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Fonds Google : le drôle de cru 2014

28 mars 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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Fonds Google : le drôle de cru 2014

28 mars 2015

Temps de lecture : 2 minutes

Depuis 2013, le géant californien de l’Internet Google subventionne les projets de la presse d’information politique et générale (IPG) au travers du Fonds pour l’Innovation Numérique de la Presse (FINP). Ce dernier prend en charge 60% du financement de projets réellement innovants. Une façon claire d’éviter les conflits avec les éditeurs, comme en Allemagne notamment. Google peut continuer ainsi à proposer le contenu des éditeurs français aux internautes, en récupérant au passage une bonne partie des annonceurs. Le second cru de cette distribution de quelque 20 millions d’euros par an, relève de surcroît quelques curiosités frappantes.

En pre­mier lieu, les groupes Figaro et Les Échos reçoivent à eux deux plus de 25% de la manne ver­sées en 2014, soit quelque 4,5 mil­lions d’eu­ros sur les 16 dis­tribués. Pour le pre­mier, l’en­veloppe a servi à pay­er le développe­ment du Big Data en interne (1,7 mil­lion d’eu­ros), mais aus­si une offre de con­tenu numérique “art de vivre” en man­darin, bap­tisée Si Xiang Bal (0,5 mil­lion d’eu­ros). Bien que réservé en principe à des pro­jets autour de l’in­for­ma­tion poli­tique et générale, Google finance donc une offre de con­tenu life style dans le cas présent. Dans les faits, Lefigaro.fr béné­fi­cie du label IPG quel que soit ses rubriques et ses onglets. Les Échos de leur côté se sont fait financer en 2014 une plate-forme d’an­nonces judi­ci­aires et légales (2 mil­lions d’eu­ros) et un site à des­ti­na­tion des étu­di­ants (0,5 mil­lion), Les Échos start. Le nou­veau ser­vice d’A­JL, qui a large­ment con­tribué au retour à l’équili­bre d’ex­ploita­tion du groupe Les Échos en 2014, vient con­cur­rencer les offres (sim­i­laires) de la presse pro­fes­sion­nelles (Le Moni­teur, etc). Or cette forme de presse ne béné­fi­cie pas, elle, du label IPG.

Au-delà de l’interprétation des critères, pour appartenir ou non à l’information politique et générale, la composition du conseil d’administration du FINP laisse songeur. Francis Morel, PDG des Échos, est le président (tournant) du FINP tandis que Marc Feuillée, son homologue du Figaro, est l’un des quatre représentants de la presse.

D’autres dossiers sub­ven­tion­nés en 2014 posent d’autres ques­tions, non pas déon­tologiques cette fois, mais quant à l’i­den­tité des béné­fi­ci­aires ou la des­ti­na­tion des fonds. Ain­si l’as­so­ci­a­tion Alter médias, qui pub­lie le site Bastamag.net, a reçu 105 000 euros “pour met­tre en place une nou­velle offre édi­to­ri­ale pour sus­citer le sou­tien financier des lecteurs”. Le fait que Bastamag.net, site écol­o­giste mar­qué à gauche, fustige à longueur de colonnes Google comme les autres multi­na­tionales, ne sem­ble gên­er aucun des deux “parte­naires”. Le cas de World­crunch est égale­ment curieux. La fil­iale française de ce site améri­cain d’a­gré­ga­tions d’in­for­ma­tions d’autres sup­ports n’a réal­isé en 2014 que 75 000 euros de chiffre d’af­faires, pour 238 000 euros de pertes. Elle a béné­fi­cié d’une enveloppe de 240 000 euros pour dévelop­per une nou­velle plate-forme aux objec­tifs confus.

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