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Alexis Orsini

21 février 2021

Temps de lecture : 5 minutes
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Alexis Orsini

Alexis les (pas toujours) bons tuyaux

Né le 9 avril 1990, Alexis Orsini traque les désinformateurs tous azimuts pour 20 Minutes. Il se distingue régulièrement par son manque de scrupules dans la vérification des faits et sa célérité à pointer du doigt l’extrême-droite, comme nombre de ses confrères. Après avoir entamé, puis abandonné, des études de droit, il se réoriente en licence de lettres. Il est diplômé de l’École de Journalisme de Grenoble.

En 2005, il crée « La Base Secrète », un fan­site (décalque numérique de fanzine) dédié à la cul­ture man­ga, et plus par­ti­c­ulière­ment à 20th Cen­tu­ry Boys de Nao­ki Ura­sawa. Il ali­mentera sous le pseu­do­nyme de Druc­ci pen­dant dix ans. Cette pas­sion à toute épreuve pour les man­gas abouti­ra sept ans plus tard à la pub­li­ca­tion d’une mono­gra­phie con­sacrée au dessi­na­teur et scé­nar­iste Nao­ki Urasawa.

Au cours de sa for­ma­tion à l’EDGJ, il signe dans le jour­nal des étu­di­ants de l’école des arti­cles con­sacrés aux migrants ou à la stig­ma­ti­sa­tion des musul­mans suite aux atten­tats de 2015. Au cours de sa for­ma­tion, il est sta­giaire dans les rédac­tions du Parisien de l’Obs, ou encore de Corse Matin. A sa sor­tie d’école, il offi­cie entre juin et août 2016 au sein du ser­vice Pix­els (cou­vrant notam­ment l’actualité du secteur de la tech) du Monde. Fort de cette expéri­ence, il est nom­mé rédac­teur en chef de Numéra­ma en novem­bre 2016, fonc­tion qu’il occu­pera jusqu’en févri­er 2018. Il sévit depuis lors au sein de la rubrique anti fake-news, dite « Fake Off », du quo­ti­di­en gra­tu­it 20 min­utes. Cette rubrique a vu le jour en 2017 à l’initiative de Face­book, qui avait mis en œuvre des parte­nar­i­ats avec huit médias français, dont 20 min­utes. Dès fin 2017, la rubrique obtient la cer­ti­fi­ca­tion de l’International Fact Check­ing Net­work, éma­na­tion de l’Institut Poyn­ter basé en Floride, et dont George Soros est un généreux dona­teur. Cette col­lab­o­ra­tion a été appro­fondie par la suite, notam­ment avec le lance­ment du for­mat vidéo « Oh my Fake ! » en 2019, dévelop­pé en col­lab­o­ra­tion avec l’application Snapchat, pro­priété de Facebook.

À par­tir de la ren­trée académique 2020, il est inter­venant pro­fes­sion­nel dans le cadre du cours « Enjeux du Monde con­tem­po­rain » pro­posé dans le cadre de la licence Let­tres-Sci­ences Humaines pro­posé à l’Université Paris Diderot depuis 2020. La brochure pré­cise que « ce cours a pour objec­tif d’approfondir la con­nais­sance des médias (leur his­toire, leurs tech­niques, leurs ques­tion­nements), et d’apprendre à en faire un usage cri­tique (recherche doc­u­men­taire, vérification des sources, recoupe­ment de l’information). La compréhension en pro­fondeur des faits et des évènements de l’actualité est, en effet, ren­due si com­plexe par leur mul­ti­plicité et leur précipitation qu’il est nécessaire d’en acquérir une méthode de lecture. »

Rétropédalage bénallesque

En pleine affaire Benal­la, les rumeurs vont bon train con­cer­nant l’identité réelle du mys­térieux pro­tégé du prési­dent. Une d’entre elles voudrait que l’homme s’appelle en réal­ité Lahcene Bena­lia, ce qui sera démen­ti par la suite. Une autre, pub­liée par Le Parisien et relayée par Fdes­ouche, voudrait que l’homme ait fait fran­cis­er son prénom. Là où le bât blesse, c’est qu’Alexis Orsi­ni, pressé d’évacuer toutes les diva­ga­tions pré­ten­du­ment d’extrême-droite, jette le bébé avec l’eau du bain. Le fait même de douter de la vérac­ité de l’identité de ce per­son­nage inter­lope est sus­pect aux yeux des jour­nal­istes. Pour­tant, une des rumeurs fini­ra par pren­dre corps deux mois plus tard lorsque BFM livr­era les fruits de son enquête : le prénom de Benal­la, à l’origine Maroine, a bien été mod­i­fié à la demande de sa mère lorsque celui avait trois ans et demi afin que son père vio­lent ne puisse aisé­ment retrou­ver sa trace.

Suite à ces révéla­tions, l’article est sur­mon­té d’une rec­ti­fi­ca­tion en gras qui pré­cise bien que l’objet de l’article était unique­ment de démon­ter la pre­mière rumeur, la rumeur « Lahcene Bena­lia ». Mais la ficelle est trop grosse. A cette occa­sion, le détec­tive trop pressé est ren­voyé à ses chères études sur ce même site. Mais, loin de pren­dre du recul, Orsi­ni récidive deux ans plus tard.

À malin, malin et demi : Orsini vs. Raufer

Le crim­i­no­logue, aus­si à son aise sur les plateaux de télévi­sion que dans les médias de réin­for­ma­tion, est une cible priv­ilégiée des jour­nal­istes. Ces derniers rêveraient de réduire au silence cette voix qui tranche avec les dis­cours lénifi­ants servis d’ordinaire dès qu’il est ques­tion de sécu­rité et de délin­quance. Après la ten­ta­tive de flingage de Marine Turchi, Alex­is Orsi­ni souhaite à son tour accrocher Raufer à son tableau de chas­se. Con­tes­tant les pro­pos exprimés par Xavier Raufer sur LCI selon lesquels « la France avait cessé de trans­met­tre les chiffres des cam­bri­o­lages en France à Inter­pol Europol parce qu’ils sont affreux », il con­sacre un arti­cle à la déné­ga­tion de cette affir­ma­tion, arguant non seule­ment que les chiffres des cam­bri­o­lages sont acces­si­bles sur le site du gou­verne­ment, mais qu’il n’existerait pas de mécan­isme oblig­a­toire de partage de don­nées crim­inelles entre les Etats mem­bres de l’Union européenne.

Raufer remet les pen­d­ules à l’heure dans Atlanti­co à l’aide de graphiques et de tableaux qui ne lais­sent aucune place au doute. Il rap­pelle tout d’abord que le min­istère de l’Intérieur ne pub­lie que les sta­tis­tiques se rap­por­tant aux cam­bri­o­lages de loge­ments privés, celles-ci « cam­ou­flant le reste (effrac­tions de locaux com­mer­ci­aux, indus­triels, agri­coles et offi­ciels, mairies, etc.), soit de 35 à 40 % du total réel — plus lors du con­fine­ment — honte unique par­mi tous les voisins de la France ». Puis, cap­tures d’écran à l’appui, il prou­ve bien que la France a délibéré­ment omis de trans­met­tre les chiffres des cam­bri­o­lages à Euro­stat, sous-trai­tant des don­nées util­isées par Europol (alors qu’Orsini sem­blait con­fon­dre les deux entités). Tel est pris qui croy­ait prendre.

Publications

  • Nao­mi Ura­sawa : L’air du temps, Les mou­tons élec­triques, 2012
  • Har­ri­son Ford : l’acteur qui ne voulait pas être une star, Dun­od, 2017

Sa nébuleuse

  • Anne Ker­loch, rédac­trice en chef de 20 Min­utes
  • Claire Plan­chard, rédac­trice en chef adjointe en charge de l’actualité et de la culture
  • Clément Giu­liano, chef de ser­vice « actualités »
  • Mathilde Cousin, jour­nal­iste référente au sein de la cel­lule « Fake Off »

Collaborations

En jan­vi­er 2019, Alex­is Orsi­ni inter­vient lors de ren­con­tres cha­peautées par l’association « La Chance, pour la diver­sité dans les médias » réu­nis­sant des étu­di­ants en classe pré­para­toire aux écoles de jour­nal­isme et des pro­fes­sion­nels de la pro­fes­sion. L’association, via des jour­nal­istes bénév­oles, dis­pense une for­ma­tion gra­tu­ite pour pré­par­er des jeunes « défa­vorisés », com­prenez de la « diver­sité », aux con­cours des prin­ci­pales écoles de jour­nal­istes. Elle béné­fi­cie de relais impor­tants dans les grandes rédac­tions parisi­ennes et garan­tit par là une inser­tion pro­fes­sion­nelle cer­taine aux poulains (bour­siers) qu’elle accom­pa­gne chaque année. Par­mi ses par­rains, on compte Ruth Elkrief, Christophe Bar­bi­er, Hervé Béroud ou encore Edwy Plenel.

Il l’a dit

« Pour linstant, jattends de voir com­ment le livre est reçu par le milieu spé­cial­isé, si Ura­sawa réag­it (on lui fait traduire lessen­tiel de louvrage en japon­ais en ce moment même), ce quen pensent les fans de lauteur et de man­ga en général, avant de me lancer dans un autre pro­jet. Jespère en tout cas que ce pro­jet là per­me­t­tra de mouvrir des portes ou mincit­era à con­tin­uer en ce sens car cette expéri­ence (la rédac­tion du livre, le tra­vail de recherche et de réflex­ion, la récep­tion par le pub­lic…) est vrai­ment géniale : ce serait un plaisir de my remet­tre mais pour cela il me faut dabord trou­ver un sujet qui me cap­tive autant. », Paoru, 26 juin 2012.

« Cer­tains sites dextrême droite, vis­i­ble­ment pru­dents vis-à-vis de la rumeur Alexan­dre Benalla/Lahcene Benahlia, ont ain­si unique­ment repris les infor­ma­tions du Parisien – à linstar de Fdes­ouche, qui titre avec le con­di­tion­nel de rigueur : “ Alexan­dre Benal­la : orig­i­naire du Maroc, il aurait mod­i­fié son prénom pour le fran­cis­er ” », 20 Min­utes, 23/07/2018

« Les chiffres des cam­bri­o­lages sont enfin loin d’être dis­simulés au pub­lic puisquils sont acces­si­bles, au même titre que tous les autres crimes et dél­its enreg­istrés par les forces de lordre depuis 1996, sur le site en open data du gou­verne­ment », 20 Min­utes,10/09/2020

Ils l’ont dit

« Raufer, quel menteur ! Suggère M. Alex­is Orsi­ni, dans un arti­cle que pub­lie 20 Min­utes le 10 sep­tem­bre. Menteur vrai­ment ? Si M. Orsi­ni avait daigné m’ap­pel­er (mon téléphone traîne dans toutes les rédactions, y com­pris 20 Min­utes d’où ses collègues m’ont déjà joint) ; ou m’en­voy­er un mail, je l’au­rais ras­suré sur ma pro­bité intel­lectuelle. Or non, le péremptoire M. Orsi­ni a agi en dépit de toutes les règles jour­nal­is­tiques », Xavier Raufer, Atlanti­co, sep­tem­bre 2020.

L’Observatoire prend des vacances d’hiver

Nous ne partons pas aux sports d’hiver, mais pendant une dizaine de jours, jusqu’au 3 janvier inclus, l’OJIM vous présentera les articles les plus significatifs des quatre derniers mois. Entre les censures de Radio France ou de Twitter, les délires LGBT+ ou indigénistes, les silences sur les faux mineurs migrants, les regards complaisants sur les clandestins, les vidéos interdites, la sortie de notre première brochure papier, la matière ne manque pas. Tout ceci a un coût, il vous reste 8 jours pour nous soutenir avec un reçu fiscal de 66% sur 2020, d’avance merci. Joyeux Noël à toutes et tous et à bientôt.