Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Points Godwin : Telerama caricature Eric Zemmour en nazi, Le Monde évoque des crimes contre l’humanité

4 octobre 2019

Temps de lecture : 3 minutes

Accueil | Veille médias | Points Godwin : Telerama caricature Eric Zemmour en nazi, Le Monde évoque des crimes contre l’humanité

Points Godwin : Telerama caricature Eric Zemmour en nazi, Le Monde évoque des crimes contre l’humanité

Accueil | Veille médias | Points Godwin : Telerama caricature Eric Zemmour en nazi, Le Monde évoque des crimes contre l’humanité

Points Godwin : Telerama caricature Eric Zemmour en nazi, Le Monde évoque des crimes contre l’humanité

4 octobre 2019

Selon l’essayiste Matthieu Bock-Côté, « il suffit à la gauche de se voir contestée pour se sentir assiégée ». Et de faire les quatre cents coups, plus un ou deux. La prestation d’Eric Zemmour à la convention de la droite n’est pas passée inaperçue (voir son discours complet). Saisine de la société des journalistes du Figaro qui dénoncent un « rentier de la polémique » salarié du quotidien et réclament son exclusion, LCI acculée à de plates excuses après avoir diffusé le discours en direct (voir notre article ici) et pour finir une caricature en nazi à Télérama et condamnation au bûcher par Le Monde.

Audiard à la rescousse

Les cons ça ose tout, dis­ait Audi­ard. Car­i­ca­tur­er un juif en nazi, c’est du haut niveau aurait dit le dia­logu­iste. Que reprochent les bien-pen­sants à Zem­mour ? D’avoir entre autres dit que tous les prob­lèmes de la France étaient aggravés par l’immigration et l’islam, « la dou­ble peine ». D’avoir aus­si fixé les enjeux, dans un dis­cours sans fior­i­t­ure : « jamais le peu­ple français n’a été men­acé de rem­place­ment sur son pro­pre sol ; c’est la survie du peu­ple français qui est en jeu », a‑t-il notam­ment déclaré.

Noiriel en embuscade

Du reste, Tel­era­ma ne fai­sait que suiv­re la voie glis­sante ouverte par Gérard Noiriel, his­to­rien com­mu­niste et directeur d’études à l’EHESS, qui com­para­it dans son dernier ouvrage Zem­mour à Dru­mont, auteur anti­sémite de la fin du XIXe, auteur en 1886 de la France Juive, ven­due à 60.000 exem­plaires la pre­mière année et pre­mier best-sell­er de la Troisième République : « Sur la forme, Zem­mour ne peut pas écrire comme Dru­mont, car des lois répri­ment désor­mais le racisme. Mais il faut aller plus loin. Dans L’Archéologie sur savoir, Michel Fou­cault dis­tingue la couche super­fi­cielle des échanges que l’on peut avoir tous les jours, de leurs règles de “gram­maire” sous-jacentes. C’est à ce niveau que se situent les grands points com­muns entre Zem­mour et Dru­mont ». Voir notre arti­cle sur le sujet ici.

Le Monde en mal de trémolos

Dans un édi­to­r­i­al du 1er octo­bre 2019 (édi­tion en ligne) le quo­ti­di­en du soir lâche les grandes orgues cul­pa­bil­isatri­ces : « …les crimes con­tre l’humanité ont com­mencé par des mots… Stig­ma­ti­sa­tion, exclu­sion, expul­sion, exter­mi­na­tion ». Et de surenchérir en par­lant de « vio­lence insen­sée, fan­tasmes pos­colo­ni­aux, iden­tité fan­tas­mée, trente-deux min­utes de haine, dis­cours hos­tile à la démoc­ra­tie et d’inspiration fas­ciste ». Tout en citant le com­mu­niste Noiriel comme cau­tion intel­lectuelle. Pour con­clure par un appel à faire taire le jour­nal­iste (pourquoi pas son incar­céra­tion ?) « Eric Zem­mour doit cess­er d’être un « bon client » pour les jour­nal­istes et les médias qui les emploient. Il doit être traité pour ce qu’il est : un délin­quant et un pyro­mane ». Tout en refu­sant – sans rire — « leçons de morale et anathèmes », fer­mez le ban, Audi­ard est pulvérisé.

En reprenant terme à terme l’éditorial du Monde, un obser­va­teur hon­nête pour­rait relever : appel à la haine, invo­ca­tion de la cen­sure con­tre un jour­nal­iste, appel à la mort pro­fes­sion­nelle et sociale. Le tout pour « la défense de l’universalité des droits humains ». Et de quelques intérêts bien com­pris, ajouteraient d’autres.

Réplique de Benoît Rayski

Benoît Rays­ki, sur Atlanti­co, com­mente la polémique, à laque­lle même Edouard Philippe a apporté son avis, dénonçant des « dis­cours nauséabonds » : « Le polémiste est pris­on­nier de son per­son­nage et de son pub­lic. Il lui faut ton­ner pour être con­forté dans le rôle de l’homme qui dit tout haut ce que les Français pensent tout bas. Et comme les Français le pensent de moins en moins bas, il le dit de plus en plus fort.  L’ex­as­péra­tion gran­dis­sante vient du fait qu’E­douard Philippe et les siens sont, eux, de plus en plus sourds : une infir­mité qu’ils cumu­lent avec l’aveu­gle­ment. Ils n’en­ten­dent pas la colère qui monte face aux agres­sions ».

Quant à Téléra­ma, son cas est vite réglé : « PS : Téléra­ma représente Zem­mour en SS : il entre dans le stu­dio de CNews où il va avoir une chronique. “Nauséabond” ? “Retour des heures les plus som­bres de notre his­toire” ? Non, c’est juste dégueu­lasse ». Ceux qui écrivent à longueur de journée des let­tres de dénon­ci­a­tion, ceux qui pour­chas­sent les intel­lectuels qui ne pensent pas comme eux et rêvent d’autodafés des auteurs dont ils ne sup­por­t­ent pas les écrits, ceux qui appel­lent à leur mort sociale et pro­fes­sion­nelle, ceux-là se récla­ment du « Camp du Bien ». De quel « Bien » peut-il s’agir ? Le lecteur qui a la réponse gagne un numéro de Téléra­ma ou du Monde, au choix.

Voir aussi

Cet article vous a plu ?

Il a pourtant un coût : 50 € en moyenne. Il faut compter 100 € pour un portrait, 400 € pour une infographie, 600 € pour une vidéo. Nous dépendons de nos lecteurs, soutenez-nous !

Derniers portraits ajoutés