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Non, Aphatie ne veut pas raser Versailles… mais bien ridiculiser la France

17 novembre 2016

Temps de lecture : 3 minutes
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Non, Aphatie ne veut pas raser Versailles… mais bien ridiculiser la France

17 novembre 2016

Temps de lecture : 3 minutes

Qui s’y frotte s’y pique. Invité de Sonia Mabrouk dans « On va plus loin » sur Public Sénat, l’inénarrable Jean-Michel Aphatie aurait visiblement mieux fait de garder son humour douteux pour lui.

« Pour que nous n’al­lions pas là-bas en pèleri­nage pour cul­tiv­er la grandeur de la France. »

Alors qu’il s’ex­pri­mait sur l’élec­tion de Don­ald Trump à la tête des États-Unis, celui qui est actuelle­ment jour­nal­iste poli­tique sur fran­ce­in­fo et chroniqueur sur France 5 a évo­qué la sit­u­a­tion poli­tique française. Pour lui, « l’e­sprit poli­tique français est fab­riqué par le sou­venir de Louis XIV, de Napoléon et du général de Gaulle ». Et ça, c’est mal. D’ailleurs, il lance : « Moi, si un jour, je suis élu prési­dent de la République, savez-vous quelle est la pre­mière mesure que je prendrais ? Je raserais le Château de Versailles ! »

Et d’in­sis­ter : « Ce serait ma mesure numéro 1. Pour que nous n’al­lions pas là-bas en pèleri­nage pour cul­tiv­er la grandeur de la France. » Évidem­ment, l’ex­trait n’a pas man­qué d’en­vahir rapi­de­ment les réseaux soci­aux et de provo­quer des réac­tions indignées.

À not­er que dans une précé­dente inter­ven­tion, sur BFMTV celle là, Aphatie, non con­tent de la vic­toire élec­torale de Don­ald Trump, appelait à s’in­ter­roger sur le suf­frage uni­versel. Une réflex­ion digne d’être menée, certes, mais pour quelqu’un qui se pare des habits de démoc­rate unique­ment lorsque cela l’arrange, le pro­pos a de quoi être ajouté à son dossier.

Tweet de M. Maréchal Le Pen : https://twitter.com/Marion_M_Le_Pen/status/797825090603909120?ref_src=twsrc%5Etfw

Dépassé par les réac­tions hos­tiles, le chroniqueur s’est fendu, mar­di, d’un bil­let sur son blog afin de s’ex­pli­quer. « Évidem­ment, il s’agis­sait d’une boutade », a‑t-il écrit. Pour lui, il était seule­ment ques­tion d’ex­primer un raison­nement : « ras-le-bol de ces hommes poli­tiques qui croient que la poli­tique peut tout faire, l’époque des grands rois est ter­minée, ces­sons de nous croire à des temps qui ne sont plus, s’ils ont jamais été. » Ain­si, si le fait de ras­er Ver­sailles était à pren­dre au sec­ond degré, en revanche, « cul­tiv­er la grandeur de la France » est bel et bien malvenu.

Plus loin, il s’en prend à ses prin­ci­paux détracteurs dont François-Xavier Bel­lamy, « auto­proclamé pro­fesseur de philoso­phie » et qual­i­fié de « philosophe endi­manché du dimanche ». Aus­si, Jean-Christophe Buis­son en prend pour son grade, lui l’« archi­tecte d’un des innom­brables Figaro-quelque-chose, dont l’é­pais­seur de l’in­tel­li­gence qu’il s’ac­corde a depuis longtemps dilaté le crâne ». Mais ce qui l’a le plus « sur­pris », c’est « la hargne et la vio­lence des “patri­otes” qui me sont tombés sur le poil ». En effet, « depuis que les sondages prédis­ent que Marine Le Pen va entr­er à l’Élysée, ils déploient leur sec­tarisme à pro­pos de tout, et surtout à pro­pos de rien. Pour eux, il n’ex­iste qu’une façon d’être Français, la leur, et ils enten­dent bien l’im­pos­er à coups de bâton à tous ceux dont la bobine leur déplaît », estime-t-il.

Certes, il n’ex­iste pas qu’une seule façon d’être Français. Mal­gré tout, ras­er Ver­sailles ne fait a pri­ori pas par­tie des critères req­uis, pas plus que cette pos­ture arro­gante inter­dis­ant de vouloir porter son pays à de grandes des­tinées, ne serait-ce que sym­bol­ique­ment. Pour finir sur une note de cynisme, Aphatie ter­mine son bil­let en expli­quant qu’il va aller vision­ner un reportage sur le château de Ver­sailles, un château con­stru­it « il y a longtemps de cela » (insiste-t-il) et qui est « tou­jours plaisant à vis­iter ». Com­prenez : Ver­sailles, comme la France, appar­ti­en­nent désor­mais au pat­ri­moine. Aux ruines de l’histoire.

Voir aussi : Jean-Michel Aphatie, portrait

Crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo Pub­lic Sénat (DR)

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