lingue à des­ti­na­tion des jeunes fondé par d’anciens étu­di­ants Eras­mus et dont l’ambition est de « con­tribuer à l’émer­gence d’une opin­ion publique européenne ». A ce titre, il béné­fi­cie d’une sub­ven­tion ver­sée par l’Union européenne.

Pour la rédac­tion d’un arti­cle en anglais inti­t­ulé « Refugees vs hate speak­ers in Cen­tral Europe », elle reçoit en mars 2016 une bourse du Jour­nal­ism­Fund s’élevant à 7.700 €.  Cet organ­isme est financé à hau­teur de 10 % par l’Open Soci­ety de George Soros. En 2020, sur un bud­get total de 1 558 936 €, la fon­da­tion de Soros avait con­tribué à hau­teur 142.000 € pour financer des pro­jets de jour­nal­istes européens.

En 2021, elle par­ticipe, aux côtés d’une ving­taine de jour­nal­istes, à l’initiative « Sis­ters of Europe » qui se présente comme un cahi­er de doléances fémin­iste des sociétés européennes suite au phénomène #Metoo. « Sis­ters of Europe » est nom­iné la même année pour l’Innovation Award, une des récom­pens­es décernées chaque année par le Euro­pean Press Prize, un organ­isme basé à Ams­ter­dam et très lié à l’Open Soci­ety. En 2018, la remise des prix du Euro­pean Press Prize eut lieu à Budapest, dans les locaux de l’Université de l’Europe Cen­trale fondée par George Soros en 1991. Un des cofon­da­teurs du prix, le jour­nal­iste et directeur de cen­tre cul­turel néer­landais Yoeri Albrecht, siège au con­seil con­sul­tatif de l’Open Society.

Nébuleuse

Nora Mandray

Diplômée de Sci­ences Po et d’une école de ciné­ma à Los Ange­les, polono­phone, elle conçoit en 2010 avec Hélène Bien­venu un web­doc­u­men­taire autour de la ville de Detroit et de la « con­som­ma­tion col­lab­o­ra­tive » que pra­tiquent ses habi­tants.  Selon Bien­venu, « le phénomène nous fasci­nait, parce qu’il parais­sait être une solu­tion à beau­coup de prob­lèmes en temps de crise. Et surtout, c’était enfin une manière de vivre plus authen­tique ». Pour ce pro­jet, elles obti­en­nent une sub­ven­tion du CNC (aide à l’écriture nou­veau média). Nora Man­dray pour­suit sa car­rière de doc­u­men­tariste à Berlin et fait son trou dans le cir­cuit des fes­ti­vals. Elle réalise notam­ment un doc­u­men­taire sur le FN, « Danse avec Le Pen », tourné pen­dant les derniers jours de la prési­den­tielle 2017, qui s’attache à dénon­cer la banal­i­sa­tion de la rhé­torique du par­ti au fil des générations.

Prune Antoine

Les deux femmes se ren­con­trent à Café Babel. Antoine est alors rédac­trice en chef du mag­a­zine tan­dis que Bien­venu est une jour­nal­iste et tra­duc­trice bénév­ole. Leurs noms se décroisent une dizaine d’années plus tard alors que Prune Antoine est rédac­trice en chef du pro­jet fémin­iste « Sis­ters of Europe », auquel col­la­bore Hélène Bien­venu. Leurs études, leurs péré­gri­na­tions, leurs cen­tres d’intérêt ain­si que leurs styles lit­téraires sont éton­nam­ment sim­i­laires. Voir son por­trait.

Marc Santora

Ancien respon­s­able de l’Europe Cen­trale et de l’Europe de l’Est pour le New York Times. Il coécrit avec elle des arti­cles pour le quotidien.

Elle l’a dit

« Cet amende­ment est cynique. C’est un jeu poli­tique inhu­main. Si le Fidesz avait vrai­ment voulu lut­ter con­tre la pédophilie, il aurait retiré la par­tie trai­tant d’homosexualité et le Par­lement dans son ensem­ble aurait voté en faveur. (Tout ceci, NDLR) a pour but de génér­er la divi­sion», note de son côté le député d’opposition Péter Ungar sur sa page Face­book. Car cette nou­velle lég­is­la­tion, s’inspirant large­ment d’une loi appliquée par la Russie de Vladimir Pou­tine…Divis­er pour mieux régn­er : une devise que Vik­tor Orban maîtrise à mer­veille. Les migrants ayant dis­paru de la fron­tière ser­bo-hon­groise, il a mul­ti­plié depuis deux ans les attaques envers la com­mu­nauté LGBT, inter­dis­ant le change­ment de sexe à l’état civ­il ou encore l’adoption d’enfant ». Le Figaro, 24/06/2021

« Mal­gré cet événe­ment trag­ique, l’IVG reste encore dif­fi­cile­ment acces­si­ble un an après le début de la pandémie. À Bucarest, deux hôpi­taux publics réalisent désor­mais l’opération, mais ce n’est pas sans restric­tion : il faut que la grossesse soit à 10 et 12 semaines max­i­mum. Cet accès restreint pen­dant près d’un an se lit dans les sta­tis­tiques offi­cielles : pour l’année 2020, le nom­bre d’avortements chute de 35 % par rap­port à 2019. En revanche, en décem­bre 2020, soit neuf mois après le début du con­fine­ment, 15 857 enfants nais­sent en Roumanie, 2 103 de plus qu’en novem­bre et 433 (2,8 %) de plus que le même mois un an plus tôt, selon les don­nées de l’Institut nation­al de la sta­tis­tique (INS). Cela alors qu’en Roumanie la ten­dance est à la baisse de la natal­ité », Le Cour­ri­er d’Europe cen­trale, 19/03/2021.

« La Pologne a célébré ce dimanche 11 novem­bre 2018 un bien pathé­tique cen­te­naire d’indépen­dance. Payant le prix de leur com­plai­sance, les nationaux-con­ser­va­teurs au pou­voir se sont fait ravir la vedette par des groupes d’ex­trême-droite, certes minori­taires mais très vis­i­bles, lors d’une marche qui aurait rassem­blé 200 000 per­son­nes dans les rues de Varso­vie », Le Cour­ri­er d’Europe Cen­trale, 12/11/2018.

« Les migrants déjà présents en Hon­grie, eux, sont promis à une vie bien dif­fi­cile. En tout, ils sont 1 216 (Syriens, Afghans, Irakiens…) à avoir reçu la pro­tec­tion de l’État hon­grois en 2017. Mais ils ne béné­fi­cient plus d’aides depuis 2016. “Lorsque j’ai reçu mon statut de réfugié, on m’a prié de pren­dre mes bagages et de fil­er”, témoigne Masod (prénom mod­i­fié), un Afghan de 27 ans arrivé dans le pays en 2015.

« Ce jeune réfugié se trou­ve aujourd’hui livré à lui-même, sur­vivant de petits boulots irréguliers à l’étranger. “C’est qua­si­ment impos­si­ble de trou­ver un emploi quand on ne par­le pas hon­grois, on ne m’a jamais offert de cours. J’ai peu d’amis, et je con­nais peu d’organisations pour m’aider, je suis hébergé chez une par­ti­c­ulière, et j’essaie de con­tribuer au loy­er, mais avec quel argent ?” », La Croix, 21/06/2018.

« Pen­dant notre séjour, on n’a pas arrêté de se ques­tion­ner sur la ségré­ga­tion. Encore aujourd’hui, elle est pal­pa­ble. C’est fou de se dire qu’en 1940 un pro­mo­teur immo­bili­er à Détroit avait même con­stru­it un mur pour sépar­er un quarti­er de « Blancs » du reste, habité par les « Noirs »! L’autre chose mar­quante, c’est bien sûr, les maisons en ruine. Ce n’est pas qu’un cliché. Elles se comptent par dizaines de mil­liers à Détroit. La ville a con­servé la même taille que dans ses années fastes, or elle s’est vidée de moitié… Et aux États-Unis, on a pas le même souci du pat­ri­moine qu’en France, ni les mêmes recours fis­caux pour main­tenir une col­lec­tiv­ité. Franche­ment, on a beau jouer les gros bras, on en mène pas large quand on se retrou­ve à par­courir à vélo (à pied, je n’ai même pas ten­té!) une rue où plus aucune mai­son n’est habitée… Non pas qu’il s’y passerait for­cé­ment quelque chose mais il y a des dis­pari­tions inex­pliquées et des balles qui se per­dent régulière­ment dans ces coins où les « crack­house » domi­nent le paysage », Lili­go, 03/06/2014.

« Et si Job­bik est passé maître dans la sphère virtuelle, il n’en oublie pas pour autant les ren­dez-vous dans la vie réelle. Et il y en a pour tous les publics : karaoké nation­al­iste pour sa sec­tion jeunesse ; Majális, un rassem­ble­ment famil­ial gigan­tesque sur l’оle du fes­ti­val Sziget ; des dis­cus­sions-débat dans les divers­es cir­con­scrip­tions de Budapest, les députés Job­bik assur­ant aus­si des per­ma­nences ouvertes а tous dans les bureaux des sec­tions locales du par­ti. Puisqu’il n’y a pas de petites économies, les par­ti­c­uliers aus­si vien­nent en aide au par­ti, des gérants de bou­tiques ou bars affichant ouverte­ment leur sou­tien et dis­posant d’une urne pour con­tribuer au mou­ve­ment pour une «meilleure Hon­grie» », Slate, 10/04/2014.

« And yeah, I’m always very impressed by the Hun­gar­i­an par­lia­ment (talk­ing about the build­ing here, not so much about the insti­tu­tion nowa­days;)) », Spot­ted by Locals, 06/12/2012.

« Je m’intéresse en par­ti­c­uli­er à ces sujets de l’histoire avec un grand H qui n’ont guère fait l’objet de chroniques, à ces petits gestes aux grandes con­séquences, à ces oubliés de l’actualité déten­teurs de richess­es enviées de tous, à ceux qui œuvrent pour un monde meilleur, en sym­biose avec l’environnement », présen­ta­tion sur son blog per­son­nel, 2009.

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