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Les médias d’État chinois à l’assaut du monde, les géants du Web suivent en bon ordre

11 avril 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Les médias d’État chinois à l’assaut du monde, les géants du Web suivent en bon ordre

La revue de géopolitique Conflits a publié début 2018 un numéro spécial sur le soft power américain sous toutes ses formes, en particulier dans le domaine des médias et de l’art de vivre. Via la farce des fake news (les bons vieux Bobards renommés à la sauce US), la Russie — au soft power supposé omnipotent — est accusée par tous les supports dominants, ad nauseam, de tous les maux. Au milieu de tout ce tintamarre, les chinois sont plutôt silencieux. Mais pas inactifs comme le montre notre dossier.

La grande voix de la Chine

Beau­coup con­nais­sent la chaîne Rus­sia Today (RT) ou la radio Sput­nik, toutes deux liées à l’agence russe Novosti. Tout le monde con­naît CNN ou France 24 qui – offi­cieuse­ment ou offi­cielle­ment — promeu­vent la vision du monde améri­caine ou française. Vous allez décou­vrir très prochaine­ment La Voix de la Chine, porte éten­dard du soft pow­er chi­nois. La chaine éta­tique CCTV et les radios d’État chi­nois­es apporteront leur savoir faire dans une fusion étroite­ment sur­veil­lée par le par­ti. La nou­velle entité sera rat­tachée directe­ment au départe­ment cen­tral de la com­mu­ni­ca­tion, « départe­ment de la pro­pa­gande » en chi­nois. Cette nou­velle organ­i­sa­tion témoigne de la volon­té des autorités de ren­forcer l’influence de la Chine à l’étranger. Une volon­té déjà anci­enne puisque l’agence Chine Nou­velle (l’AFP chi­nois) dis­posera de plus de 200 bureaux dans les deux ans. Au même moment les insti­tuts Con­fu­cius se mul­ti­plient dans le monde.

Xi Jip­ing, dont les pou­voirs ont été con­sid­érable­ment ren­for­cés lors du 19ème con­grès du Par­ti Com­mu­niste Chi­nois (PCC), serait à l’initiative de cette grande offen­sive du soft pow­er chi­nois. Pour le PCC les médias ne sauraient être neu­tres, ils sont des com­bat­tants sur le front de la pro­pa­gande comme les opéra­teurs économiques privés ou publics sont des com­bat­tants sur le front du développe­ment économique. De ce côté aus­si, les chi­nois ne restent pas immobiles.

D’Alibaba à Bilibili

Vous avez enten­du par­ler d’Alibaba (non, pas celui des 40 voleurs, l’autre, le chi­nois), de Ten­cent, voire de Baidu. Aliba­ba le géant du com­merce élec­tron­ique chi­nois qui vient de cro­quer son com­pa­tri­ote ele.me qui livre dix mil­lions de repas chaque jour. Aliba­ba, côté plus de 450 mil­liards de dol­lars à la bourse de New-York. Ten­cent, le con­cur­rent de Face­book (inter­dit en Chine) dont l’application mobile wechat (pronon­cez weï tchin en man­darin) va bien­tôt attein­dre le mil­liard d’utilisateurs. Baidu con­cur­rent de Google, le moteur de recherch­es chi­nois classé par Alexa comme le 4ème site le plus vis­ité au monde.

Mais vous ne con­nais­sez pas encore iQyi ou Bili­bili. Bili­bili dont le nom évoque peut-être notre guili-guili (infor­ma­tion à véri­fi­er en man­darin toute­fois). Baidu a déposé en mars 2018 un dossier pour intro­duire à Wall Street sa plate-forme vidéo iQyi (pronon­cez Aïe tchi i). La plate forme qui pro­duit un équiv­a­lent chi­nois de The Voice, vient de sign­er avec Net­flix pour dif­fuser en Chine les suc­cès de ce dernier. Mais iQyi espère bien aus­si dif­fuser à l’étranger ses suc­cès pop­u­laires, à car­ac­tère his­torique et con­formes à la poli­tique générale des autorités. Un site des­tiné aux jeunes, le char­mant Bili­bili, vise aus­si une intro­duc­tion à New York. Pour le moment ces nou­velles entre­pris­es visent le marché chi­nois et celui des com­mu­nautés chi­nois­es à l’étranger. Mais il ne fau­dra pas longtemps pour qu’une plate-forme chi­noise vous pro­pose un abon­nement à la demande pour voir les (bons) pro­grammes his­toriques chi­nois un peu romancés ou des séries sen­ti­men­tales qui n’ont rien à envi­er (sur le plan lacry­mal) aux telen­ov­e­las du Brésil.

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