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Féminisme : nouvelle offensive pour la parité dans les médias

9 mars 2016

Temps de lecture : 2 minutes
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Féminisme : nouvelle offensive pour la parité dans les médias

Considérant que la représentation des femmes dans les médias n’est pas encore bien assurée, le collectif féministe « Prenons la Une » est allé à la rencontre des patrons de presse et journalistes.

Le groupe a ain­si ren­con­tré Patrick Cohen (France Inter, France 5), Matthieu Crois­sandeau (L’Obs), Cécile Dehes­din (Buz­zfeed France), Del­phine Ernotte (France Télévi­sions), Johan Huf­nagel (Libéra­tion), Edwy Plenel (Medi­a­part), Audrey Pul­var (i>Télé), Élis­a­beth Quin (Arte), Car­o­line Roux (Europe 1, France 5) ou encore Marie-Chris­tine Saragosse (France Médias Monde). Pour ces fémin­istes, « la large majorité des experts sont des hommes et les femmes n’interviennent sou­vent que sur des sujets dits féminins : les enfants, la san­té… On leur a demandé ce qu’ils fai­saient pour amélior­er la sit­u­a­tion ».

Cette demande s’ap­puie sur une étude du Glob­al Media Mon­i­tor­ing Project (GMMP) qui mon­tre que 83 % des experts invités dans les médias sont des hommes. Aus­si, le baromètre Pressedd de la Par­ité a dévoilé que le nom­bre de femmes dont par­le la presse française est en baisse pour la deux­ième année con­séc­u­tive, avec seule­ment 151 femmes dans un classe­ment de 1 000 per­son­nal­ités.

Mal­gré la mise en place du « Guide des expertes » en 2015, un annu­aire gra­tu­it de femmes spé­cial­istes à des­ti­na­tion des jour­nal­istes, la sit­u­a­tion n’a sem­ble-t-il guère évolué, au grand dam des fémin­istes qui rejet­tent toute inter­ven­tion des femmes pour leur qual­ité… de femme. « Notre but, c’est de faire com­pren­dre qu’il existe aus­si des femmes avo­cates, uni­ver­si­taires, qui sont tout aus­si com­pé­tentes que les hommes. Il suf­fit d’un peu de volon­té pour les met­tre en lumière », explique Audrey Lebel.

La jour­nal­iste Car­o­line Roux tem­père toute­fois : « Pen­dant des années, on invi­tait des femmes, mais elles ne venaient pas. » Mais pour Mme Lebel, tou­jours dis­posée à faire porter le cha­peau aux vilains patrons mâles, « c’est surtout qu’on ne donne pas aux femmes la place d’être légitimes si on ne les entraîne pas suff­isam­ment, si on ne les invite pas régulière­ment. Cela engen­dre de nom­breuses prob­lé­ma­tiques : car s’il y a un manque de vis­i­bil­ité ou une mau­vaise vis­i­bil­ité, il n’existe pas de mod­èle féminin à qui se référ­er pour les petites filles. »

Autre prob­lème abor­dé : « Les postes les plus hauts sont prin­ci­pale­ment occupés par des hommes, même si ça tend à évoluer. » À par­tir du 8 mars 2016, le CSA inté­gr­era ain­si à son rap­port un volet « représen­ta­tion des femmes » pour con­train­dre les chaînes à « déclar­er com­bi­en il y a de femmes présen­ta­tri­ces, ani­ma­tri­ces, expertes, invitées sur leurs antennes, et com­ment elles jugent leurs pro­pres pro­grammes, est-ce qu’ils sont dénués de stéréo­types ou non, elles en déclar­ent un cer­tain nom­bre dénués de stéréo­types, et chaque année, il fau­dra qu’il y en ait plus », a expliqué Sylvie Pierre-Brosso­lette. Cela promet…

Dans son man­i­feste pub­lié à sa créa­tion, en 2014, l’as­so­ci­a­tion Prenons la Une écrivait : « Nous, femmes jour­nal­istes, ne sup­por­t­ons plus les clichés sex­istes qui s’étalent sur les unes. Pourquoi réduire encore si sou­vent les femmes à des objets sex­uels, des ménagères ou des hys­tériques ? Par ces déséquili­bres, les médias par­ticipent à la dif­fu­sion de stéréo­types sex­istes. » Le ton est don­né ; A la lim­ite de l’hystérie pour le coup.

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