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Les bonnes affaires de Libération, après Patrick Drahi, Bruno Ledoux

11 novembre 2022

Temps de lecture : 2 minutes
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Les bonnes affaires de Libération, après Patrick Drahi, Bruno Ledoux

11 novembre 2022

Temps de lecture : 2 minutes

Libération, son profil libéral-libertaire, son atlantisme militant, ses pertes abyssales, ses riches mécènes qui le maintiennent à flot. D’un Édouard de Rothschild à un Patrick Drahi en passant par un Bruno Ledoux, les deux derniers y ayant trouvé peut-être quelques avantages fiscaux.

Drahi aide Libé mais y trouve un peu de réconfort fiscal

Nous résumons notre précé­dent arti­cle du 9 octo­bre 2022. En 2020, Drahi apporte Libéra­tion à un fonds de dota­tion, le FDPI. Il loge le fonds non pas dans SFR presse (société mod­este dédiée juste­ment à la presse) mais bizarrement dans SFR télé­coms. Pourquoi ? Les sommes apportées à un fonds de dota­tion sont déduites à hau­teur de 60% de l’impôt sur les sociétés jusqu’à 2M€ puis 40% au-delà. Mais avec un pla­fond de 0,5% du chiffre d’affaires. D’où l’utilité d’adosser le fonds à une très grosse société (les télé­coms) plutôt qu’à une petite (la presse). Plus joli encore, Drahi aurait pu aban­don­ner ses créances sur Libé ou céder ses parts pour un euro sym­bol­ique. Que nen­ni, en appor­tant suc­ces­sive­ment 55M€ pour effac­er les dettes puis 20M€ pour la tré­sorerie du fonds, au total 75M€, il pour­rait béné­fici­er d’un crédit d’impôt d’environ 30M€. Cha­peau l’artiste !

Ledoux est doux pour Ledoux

Remon­tons quelques années en arrière. En 2014, Libé est exsangue, aux abois, une fois de plus le dépôt de bilan est proche. Mir­a­cle, un financier prov­i­den­tiel venu de l’immobilier, Bruno Ledoux, apporte de la fraîche (source Le Monde). Ledoux était entré au cap­i­tal en 2011, avait pris la direc­tion du jour­nal en 2014 et reven­dra le tout à Altice/SFR de Drahi en 2016. L’aspect fis­cal con­cerne les années 2014 et suiv­antes et le ren­floue­ment (un de plus) de Libé par Ledoux et son asso­cié François Mou­lias. En jeu égale­ment, les con­di­tions peut-être étranges dans lesquelles une hold­ing per­son­nelle de Bruno Ledoux est sor­tie du cap­i­tal de Altice Media (société basée au Lux­em­bourg) de Patrick Drahi en 2016.

Un siège immobilier qui se balade

Au cœur de l’enquête, la revente du siège de Libéra­tion à un fonds immo­bili­er pour 80M€ (mazette !), inter­v­enue en 2022 et après moult péripéties. Les enquê­teurs s’intéressent à de mul­ti­ples va et vient entre la Suisse, Guer­ne­sey et le Lux­em­bourg. Des mou­ve­ments qui auraient per­mis de juteuses économies entre autres (mais pas seule­ment) sur les tax­es sur les biens immo­biliers détenus par des sociétés étrangères. Des don­nées trans­mis­es en févri­er 2022 par un groupe crim­inel opérant via une cyber­at­taque ont révélé que le siège lux­em­bour­geois d’Altice avait fait l’objet d’une perqui­si­tion en août 2022 en même temps que cer­taines sociétés de Ledoux et Mou­lias en France. Un mal­heur n’arrivant jamais seul, le statut fis­cal de Mon­sieur Drahi – en théorie demeu­rant à Zer­matt dans le can­ton du Valais – est remis en ques­tion par les autorités suiss­es qui le soupçon­nent de résider plutôt à Genève, un can­ton net­te­ment moins avan­tageux sur le plan fis­cal. Une illus­tra­tion du proverbe, char­ité bien ordon­née com­mence par soi-même, diront les philosophes…

Voir aus­si : Libéra­tion, infographie

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