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Le monde d’après, c’est Attali qui en « parle le mieux » sur BFMTV

7 mai 2020

Temps de lecture : 4 minutes
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Le monde d’après, c’est Attali qui en « parle le mieux » sur BFMTV

Soucieuse de donner la parole à des « personnes qui comptent » au sujet du déconfinement, BFMTV a longuement écouté Jacques Attali parler le 25 avril 2020. Une intervention qui mérite d’être regardée de près, mais aussi d’être mise en rapport avec l’un de ses articles publiés en 2009, à l’occasion d’un autre virus.

De l’intervention de Jacques Attali sur BFMTV le 25 avril 2020 ressor­tent de nom­breuses idées en vue du « monde d’après ». Ce n’est pas anodin : Jacques Attali a autre­fois indiqué avoir « fait » Macron, en lui con­fi­ant une mis­sion très impor­tante sous son égide, le trans­for­mant en l’un de ses prin­ci­paux col­lab­o­ra­teurs et lui présen­tant la jet-set, rampe de lance­ment vers le min­istère de l’économie puis vers l’Élysée, atteint grâce à ce même min­istère de l’économie. Il est invité en tant que prési­dent de « Pos­i­tive plan­et ».

Jacques a dit sur BFMTV

Ce qui compte ce n’est pas le décon­fine­ment mais ce qui vien­dra après : « on doit com­pren­dre que nous sommes à l’orée d’une crise extrême­ment grave (san­i­taire, économique, sociale, famine) si on ne fait rien. »

« Dans tous les domaines il ne faut pas atten­dre le retour du même ».

Le sujet : « L’ensemble du monde doit com­pren­dre qu’on ne retourn­era pas à la sit­u­a­tion antérieure » (…) Cela sup­pose de l’innovation, pourquoi se plain­dre de l’existence d’Amazon alors qu’on pour­rait le con­cur­rencer ? Il faut innover. »

« Pour innover, il faut deux choses : que tout le monde innove et que les gou­verne­ments déci­dent d’une mobil­i­sa­tion générale pour trans­former la société. On n’a pas encore pris con­science, je le dis de façon mod­este, que nous sommes au bord d’un précipice et que si on ne se mobilise pas tous, et en par­ti­c­uli­er l’État pour inciter à cette inno­va­tion, pour chang­er pour être prêts pour le monde qui vient qui sera com­plète­ment différent. »

« Il faut d’abord avoir un pro­jet de société, vous ne pou­vez pas mobilis­er les gens si vous n’avez pas un pro­jet. Et le pro­jet pour moi, c’est la mobil­i­sa­tion générale pour l’économie de la vie. »

Mais… de quoi parle Jacques a dit ?

« Savoir qu’on ne fera plus du tout pareil », « avoir un vrai pro­jet en ayant pris con­science que nous sommes devant des années extrême­ment dif­fi­ciles à l’échelle mon­di­ale mais aus­si des années qui peu­vent être extrême­ment pos­i­tives si on se mobilise autour des enjeux dont je viens de parler. »

« Si on reste à atten­dre que tout revi­enne comme avant on est morts. »

« Cela va être un fil­tre des peu­ples, des col­lec­tiv­ités, ceux qui vont rester assis en dis­ant j’attends, je veux rester dans ma sit­u­a­tion, qu’on me finance en atten­dant que tout revi­enne comme avant, ceux là sont perdus. »

« Il faut une vision longue : où est-ce qu’on va ? Dire la vérité : cela sera dif­fi­cile mais voilà où l’on va. Ce dont les peu­ples ont besoin c’est qu’on leur donne un pro­jet long car le monde d’avant c’est terminé. »

Cha­cun aura recon­nu une grande par­tie des mots et des élé­ments pronon­cés et mis en avant par Emmanuel Macron lors de ses dif­férentes allo­cu­tions, à com­mencer par la pre­mière. Il n’est pas anodin non plus d’entendre Jacques Attali expli­quer docte­ment « ce dont les peu­ples ont besoin » et ce qu’il faut « leur don­ner », sans jamais évo­quer l’idée que les peu­ples pour­raient con­serv­er un peu de libre arbi­tre. Il y a en out­re dans cette infan­til­i­sa­tion un rap­pel de la façon dont les Français ont l’impression d’être con­sid­érés par l’exécutif depuis le début de la pandémie.

Souvenirs, souvenirs… Jacques a dit le disait en 2009

Deux ans après avoir embauché Macron, Jacques Attali pub­li­ait un texte inti­t­ulé « Chang­er par pré­cau­tion », dans L’Express du 3 mai 2009. C’était alors l’épidémie de grippe A H1N1. À l’époque, Jacques expli­quait que :

L’humanité « n’évolue sig­ni­fica­tive­ment que quand elle a vrai­ment peur. »

Il annonçait la crise économique, sociale et san­i­taire qui devait en découler.

Expli­quait qu’en con­séquence la France con­sti­tu­ait des « réserves de médica­ments et de masques », point sur lequel quelque chose a dû se per­dre en cours de route.

Plus intéres­sant, l’article de Jacques Attali se ter­mi­nait ain­si : « Et, même si, comme il faut évidem­ment l’espérer, cette crise n’est pas très grave, il ne fau­dra pas oubli­er, comme pour la crise économique, d’en tir­er les leçons, pour qu’avant la prochaine, inévitable, on mette en place des mécan­ismes de préven­tion et de con­trôle et des proces­sus logis­tiques de dis­tri­b­u­tion équitable des médica­ments et de vac­cins. On devra pour cela met­tre en place une police mon­di­ale, un stock­age mon­di­al et donc une fis­cal­ité mon­di­ale. On en vien­dra alors, beau­coup plus vite que ne l’aurait per­mis la seule rai­son économique, à met­tre en place les bases d’un véri­ta­ble gou­verne­ment mon­di­al. C’est d’ailleurs par l’hôpital qu’à com­mencé en France au 17ème siè­cle la mise en place d’un véri­ta­ble État. »

Encore plus de con­trôle, plus d’organisation mon­di­ale, plus de peu­ples aux­quels on ne demande pas leur avis, et « un gou­verne­ment mon­di­al », avec « une police mon­di­ale », le tout com­mençant par la crise de l’hôpital. C’était en 2009, il y a 11 ans.

Il ne s’agit aucune­ment de se per­dre dans les arcanes dou­teux du com­plo­tisme mais l’on ne peut le nier : à lire Jacques Attali, à mesur­er son influ­ence lors de l’élection d’Emmanuel Macron, à écouter ce dernier pronon­cer les mots de Jacques a dit à la télévi­sion, on peut com­pren­dre que d’aucuns se posent des ques­tions… Mer­ci Jacques a dit.

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