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Le Monde contre un « père haineux »

7 novembre 2021

Temps de lecture : 3 minutes
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Le Monde contre un « père haineux »

7 novembre 2021

Le 17 octobre 2021, Le Monde titrait l’un de ses articles : « Au procès des attentats du 13-Novembre, la colère sans limite d’un père haineux »*. « Haineux », c’est par un tel qualificatif que la journaliste et essayiste Stéphanie Marteau s’est employée à décrire Patrick Jardin, père d’une fille assassinée au Bataclan le 13 novembre 2015. Dans l’esprit de Mme Marteau, la colère d’un homme à qui l’on a arraché son enfant se mue en haine au motif que celui-ci ne cesse, depuis le drame, de dénoncer la gangrène islamiste qui a permis un tel meurtre.

*devant le tol­lé, titre mod­i­fié par la suite en “Au procès des atten­tats du 13-Novem­bre, la colère sans lim­ite d’un père”

Une journaliste militante islamophile

Stéphanie Marteau, islam­ophile assumée, sem­ble être prête à toutes les dia­tribes lorsqu’il faut défendre la reli­gion « de paix et d’amour » qu’elle paraît affec­tion­ner. Dans une vidéo mise en ligne le 19 novem­bre 2015, quelques jours après les atroc­ités du Bat­a­clan, la jour­nal­iste témoigne sur le plateau d’i>Télé, face à Audrey Pul­var, de la « con­ster­na­tion » et des dif­fi­cultés psy­chologiques que ren­con­tre la famille de Samy Ami­mour, l’un des ter­ror­istes, et de leur évi­dente incré­dulité lorsqu’ils décou­vrirent que leur fils était passé à l’action.

De l’Islam aux banlieues de l’immigration

Com­plaisante, Stéphanie Marteau ne l’est pas qu’avec l’Islam mais, de manière plus générale, avec tout ce qui a trait au camp des « opprimés ». Ain­si, dans un arti­cle du Monde daté du 28 mai 2021, avec son con­frère Lau­rent Telo, la jour­nal­iste con­te aux lecteurs ses péré­gri­na­tions au sein de la proche ban­lieue parisi­enne, vers Évry, où des ban­des rivales se livrent depuis des années une guerre triv­iale (et trib­ale ?) faite d’affrontements et de bas­tons en règle. Dans son souci du descrip­tif, Mme Marteau s’emporte et laisse peu sub­tile­ment transparaître sa qua­si-admi­ra­tion pour la racaille et sa vio­lence : en par­lant d’Ibrahima, un jeune de quarti­er habitué à défon­cer le crâne d’autres jeunes à la barre de fer : « Il a un sourire mag­nifique et impi­toy­able. ». En décrivant Ryan, con­nu dans sa ville pour être un tabasseur : « Il a des mains qui pour­raient couch­er n’importe qui et un sourire qui pour­rait séduire tous les autres. »

Oumma quand tu nous tiens

Mais ce n’est pas tout. En 2010, Stéphanie Marteau co-écrit avec Sadej Hai­ji « Voy­age au cœur de la France musul­mane », ouvrage au sein duquel les deux auteurs met­tent en lumière l’Oumma française, la com­mu­nauté des musul­mans de l’hexagone. À la fin de l’ouvrage est notam­ment écrit « Aux côtés du catholi­cisme, du protes­tantisme et du judaïsme, l’Is­lam, offi­cielle­ment représen­té depuis 2002, devient une reli­gion française, en voie de sécu­lar­i­sa­tion ». C’est que Stéphanie tient pro­fondé­ment à ce que les Français acceptent l’islam, sinon l’islamisation de leur pays, au point – sans mau­vais jeu de mot – de se voil­er la face. Dans un entre­tien vidéo accordé à Oum­ma TV, cette dernière con­sid­ère que « les Français de souche s’entendent très bien avec les musul­mans », bien qu’elle déplore, tou­jours dans son livre, que « les réac­tions (suite aux atten­tats ter­ror­istes du début des années 2000) ont été les plus mar­quées, les plus pas­sion­nées et sou­vent les plus rad­i­cales dans la France « laïque » qui mon­tre ain­si, involon­taire­ment sans doute, l’im­age d’un con­ser­vatisme pro­fond. » Un « con­ser­vatisme pro­fond », sym­bole de l’expression d’un peu­ple qui refuse de mourir sous les balles d’intégristes ? Un « con­ser­vatisme pro­fond » qui, 10 ans plus tard, se change en « haine », la haine d’un Patrick Jardin qui en veut aux islamistes respon­s­ables de la mort de sa fille. Vis­i­ble­ment, Français de souche et musul­mans ne sem­blent pas s’entendre si bien que ça…

Les « chance pour la France »

Si l’on remonte plus avant, Mme Marteau a égale­ment pub­lié un livre inti­t­ulé « Black, blanc, beur… : La guerre civile aura-t-elle vrai­ment lieu ? » aux édi­tions Albin Michel en 2006. Dans cet ouvrage, coécrit avec Pas­cal Tournie, la jour­nal­iste  se lamen­tait, déjà, des dif­fi­cultés qu’éprouvaient les jeunes arabo-musul­mans à s’intégrer au sein de la société française. Décidé­ment, Stéphanie Marteau aura con­sacré une bonne par­tie de sa car­rière à faire accepter aux français « l’enrichissement » cul­turel extra-européen et musulman.

En défini­tive, la « haine » de M. Jardin con­damnée par Stéphanie Marteau dans l’article du Monde témoigne de l’incapacité dont souf­frent cer­tains jour­nal­istes à percevoir le réel. Non, Islam et cul­ture française et européenne ne font pas néces­saire­ment bon ménage et, oui, per­dre sa fille sous les balles de dji­hadistes immi­grés peut con­duire à des mots et des sen­ti­ments vir­u­lents envers la reli­gion qui les porte et les motive.

Geof­froy Antoine

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