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Le Point dévoile le côté obscur du Petit Journal

19 avril 2016

Temps de lecture : 2 minutes
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Le Point dévoile le côté obscur du Petit Journal

19 avril 2016

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Alors que le « Petit Journal », dans le collimateur de Vincent Bolloré, est sur la sellette, Le Point sort une enquête qui entend montrer le côté obscur de l’émission phare de Canal+.

Grand-messe de la bobosphère, l’émis­sion présen­tée par Yann Barthès ne serait pas aus­si « cool » qu’elle le laisse paraître. Tout d’abord, l’en­quête mon­tre com­ment Lau­rent Bon, le pro­duc­teur, et Yann Barthès, règ­nent en maîtres sur la machine avec « hyper­ven­tion­nisme » à la clé. « Tu dois servir la cause. C’est hyper­vertical comme fonc­tion­nement, presque une secte », con­fie une salariée de l’émission.

Ain­si, cer­tains s’in­sur­gent con­tre le « rythme haras­sant » de tra­vail et l’am­biance délétère qui règne au sein de la rédac­tion, con­fi­ant même par­tir au tra­vail avec « une boule au ven­tre » et con­stater un réel « fonc­tion­nement de cour ». Para­dox­al pour une émis­sion qui se veut pour­fend­euse de toute autorité. D’ailleurs, les employés de l’émis­sion sont triés sur le volet : ils doivent être jeunes, « sans cheveux blancs », explique même un témoin, afin d’être « mal­léables » à merci.

Con­cer­nant les con­tenus pro­duits par le « Petit Jour­nal », le con­stat n’est guère plus reluisant. Le Point cite les dernières manip’ orchestrées par Yann Barthès et son équipe. Tout d’abord, l’in­ter­view tron­quée de Marine Le Pen sur Radio Cana­da, où le pro­gramme de Canal+ n’avait retenu que les moments qui l’arrangeaient, au détri­ment de tous les autres.

Plus récem­ment, le « Petit Jour­nal » a présen­té un dis­cours de Jean-Luc Mélen­chon lors d’une man­i­fes­ta­tion du mou­ve­ment Nuit Debout, mon­té « comme s’il était un dic­ta­teur sous l’Occupation ». « Pour nous, c’est plus de l’ordre de la car­i­ca­ture que du jour­nal­isme, car ils trav­es­tis­sent la réal­ité », estime Éric Coquer­el, coor­di­na­teur du Front de Gauche.

Enfin, Le Point revient sur la manière dont avait été traité Philippe Verdier, l’ex-présen­ta­teur météo de France 2, licen­cié pour avoir écrit un livre jugé « cli­matoscep­tique » à quelques semaines de la COP21. « L’émission veut mon­tr­er les opéra­tions de com’, mais, quand on voit l’envers du décor, eux aus­si sont dans ces tra­vers-là. Il faudrait faire un Petit jour­nal du Petit Jour­nal… », fait remar­quer le prin­ci­pal intéressé, viré peu de temps après son pas­sage en milieu hos­tile face à Yann Barthès.

« Qu’a fait Le Petit Jour­nal sur les par­adis fis­caux ou les ban­ques, où les enjeux sont autrement plus impor­tants ? On joue les rebelles à peu de frais », glisse à son tour Luc Cha­tel, prési­dent du Con­seil nation­al des Répub­li­cains. En interne, on con­firme non seule­ment que les employés n’ont absol­u­ment pas leur mot à dire, que « la nuance n’est pas per­mise », mais surtout on dénonce une « scé­nar­i­sa­tion à l’ex­trême ». Au dia­ble l’ob­jec­tiv­ité, il faut s’en tenir à la ligne. Quitte à présen­ter Molen­beek, vivi­er du jihadisme en Bel­gique, sous un jour favor­able, comme les téléspec­ta­teurs ont pu le con­stater dernièrement.

Qu’im­porte. Au « Petit Jour­nal », un con­stat se con­firme de plus en plus : le réel n’a aucune influ­ence sur l’idéolo­gie qui règne au sein de la direc­tion. Il faut donc le mod­el­er, par­fois jusqu’au grotesque, sou­vent avec malhonnêteté.

Récem­ment, Vin­cent Bol­loré a demandé à Lau­rent Bon, pro­duc­teur exé­cu­tif, de réduire les coûts de l’émis­sion. Cer­tains mur­murent déjà que l’homme d’af­faires bre­ton envis­age de ne pas renou­vel­er le pro­gramme à la ren­trée. Pas sûr que le pub­lic ait grand chose à perdre…

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