Accueil | Actualités | Médias | Plenel accuse à tort un responsable du FN de menaces de mort
Pub­lié le 9 février 2015 | Éti­quettes : , ,

Plenel accuse à tort un responsable du FN de menaces de mort

Invité du « Grand Journal » de Canal+ jeudi 5 février, Edwy Plenel a indiqué avoir fait une déposition au commissariat du XIème arrondissement suite à des menaces de morts proférées à l'encontre de deux journalistes de Médiapart, Marine Turchi et Alexandre Laske, par Axel Loustau, trésorier du micro-parti de Marine Le Pen, « Jeanne ».

« Ils lui ont dit "on va te tuer", "on va t'attendre chez toi", il y a une violence de l'entourage de Marine Le Pen, qui est d'une vieille extrême-droite assez brutale », a-t-il déclaré.

Le lendemain, la Société des journalistes de Médiapart dénonçait également dans un communiqué une « agression par des responsables du micro-parti de Marine Le Pen », indiquant que des « menaces de mort » avaient été proférées le 30 janvier à l'encontre des deux journalistes qui « faisaient leur travail d'enquête dans des conditions tout à fait claires et transparentes ».

Selon Plenel, Marine Turchi et Alexandre Laske se sont retrouvés, au métro de la Porte de Saint-Cloud, cernés « par un groupe de quatre à cinq personnes, parmi lesquelles Axel Loustau ». « Le plus virulent et le plus menaçant était Olivier Duguet », a-t-il poursuivi expliquant que ce dernier a « foncé comme un fou furieux sur Marine Turchi, cherchant à l'agresser physiquement, en la tutoyant et en lui lançant : 'Je vais te tuer !... Je vais te retrouver !... Je vais t'attendre en bas de chez toi !... ' »

Pourtant, il semblerait que la scène ne se soit pas déroulée telle qu'elle est décrite par Médiapart. Mis en cause directement par Plenel sur le plateau du « Grand Journal », Axel Loustau a téléphoné vendredi à Alexandre Laske pour lui demander des explications.

Enregistrant son appel, il rappelle qu'il n'a pas menacé de mort Mme Turchi, ce que confirme son interlocuteur. Pire : la journaliste et M. Loustau ont même été prendre un café après les faits ! Aussi, le contexte de l'altercation n'a pas été mentionné par Médiapart. Et pour cause... selon le trésorier de « Jeanne », les envoyés de Plenel seraient venus jusqu'à son bureau et auraient même « essayé de forcer la porte de la maison de (s)on ami »... On est loin des « conditions tout à fait claires et transparentes » d'un travail journalistique honnête...

Quand à Marine Le Pen, à qui Mediapart demandait de « condamner sans ambiguïté aucune ces agissements », sa réponse a été des plus directes : « Je ne réponds pas à Médiapart. » À raison ?

Voir nos portraits de Marine Turchi et d'Edwy Plenel, ainsi que notre infographie de Mediapart

Tant que vous êtes ici...

Ce contenu a été financé par les donateurs de l'OJIM

L’Ojim est là pour vous aider à vous guider dans le monde opaque et souvent univoque des médias.

Contrairement à beaucoup, nous avons choisi une formule gratuite qui permet de mettre nos informations à la disposition de tous, indépendamment de leurs moyens. L’Observatoire est totalement indépendant, libre de toute publicité, de toute subvention, de tous actionnaires. Ce qui nous permet de donner une voix à ceux qui sont rarement entendus. Ce qui nous différencie de nombreux médias à un moment où la loyauté de l’information devient cruciale. Votre contribution, modeste ou importante, sert directement à régler la partie technique du site et à rémunérer nos rédacteurs. Chaque don bénéficie d’un reçu fiscal de 66%. Un don de 100 € ne vous coûtera que 33 €. Merci de votre soutien.

Share This