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Pub­lié le 26 novembre 2014 | Éti­quettes : , , ,

Comment l’ultra-gauche mène sa guerre de l’information

Dans un entretien à TV Libertés, le journaliste Pierre-Alexandre Bouclay, auteur d'une enquête sur l'ultra-gauche dans un récent numéro de Valeurs Actuelles, revient sur les méthodes très structurées de l'extrême-gauche pour gagner la guerre médiatique.

La dernière offensive en date est la contestation de la construction d'un barrage à Sivens, à laquelle le reporter-baroudeur s'est rendu incognito. S'il ne s'y est pas présenté en tant que journaliste, comme il l'avait fait auparavant, c'est parce que, estime-t-il, « si on veut faire un bon travail, la seule solution c'est l'infiltration ».

Dans le cas contraire, se présenter comme un journaliste accrédité conduit à être « pris en charge par le groupe et totalement encadré ». À Sivens par exemple, les journalistes officiels avaient « droit » à deux heures de visite par jour et devaient porter un signe distinctif. Les militants, soumis à des consignes de silence à leur égard, leur faisaient visiter des ZAD (Zone à Défendre) « Potemkine », bien loin de la réalité.

« Ils vous disent ce que vous pouvez filmer, mais surtout ce que vous devriez filmer », explique M. Bouclay avant d'ajouter qu'ils « vous conseillent très fortement vos angles, ce qui est absolument anti-journalistique ». La seule solution consiste alors à se fondre parmi eux, incognito, d'autant que les journalistes sont jugés « à la tête du client ». Par exemple, ceux de TF1, LCI, BFMTV et de La Dépêche du Midi ont été « virés manu militari » de la manifestation.

Une fois passée cette étape de l'infiltration, M. Bouclay a pu voir et analyser leurs méthodes très structurées de lutte mais aussi de guerre de l'information.

L'une de leurs principales armes est « l'action symbolique ». Par exemple, les zadistes utilisent des « clowns de combat » chargés de venir danser devant les policiers. Le but ? « Capter l'attention des caméras ». Car « un CRS qui "gaze" une fille grimée en clown, c'est pas très cool, mais pour eux c'est super ». Le journaliste ajoute que « les filles vont, tout à fait délibérément, se faire "gazer". Parce que leur but, c'est de créer de l'image, qu'il y ait des caméras qui filment ».

Autre méthode : le lancer de peluches. Une peluche, « c'est mignon ». Et là aussi, les caméras sont attirées comme un papillon vers la flamme. Sauf qu'après cette mise en bouche bien sympathique, les militants passent à l'action violente. Et alors les peluches et les nez rouges se transforment en pierre ou en cocktails Molotov…

Toutes ces pratiques sont loin d'être spontanées. Comme l'explique Pierre-Alexandre Bouclay, tout est compilé dans un ouvrage édité, une sorte de manuel de guérilla (Guerilla Kit, la Découverte, 2008) qui détaille avec grande précision les moyens à employer contre la police et à l'égard des médias pour mener une action efficace. Et autant dire que le résultat est au rendez-vous.

C'est ainsi que les journalistes se retrouvent manipulés et livrent, pour leurs différents médias, une vision tout à fait incorrecte des événements. L'exemple le plus récent restera les affrontements autour du barrage de Sivens, où les gendarmes ont été mis en cause de manière unilatérale après la mort du jeune zadiste Rémi Fraisse.

Crédit photo : jordibernabeu et pierre-selim via Flickr (cc)

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