L’élection de Sibyle Weil à la présidence de Radio France et l’éviction de Frédéric Schlesinger à la direction d’Europe 1 ont permis à Laurent Guimier de remplacer ce dernier et à Guy Lagache de prendre les rênes de Radio France.
L’élection de Sibyle Weil à la présidence de Radio France et l’éviction de Frédéric Schlesinger à la direction d’Europe 1 ont permis à Laurent Guimier de remplacer ce dernier et à Guy Lagache de prendre les rênes de Radio France.
Cela n’a pas traîné. Entre les six projets pour Radio France, le CSA a tranché par Sibyle Veil, directrice déléguée en charge des finances de Radio France depuis 2015, en tandem avec Laurent Guimier, actuel directeur des antennes. Le choix de la continuité ? Pas seulement. Car si Sibyle Veil est énarque et issue de la même promotion que Macron, il n’y a pas seulement la poulinière d’or de la caste politique qui les rapproche.
L’année 2018 est celle de la commémoration des 50 ans de 1968, moment fondateur de la société bobo libérale libertaire et de ses centres de pouvoir, dont le pouvoir médiatique. Radio France étant au cœur du dispositif idéologique de ce pouvoir, il n’est pas surprenant que ce soit « Mai 68 partout, décence nulle part ! »
Après Fabrice Fries nommé Président de l’AFP le 12 avril 2018, Sibyle Veil – qui n’est pas superstitieuse – est désignée par le CSA à la tête de Radio France le vendredi 13.
« Les fake news, ou fausses nouvelles, se diffusent 6 fois plus vite que les informations vérifiées et certifiées. Elles sévissent désormais dans tous les domaines : la politique, l’économie, l’Histoire, les sciences. Désinformation, manipulations, relativisme menacent aujourd’hui les acquis historiques de la connaissance. Il s’agit de faire en sorte que l’esprit critique profite à la connaissance. »
Le médiateur se fait souvent enseignant en « bons sentiments », dans l’air du temps. Une sorte de langue de coton, parfois involontairement comique, dont nous tirons quelques exemples des bulletins envoyés aux journalistes de Radio France les 2 et 16 février 2018.
Les jours passent et le siège de Delphine Ernotte à France Télévisions semble de plus en plus menacé. Ainsi, une vieille plainte de la CGC-Médias et de la CFDT contre le président du CSA Olivier Schrameck, pour abus d’autorité et trafic d’influence, a été ressortie des cartons et les policiers de l’OCLCIFF, l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, ont commencé à s’intéresser de près au CSA.
La chanteuse Cascada voulait évacuer le dancefloor, Radio France marche sur ses brisées en évacuant… Lyon. Depuis le 1er janvier 2018 les troupes de la station à Lyon ne se résument plus qu’à… un seul journaliste, également en charge du sport.
Il n’y aura finalement pas eu d’épreuve de force entre un CSA dont le patron Olivier Schrameck fait lui aussi face dès sa nomination à une crise de légitimité, aggravée par l’affaire de la chaîne Numéro 23, et Macron. Mathieu Gallet se voit révoqué de son mandat de président de Radio France à partir du 1er mars 2018.
“Macron est un facho”, car la réforme de l’audiovisuel public ne se déroule pas comme le souhaiteraient les journalistes de gauche. Et ils n’ont pas ou peu de contrôle dessus.
Le règne de Patrick Cohen sur la Matinale de France Inter s’affichait comme clairement idéologique. L’auditeur connaissait le discours qu’il trouverait en mettant ses oreillettes. L’Ojim le remarquait il y a peu, cet axe militant s’est encore accentué avec la nomination de Nicolas Demorand. La revue de presse caricaturale de Claude Askolovitch en est une sorte de symbole.
La continuité de l’État en France est toujours loin d’être acquise. L’État met France Télévisions au régime sec, et même très sec par rapport au contrat d’objectifs et de moyens (COM) que l’audiovisuel public avait signé pour la période 2016–2020. Ainsi, France Télévisions aura 29,8 millions d’€ de moins en 2018 par rapport à 2017 mais cela correspond à 47,8 millions d’€ de moins que ce qui était prévu.