Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Franceinfo : le Vrai du Faux décode à pleins tubes

28 septembre 2020

Temps de lecture : 4 minutes
Accueil | Veille médias | Franceinfo : le Vrai du Faux décode à pleins tubes

Franceinfo : le Vrai du Faux décode à pleins tubes

Les émissions de radio, de télévision ou les rubriques de médias ayant vocation à prétendument rétablir « la vérité » et lutter contre les fausses nouvelles se sont multipliées depuis plusieurs années, dans quasiment tous les médias. C’est le cas sur Franceinfo. Cependant, le vendredi 25 septembre 2020, la radio s’est livrée à un étonnant exercice d’équilibrisme (bancal).

La cel­lule d’investigation de Fran­ce­in­fo dédiée aux « fake news » s’appelle « Le Vrai du Faux ». Le 25 sep­tem­bre 2020, elle pose cette ques­tion éminem­ment poli­tique : « Les étrangers sont-ils sur­représen­tés en prison, comme l’af­fir­ment Mar­i­on Maréchal et Eric Ciot­ti ? ».

L’accroche : « L’an­ci­enne mem­bre du RN et le député LR des Alpes-Mar­itimes affir­ment qu’il y a une sur­représen­ta­tion des étrangers en prison par rap­port à leur pro­por­tion dans la pop­u­la­tion française. Les chiffres leur don­nent rai­son, mais il y a plusieurs expli­ca­tions à cela. »

Les faits

La ques­tion est posée suite à l’affirmation de Mar­i­on Maréchal le mar­di 15 sep­tem­bre sur BFMTV : « Il y a une sur­représen­ta­tion de l’immigration dans la délin­quance. Dans les pris­ons, vous avez par exem­ple 22% des pris­on­niers qui sont de nation­al­ité étrangère, quand ils sont cen­sés ne représen­ter que 6 % dans la pop­u­la­tion ». Le même jour, sur Cnews, Eric Ciot­ti dres­sait le même con­stat.

Et Fran­ce­in­fo le recon­naît : « Si leurs chiffres diver­gent légère­ment, tous deux dis­ent vrai sur le nom­bre d’étrangers dans les pris­ons français­es ».

C’est une pre­mière « sur­prise » : nor­male­ment, quand Le Vrai du Faux inter­roge des pro­pos pronon­cés par des per­son­nal­ités de droite, en par­ti­c­uli­er des per­son­nal­ités opposées aux poli­tiques sci­em­ment immi­gra­tionnistes menées en France, avec tous les drames qu’elles com­por­tent, l’attentat au hachoir de ce même 25 sep­tem­bre per­pétré à Paris par un pak­istanais le mon­tre mal­heureuse­ment une fois de plus, c’est pour en nier la réal­ité. Dans ce cas pré­cis, devant une évi­dence pour­tant refusée de longue date par tous les médias offi­ciels et les poli­tiques aux­quels ils sont reliés idéologique­ment, le « sys­tème », Fran­ce­in­fo ne peut que recon­naître un fait (ce qui con­stitue la base nor­male du jour­nal­isme) : les pris­ons français­es regor­gent d’étrangers qui ne devraient pas s’y trou­ver, les chiffres le démon­trent. Cette réal­ité est affir­mée depuis des années par toute la presse et toutes les per­son­nal­ités automa­tique­ment qual­i­fiées comme étant d’extrême-droite et soupçon­nées de déna­tur­er la réal­ité. L’évidence et la réal­ité, cela revient au galop à la façon d’un boomerang, aucun faiseur d’opinion ne peut y échap­per à terme. Pas plus Fran­ce­in­fo qu’un autre.

Fran­ce­in­fo le recon­naît donc : un quart des pris­on­niers des pris­ons français­es sont de nation­al­ité étrangère

Mais la radio ne le dit pas : libér­er les pris­ons de ces pris­on­niers libér­erait donc un quart des places. Cela évit­erait aus­si beau­coup de délin­quance puisque ces détenus devraient théorique­ment avoir voca­tion à retourn­er dans leur pays d’origine. La radio ne dit pas non plus que ces pris­on­niers, vu le nom­bre, ne devraient pas être en prison, un tel niveau de délin­quance et de crim­i­nal­ité étrangère sur le sol Français ne pou­vant sig­ni­fi­er qu’une chose : que les poli­tiques migra­toires favorisent la présence de ces indi­vidus. Les familles des jeunes tabassés à mort ou des femmes blanch­es vio­lées en France apprécieront.

Comment Franceinfo reconnaît-elle ce fait ?

Le min­istère de la jus­tice a pub­lié en avril 2020 des chiffres mon­trant que 23,5 % des détenus des pris­ons français­es sont des étrangers. Des indi­vidus n’ayant donc « pas la nation­al­ité française ». Mais ce qui est vrai… ne l’est pas vrai­ment en fait car l’objectif de Mar­i­on Maréchal serait d’établir un lien entre immi­gra­tion et délin­quance. Or, « des études soci­ologiques ne con­fir­ment pas ce raison­nement ». Pour appuy­er cet argu­ment, Fran­ce­in­fo utilise les travaux de la soci­o­logue de ser­vice selon laque­lle « pour un même délit com­mis par un étranger ou par un prévenu de nation­al­ité française, un étranger a trois fois plus de risques d’être placé en déten­tion pro­vi­soire et huit fois plus de risques d’être con­damné à de la prison ferme ». Selon l’universitaire citée, « la jus­tice chercherait surtout à éviter que des prévenus étrangers échap­pent à la jus­tice, par exem­ple en fuyant vers un autre pays ».

Quelques « oublis »

  • fuir vers un autre pays, ce serait donc ajouter un délit à un délit ;
  • Fran­ce­in­fo ne pose pas la ques­tion de la récidive : ne seraient-ils pas plutôt con­damnés pour cause de délin­quance récidi­viste et inces­sante ?
  • Le Vrai du Faux n’indique pas non plus le délit orig­inel et pre­mier : ces indi­vidus d’origine étrangère n’ont rien à faire en France et une cel­lule de cette sorte aurait pu indi­quer le % de détenus en sit­u­a­tion illé­gale.

Ce sont ces « oub­lis » qui per­me­t­tent au Vrai du Faux d’affirmer :

  • Que « à délit égal, les étrangers sont plus sévère­ment jugés », sans apporter aucune preuve véri­fiée de cette affir­ma­tion, sauf les travaux de cette seule soci­o­logue. On pour­rait aus­si inter­roger les Cap­i­taines de police des com­mis­sari­ats pour obtenir ain­si un instan­ta­né du réel.
  • Que « Eric Ciot­ti et Mar­i­on Maréchal ont donc rai­son de dire qu’il existe une sur­représen­ta­tion des étrangers en prison, mais impos­si­ble avec ce seul chiffre de faire un lien entre immi­gra­tion et insécu­rité ».

Émission de pure propagande

Ce n’est donc plus Le Vrai du Faux, dans ce cas pré­cis, mais une émis­sion con­sacrée à démon­ter les argu­ments de deux per­son­nal­ités poli­tiques com­bat­tues par la radio. Démon­ter leurs argu­ments pour démon­ter une réal­ité pour­tant incon­testable : un quart des détenus des pris­ons français­es n’ont rien à y faire puisqu’ils sont étrangers et s’ils n’ont rien à y faire c’est par qu’ils n’ont dans la plu­part des cas rien à faire en France. Il y a donc une manière de manip­uler la réal­ité qui appa­raît ici comme le nez au milieu de la fig­ure.

Cepen­dant, ce n’est pas le pire : la cel­lule de recherche de la vérité que pré­tend être cette émis­sion pou­vait pouss­er le bou­chon un peu plus loin. En s’intéressant par exem­ple non plus à la nation­al­ité mais aux orig­ines eth­niques des autres détenus, alors une réal­ité appa­raitrait au grand jour : l’immense majorité des détenus des pris­ons français­es, quand bien même en sa grande largesse la France leur aurait don­né la nation­al­ité, ne sont eth­nique­ment pas européens d’origine.

Le lien de la délin­quance et du crime avec l’immigration est une sim­ple évi­dence, un petit tour dans des pris­ons où ils ne met­tent pas les pieds per­me­t­trait aux « jour­nal­istes » de Fran­ce­in­fo de s’en ren­dre compte. Un lien que n’importe quel Cap­i­taine de police de n’importe quelle ville de province ou de ban­lieue de métro­pole (que l’on songe à Greno­ble) peut d’ailleurs con­firmer.

Procès Ramzi Khiroun contre Ojim/Claude Chollet : la première audience a eu lieu

La première audience s’est déroulée le 7 octobre 2020 au nouveau Palais de Justice de Paris devant la 17ème chambre qui suit les délits de presse. Notre avocat Maître Benoît Derieux a choisi de plaider la nullité pour vice de forme. Si l’avocat de la partie adverse était présent, Monsieur Ramzi Khiroun ne s’est pas présenté. Compte-rendu dans notre article du 12 octobre.

Derniers portraits ajoutés

Éric Brunet

PORTRAIT — Né en juil­let 1964 à Chi­non (Indre et Loire) d’un père ingénieur à EDF et d’une mère compt­able, Éric Brunet est un chroniqueur, ani­ma­teur radio et essay­iste français con­nu pour son engage­ment à droite et son sou­tien incon­di­tion­nel à Nico­las Sarkozy.

Salhia Brakhlia

PORTRAIT — Sal­hia Brakhlia a apporté, avec suc­cès, les méth­odes con­tro­ver­sées du Petit Jour­nal sur BFMTV. Le mélange détonne.

Caroline Monnot

PORTRAIT — Car­o­line Mon­not est une jour­nal­iste aimant se représen­ter sur les réseaux soci­aux avec une tête d’autruche, libre à cha­cun d’en faire sa pro­pre inter­pré­ta­tion. Elle tra­vaille au jour­nal Le Monde depuis 25 ans, chef adjointe du ser­vice poli­tique, elle se con­cen­tre prin­ci­pale­ment sur les rad­i­cal­ités poli­tiques.

Tristan Mendès France

PORTRAIT — Petit-fils de Pierre Mendès France et neveu de Frantz Fanon, l’homme pense marcher dans les pas du pre­mier, pas peu fier d’avoir hérité d’un cos­tume trop grand pour lui.

Taha Bouhafs

PORTRAIT — À la croisée des mou­ve­ments soci­aux et com­mu­nau­taires, le jeune Bouhafs mène habile­ment sa bar­que en rêvant de ses lende­mains qui chantent à lui, un soulève­ment des ban­lieues sous la ban­nière du crois­sant islamique. Et il ne recule ni devant les fake news éhon­tées, ni devant une vio­lence ver­bale peu com­mune sur les réseaux soci­aux.