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La revue Éléments fête ses 50 ans

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8 octobre 2023

Temps de lecture : 3 minutes
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La revue Éléments fête ses 50 ans

Temps de lecture : 3 minutes

Cinquante ans et toutes ses dents, les revues intellectuelles de cette longévité ne sont pas nombreuses. Esprit, fondée en 1932 par Emmanuel Mounier, a plus d’ancienneté mais n’est plus que l’ombre de l’ombre d’elle-même. Les Temps modernes, la revue de Sartre et Simone de Beauvoir, fondée en 1945 n’a pas survécu à la disparition de son dernier directeur Claude Lanzmann en 2018. Commentaire fondée en 1978 par Raymond Aron demeure confidentielle et n’est pas distribuée en kiosque. La Revue des deux mondes lancée en 1929 vogue vers son centenaire mais n’est que la danseuse de son nouveau propriétaire, Marc Ladreit de Lacharrière.

Du bulletin du Grece à la présence en kiosque

Élé­ments a démar­ré mod­este­ment comme bul­letin interne du Grece le Groupe de recherch­es et d’études pour la civil­i­sa­tion européenne entre 1968 et 1973 (21 numéros). C’est en sep­tem­bre 1973 que la revue devient un organe d’information grand pub­lic sous l’impulsion de Jean-Claude Val­la (dis­paru en 2007) et de Michel Marmin.

Le jour­nal – out­re les édi­to­ri­aux d’Alain de Benoist signés Robert de Herte — accueille alors les sig­na­tures de Jean Ros­tand, Pierre Fres­nay, Jean Cau et bien d’autres. 1980 voit naître la dif­fu­sion en kiosque avec Pierre Vial, c’est l’époque « Nou­velle droite » où l’on retrou­ve les arti­cles de Guil­laume Faye. La péri­ode 1987/2000 est moins favor­able, la revue quitte par­fois les kiosques, paraît spo­radique­ment. C’est en 2009 qu’une nou­velle équipe, avec entre autres François Bous­quet et Pas­cal Eysser­ic, reprend la revue, établit la paru­tion sous forme bimestrielle (6 numéros par an plus des hors- série) avec une pag­i­na­tion copieuse qui dépasse les cent dix pages et tou­jours sans sub­ven­tion ni publicité.

Une capacité transverse

Michel d’Urance qui fut rédac­teur en chef de 2006 à 2008 par­le d’une « édi­to­ri­al­ité dis­si­dente » comme d’une extra-ter­ri­to­ri­al­ité des idées et d’un « pré­cip­ité de rébel­lion vitale et de non-con­formisme sta­tis­tique ». Une lec­ture qui ne peut que rebuter les lecteurs mil­i­tants et attir­er les esprits curieux.

Et il y a de la matière dans ce numéro anniver­saire. De la mise au point de l’historien Jean-Marc Berlière sur le déli­cat sujet Vichy a‑t-il pro­tégé les juifs français ? en pas­sant par les aven­tures duel­listes et africaines de Bernard Lugan, une expli­ca­tion (enfin !) de l’attirance des hétéro­sex­uels pour les les­bi­ennes ou une approche de l’humour chez le rat et un éclairage du poli­to­logue Mar­co Tarchi sur les ambiguïtés de la poli­tique de Geor­gia Mel­oni, il y en a pour les curieux.

Sans par­ler d’un inédit de Julien Fre­und, d’une cri­tique pos­i­tive du nation­al­isme corse, de la géopoli­tique du com­mu­nau­tarisme au Lev­ant, du mar­ket­ing de la dis­si­dence ou des onze dates qui ont changé le monde, de moins 3000 (la domes­ti­ca­tion du cheval) à 1976 (le regroupe­ment famil­ial, prélude au grand remplacement).

Les ama­teurs de lit­téra­ture pour­ront se réjouir avec « Jean Dutourd, immor­tel Français » et les amoureux de Char­lotte Ram­pling et de Jane Birkin (nous préférons la pre­mière) en savoir plus sur ces « Jumelles con­traires ». Un numéro copieux, riche, trop riche diront cer­tains, mais comme dis­ait ma grand-mère mieux vaut faire envie que pitié. Bon anniversaire !