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Franceinfo : de l’art de la minimisation du poids de l’islamisme à l’école

24 octobre 2020

Temps de lecture : 4 minutes
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Franceinfo : de l’art de la minimisation du poids de l’islamisme à l’école

Dans la masse des reportages diffusés sur Franceinfo depuis l’assassinat islamiste du professeur Samuel Paty le vendredi 16 octobre 2020 à proximité du collège où il travaillait, l’émission « le choix de franceinfo » donnait à entendre un reportage très prudent et peu « stigmatisant » le lundi 19 octobre 2020.

L’émission d’Alexis Morel pro­po­sait ce sujet : Con­tes­ta­tions d’en­seigne­ment : « Nous sommes con­fron­tés à une remise en ques­tion de la parole du pro­fesseur par rap­port aux réseaux soci­aux ». Le reportage explique « le désar­roi » de nom­breux enseignants face « aux réac­tions de cer­tains de leurs élèves sur des par­ties jugées sen­si­bles du programme ».

Les faits indiqués dans l’émission

  • Les enseignants « sont en pre­mière ligne face à des paroles par­fois choquantes, des con­tes­ta­tions d’enseignements voire à des atteintes à la laïcité ».
    Le pro­fesseur Samuel Paty a util­isé les car­i­ca­tures de Mahomet lors d’un de ses cours sur la lib­erté d’expression. Elles ne « sont pas en soi, noir sur blanc, dans le pro­gramme. En revanche, il s’agit d’un sup­port péd­a­gogique comme un autre, c’est-à-dire une base de tra­vail qui relève de la lib­erté péd­a­gogique des professeurs. »
  • Les « faits préoc­cu­pants » seraient minori­taires. Ce n’est pas tout à fait exact : les col­lèges sont le lieu des tabous. Les bons élèves atten­dent de pass­er à autre chose, les mau­vais béné­fi­cient de men­songes visant à leur faire croire qu’ils ne le sont pas tant que cela – mais ils le savent en réal­ité. Les racistes anti-blancs, supré­macistes noirs, islamistes et jeunes délin­quants, quant à eux, savent qu’il suf­fit de ne pas faire atten­tion à ce qui se dit à l’école, que le réel n’est plus dans les salles de classe.
  • Éton­nement ? Fran­ce­in­fo n’évoque pas l’islamisme et la reli­gion musul­mane au sujet des « faits préoc­cu­pants », pré­ten­du­ment « minori­taires » (en réal­ité, des cen­taines de faits ne remon­tent pas vers les autorités de l’éducation nationale par souci de « ne pas faire de vague », « éviter que cela dégénère avec des pop­u­la­tions eth­niques qui sont con­crète­ment menaçantes dans les étab­lisse­ments », selon un témoin que nous avons inter­rogé). Selon le min­istère il n’y aurait que 300 sig­nale­ments de con­tes­ta­tions en moyenne par an.
  • Ce qui est évo­qué dans l’émission ? Les con­tes­ta­tions « du géno­cide arménien » et l’écriture de « croix gam­mées sur une copie ».
  • Fran­ce­in­fo évite ain­si soigneuse­ment de par­ler d’islamisme et de « stig­ma­tis­er » les musul­mans. Le choix des mots min­imise : « Cer­taines par­ties du pro­gramme sont aus­si plus sen­si­bles car elles abor­dent des évène­ments liés à l’his­toire per­son­nelle des élèves. À un point tel que, par­fois, en fonc­tion du con­texte et de la classe, des enseignants anticipent et optent pour un sujet plutôt qu’un autre. « Nous devons étudi­er la décoloni­sa­tion et l’indépendance de nou­veaux États, explique Claude, pro­fesseur d’histoire-géo en lycée pro­fes­sion­nel. On doit étudi­er le cas de l’Inde et de l’Algérie et faire un focus, au choix, entre Gand­hi ou la Tou­s­saint Rouge, qui déclenche la guerre d’Algérie… »

Le souci : le génocide arménien ou les croix gammées

Ain­si, les sujets qui posent prob­lème sont le géno­cide arménien et les élèves, que l’on sup­pose tout de même peu nom­breux, enclins à dessin­er des croix gam­mées… L’apologie de la vio­lence islamiste ? Le refus des hom­mages aux presque 300 vic­times du ter­ror­isme musul­man en France ? L’antisémitisme musul­man quo­ti­di­en des « jeunes » des cités ? Alex­is Morel n’a pas… eu d’informations, semble-t-il.
Le choix de l’expression « vie per­son­nelle » est révéla­teur : à quoi est-il fait référence ?

Autres soucis ? « Des con­tes­ta­tions d’enseignements mais aus­si le refus d’aller à la piscine ou encore des bagar­res dans la cour pour des motifs religieux ». Refus de la piscine ? Pourquoi donc ? Bagar­res du fait de « reli­gions » ? Laque­lle ? L’auditeur n’en saura pas plus.

Le rôle du cours d’éducation morale et civique

Pour l’EMC, « Selon les pro­grammes, cet enseigne­ment, prévu de l’école pri­maire au lycée, a trois objec­tifs : appren­dre le respect d’autrui, con­stru­ire une cul­ture civique et acquérir et partager les valeurs de la République. C’est dans ce cadre qu’on y étudie donc des notions aus­si divers­es que la lib­erté d’expression, la laïc­ité, ou encore les dis­crim­i­na­tions. Générale­ment, les pro­fesseurs par­tent de sit­u­a­tions con­crètes pour faire réfléchir les élèves, les aider à con­stru­ire un juge­ment et à débattre. »
« Cet enseigne­ment moral et civique con­cen­tre des sujets sen­si­bles, portés donc en majorité par les pro­fesseurs d’histoire-géographie, qui sont con­fron­tés par­fois à des sit­u­a­tions déli­cates au cours de cet enseignement. »

La seule référence directe à l’islam con­cerne non pas le meurtre islamiste de Samuel Paty mais… l’affaire Mila, ado­les­cente men­acée de mort « pour avoir cri­tiqué l’islam », ceci étant écrit sans aucune mise en per­spec­tive ni dénon­ci­a­tion. Alex­is Morel cite sim­ple­ment une enseignante : « Ce qui vient d’abord chez les élèves, explique-t-elle, c’est de dire qu’elle l’a bien cher­ché. » Comme l’enseignant, à en croire cer­tains témoignages d’élèves du col­lège où enseignait Paty, et les vic­times des atten­tats islamistes en général, aux yeux de nom­bre de jeunes musul­mans issus de l’immigration ou ayant obtenu rapi­de­ment le statut de « réfugiés ».

La feuille de vigne du « vivre ensemble »

Comme tous les médias, dans la foulée du meurtre islamiste dra­ma­tique de Samuel Paty, Fran­ce­in­fo omet de pré­cis­er la fonc­tion essen­tielle du cours d’éducation morale et civique : for­mer les élèves au fameux « vivre ensem­ble », et cela passe depuis des années par une mul­ti­tude de rec­u­lades au prof­it des musul­mans instal­lés sur le ter­ri­toire français sans en respecter ni les règles ni les racines. Le « vivre ensem­ble », une idéolo­gie qui n’est pas inno­cente dans les meurtres islamistes que con­naît la France et qui est quo­ti­di­en­nement propagée par les médias bien-pen­sants. A quand une remise en cause de la part de ces médias ? Nous lais­sons la réponse à nos lecteurs.

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