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Élections européennes : quand les médias et l’Union européenne font campagne

2 mai 2019

Temps de lecture : 4 minutes
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Élections européennes : quand les médias et l’Union européenne font campagne

Les élections européennes approchent à grand pas. Alors que les candidats font campagne, plusieurs médias véhiculent plus ou moins discrètement des opinions en faveur des institutions européennes et du camp « progressiste ». L’Union européenne ne ménage également pas ses efforts pour faire son auto promotion auprès de l’opinion publique. Dans de nombreux médias, l’information prend souvent la forme de chasse aux « fausses informations », au risque de tourner à l’obsession et au ridicule.

France Info : ce n’est pas la faute à l’Europe !

Sur le site de la radio publique, l’émission « C’est la faute à l’Europe » est présen­tée comme s’employant « à pro­pos­er plusieurs points de vue sur l’ac­tu­al­ité ». L’émission est ani­mée par Yann Antony Noghès, accom­pa­g­né par ses « chroniqueurs » Kat­tal­in Land­abu­ru (France 24) et Jean Qua­tremer (Libéra­tion). Chaque semaine, un invité poli­tique est inter­rogé sur dif­férentes sujets con­cer­nant l’Europe. L’objectif affiché de tra­quer les fake news aboutit sou­vent à une cri­tique en règle des « pop­ulistes ». Une rubrique « Info infox » est con­sacrée à débus­quer les « fauss­es infor­ma­tions ».

Les jour­nal­istes qui ani­ment l’émission con­nais­sent bien les insti­tu­tions européennes : Yann Antony Noghès a tra­vail­lé 5 ans à la direc­tion de l’information du par­lement européen à Brux­elles. Kat­tal­in Land­abu­ru a quant à elle réal­isé en 2010 un doc­u­men­taire sur le 10e anniver­saire de l’euro, financé par l’union européenne. Elle a reçu en 2013 le prix de l’initiative européenne. Rien d’étonnant alors qu’une petite musique lanci­nante pro-insti­tu­tions européennes se fasse enten­dre dans toutes les émis­sions. Le jour­nal­iste de Libéra­tion Jean Qua­tremer est cen­sé représen­ter une cer­taine plu­ral­ité de points de vue. Il est vrai qu’il est cri­tique sur le rôle de l’Allemagne au sein de l’Union européenne. Pas au point de vouloir « ren­vers­er la table », ras­surez-vous. Il n’en oublie pas de fustiger, comme récem­ment dans Les Échos, les « par­tis dém­a­gogues ». Inutile de les nom­mer…

Si l’on avait un doute sur le par­ti-pris de « C’est la faute à l’Europe ! », Kat­tal­in Land­abu­ru nous l’a enlevé le 16 avril. Dès le début de l’émission avec pour invité Nico­las Dupont-Aig­nan, le décor est plan­té : Kat­tal­in Land­abu­ru se réjouit que NDA soit venu débat­tre avec des « europhiles con­va­in­cus ». Trois jour­nal­istes « pro­gres­sistes » face à un « pop­uliste », vous êtes sur le ser­vice pub­lic de radio-télévi­sion.

Sud-Ouest : défense et illustration des institutions européennes

Un parte­nar­i­at a été noué entre l’émission de France Info « C’est la faute à l’Europe ! » et le jour­nal Sud-Ouest. On peut le percevoir dans l’orientation de cer­tains arti­cles du quo­ti­di­en région­al : de la défense de la con­tri­bu­tion de la France au bud­get européen à l’impact – qui serait nul — du pas­sage à l’euro sur l’augmentation des prix, en pas­sant par la cri­tique en règle du livre de Philippe de Vil­liers sur la con­struc­tion européenne par un « spé­cial­iste de l’Europe », l’orientation pro-insti­tu­tions européennes est affichée. Comme pour « C’est la faute à l’Europe ! », la défense et l’illustration des insti­tu­tions européennes est réal­isée avec un ver­nis d’objectivité et de péd­a­gogie.

L’Union européenne à la conquête de l’opinion publique

L’Union européenne n’est pas avare en efforts pour pop­u­laris­er sa cause : Le jour­nal l’Indépendant nous informe le 4 avril que la représen­ta­tion en France de la Com­mis­sion européenne a décidé de lancer un nou­veau site inter­net « les décodeurs de l’Europe ». Les argu­men­taires recoupent par­fois ceux de France Info, sur le pas­sage à l’euro, la con­tri­bu­tion de la France au bud­get européen, etc.

Le site « Toute l’Europe », cofi­nancé par des sub­ven­tions publiques et des dons privés, a pour ambi­tion de nous faire « tout com­pren­dre »  sur les insti­tu­tions européennes et leurs enjeux. Bien posi­tion­nés dans les résul­tats des moteurs de recherche, plusieurs arti­cles met­tent en avant les réal­i­sa­tions de l’Union européenne, en matière de qual­ité de l’air, de droit social, etc. On trou­ve sur le site une rubrique de lutte con­tre les « fauss­es infor­ma­tions » : « La vérif de toute l’Europe ». Dans un arti­cle con­sacré au pre­mier min­istre hon­grois Vik­tor Orban, on apprend que l’Europe ne vit pas de crise migra­toire et que l’Union Européenne ne veut pas affaib­lir le droit des états mem­bres à défendre leurs fron­tières… Cha­cun appréciera….

Arte : manipulation de l’image, stigmatisation et intox

À l’occasion de l’élection des députés européens, la chaine publique fran­co-alle­mande s’est mise à la chas­se aux idées reçues. Elle entend démon­ter en douze reportages les préjugés con­tre l’Union européenne. Une vidéo con­cerne les par­tis pop­ulistes. Elle est illus­trée notam­ment par des images de black angels. Les par­tis pop­ulistes sont qual­i­fiés de mou­ve­ments d’extrême droite « racistes et nation­al­istes ». Pour con­tr­er l’argument selon lequel « l’Europe est envahie par les migrants », la jour­nal­iste nous assène dans un reportage qu’en 2018, seuls 43 000 migrants sont arrivés en Europe. Fla­grant délit de men­songe, quand on sait que rien qu’en France, pas moins de 123 000 migrants ont été déposé une demande d’asile l’année dernière… Fastcheckeu : plus c’est gros, plus ça passe

Tou­jours en vue des prochaines échéances élec­torales en Europe, 19 médias européens se sont asso­ciés au sein d’un réseau inter­na­tion­al de véri­fi­ca­tion des faits (fact-check­ing) : Fastcheckeu. En France, 20 min­utes, l’AFP, Libéra­tion et Le Monde par­ticipent à la mutu­al­i­sa­tion de ces « infor­ma­tions ». La con­sul­ta­tion de dif­férents faits pré­ten­du­ment véri­fiés amène à un con­stat de plus en plus fréquent dans les médias de grand chemin : sous cou­vert de véri­fi­ca­tions de faits, ce sont des affir­ma­tions abra­cadabran­tesques sor­ties d’on ne sait où qui ser­vent de pré­texte pour détourn­er l’attention de l’opinion publique. En témoigne le factcheck­ing sur le pré­ten­du mari du pre­mier min­istre lux­em­bour­geois, sur une attaque con­tre un véhicule de police par des soit-dis­ant musul­mans, alors que la scène se passe en Algérie, etc.

On retrou­ve là une illus­tra­tion de la tech­nique de la dou­ble fenêtre. Pen­dant que l’attention du lecteur est focal­isée sur des bobards grossiers, des ques­tions aus­si impor­tantes que le chô­mage, l’immigration, l’islamisation du con­ti­nent européen, les fron­tières pas­soires, les échanges com­mer­ci­aux déséquili­brés, etc. ne sont pas traitées.

À l’approche du 26 mai, date de l’élection des députés européens, une cer­taine frénésie sem­ble s’emparer de plusieurs médias de grand chemin et de bureau­crates européens. À force d’utiliser des ficelles de plus en plus gross­es, les vérifi­ca­teurs de « fake news » et autres vérifi­ca­teurs de faits, obnu­bilés par la mon­tée des par­tis pop­ulistes, sont en passe de per­dre toute crédi­bil­ité.

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