Ojim.fr
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
Paris vu des USA : du « melting pot » « aux zones de non-droits »

15 janvier 2015

Temps de lecture : 3 minutes
Accueil | Veille médias | Paris vu des USA : du « melting pot » « aux zones de non-droits »

Paris vu des USA : du « melting pot » « aux zones de non-droits »

Temps de lecture : 3 minutes

Que donne-t-on à penser de nous au monde ? Un élément de réponse se situe peut-être sur la chaîne conservatrice américaine Fox News.

Bien qu’ex­agéré sur bien des points, le por­trait que dresse un expert améri­cain, Nolan Petersen, de la ville de Paris est pour le moins réd­hibitoire. Ain­si ce jour­nal­iste spé­cial­isé dans les zones de con­flits affirme qu’il existe, en France, plus de 700 « no-go zones », autrement dit des zones de non-droit ou, plus directe­ment, des quartiers où les « non-musul­mans » ne sont pas les bien­venus, pré­cise Fox News.

Celui-ci se base sur le nom­bre de ZUS (Zones urbaines sen­si­bles) où le gou­verne­ment « a aban­don­né son autorité à la com­mu­nauté musul­mane ». Cela crée des zones « gou­vernées par la charia », avance Nolan Petersen. Un por­trait certes grossière­ment dressé, suivi d’un mea cul­pa de l’in­téressé, comme se sont empressés de le rap­pel­er cer­tains médias français – les ZUS étant offi­cielle­ment des zones définies « par les pou­voirs publics pour être la cible pri­or­i­taire de la poli­tique de la ville, en fonc­tion des con­sid­éra­tions locales liées aux dif­fi­cultés que con­nais­sent les habi­tants » –, mais qui en dit long sur la réal­ité perçue. En effet, nul n’ig­nore que dans cer­tains quartiers déjà, la police ne se rend plus, ou très rarement.

Nolan Petersen, qui a vis­ité ces ter­ri­toires, pour­suit son réc­it en décrivant une vie « assez effrayante » dans ces endroits où, dit-il, des musul­mans se baladent « avec des tee-shirts d’Ous­sama Ben Laden ». « Je suis allé en Afghanistan, en Irak, au Cachemire et par­fois, cela ressem­blait à cela », assure-t-il. Et d’a­jouter : « Les Améri­cains seraient choqués de savoir qu’à par­tir de la tour Eif­fel, il suf­fit de pren­dre un taxi pen­dant dix min­utes pour se retrou­ver dans des rues qui ressem­blent à celles de Bagdad. »

Il y aurait beau­coup de choses à dire sur cet état des lieux hâtif et exagéré ; mais ne pour­rait-on pas en dire autant de l’analyse aux extrêmes antipodes qui est faite par d’autres médias ? Un exem­ple récent illus­tre par­faite­ment ce con­traste, et pour le trou­ver il suf­fit de rester de l’autre côté de l’At­lan­tique avec un arti­cle du New York Times paru en décem­bre.

Celui-ci dresse un por­trait idéal de la ville de Paris en présen­tant la cap­i­tale française comme un gigan­tesque « melt­ing pot » où toutes les civil­i­sa­tions se brassent en par­faite har­monie. Pour le Times, Paris n’est pas que Paris. La ville lumière est égale­ment une fenêtre sur Dakar ou Casablan­ca, avec ses quartiers qui fleurent bon l’Ori­ent. Et le quo­ti­di­en améri­cain d’in­viter ses lecteurs à se ren­dre… à la Goutte d’or.

Le New York Times ignore (sans doute) que ce qu’il pré­conise est actuelle­ment le cal­vaire des touristes chi­nois, qui se sen­tent de plus en plus en insécu­rité à Paris. En Chine d’ailleurs, les médias décon­seil­lent forte­ment de se ren­dre dans la cap­i­tale française. Fréquem­ment vic­times d’a­gres­sions et de vols à l’ar­rachée, pas sûr que les touristes chi­nois (con­nus pour trans­porter sur eux de gross­es sommes en liq­uide) aient envie de suiv­re les con­seils du Times et d’aller s’im­prégn­er du par­fum de Bag­dad à Ménilmontant…