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Pub­lié le 29 avril 2016 | Éti­quettes : , , , ,

Libé, L’Express : les vraies raisons du rachat par SFR

SFR-Numéricable, l'opérateur de téléphonie et fournisseur d'accès Internet, reprendra en septembre Altice Media Group — le pôle de presse de Patrick Drahi [portrait] avec notamment Libération et L'Express — et les 49% que le Tycoon franco-israélien détient dans NextradioTV (BFM, RMC).

Dans la mesure où SFR est lui-même détenu par Altice, le groupe de télécoms de Drahi, cette vente à soi-même s'explique pour des raisons officielles et d'autres… bien plus officieuses. Commençons par les premières qui sont avant tout industrielles et commerciales. Ainsi, SFR proposera dès mai à ses quelque 18 millions de clients une application mettant à disposition le contenu de la quinzaine de titres qu'il vient d'acquérir. Aucune donnée n'a été fournie concernant le surcoût pour les clients SFR. D'autre part, l'opérateur proposera, au travers de SFR news, des offres packagées des chaînes de NextradioTV (BFMTV, BFM business) qui seront enrichies au passage de deux nouvelles chaînes, BFM Sport et BFM Paris. La télévision israélienne 124 news fera partie du lot. Les régies publicitaires de NextradioTV, de SFR et d'Altice Media Group, qui seront fusionnées à court terme, n'auront plus qu'à vendre aux annonceurs les différents canaux véhiculés par l'opérateur des Télécoms.

Reste d'autres paramètres qui, curieusement, n'ont pas été évoqués lors de l'annonce en fanfare de ce rapprochement inédit le 27 avril. Tout d'abord, concernant le prix de vente en lui-même des différents médias à SFR. Valorisé 240 millions d'euros dans la transaction, Altice Media Group va rapporter une belle plus-value à son propriétaire. Patrick Drahi, qui a commencé à bâtir cet ensemble de médias en 2014, aura déboursé moins de 50 millions dans ses différentes acquisitions (y compris L'Express et Libé). L'affaire semble aussi profitable fiscalement. Les déficits cumulés de l'ex Groupe Express Roularta et de Libération s'élèveraient à plusieurs centaines de millions d'euros. Par un jeu comptable, ils viendront probablement minorer le résultat net de SFR… et son impôt sur les sociétés. Par ailleurs, SFR bénéficiera d'une TVA à taux réduit (celui de la presse est de 2,10%) pour ses futures offres couplées téléphonie-presse.

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