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Pub­lié le 31 octobre 2018 | Éti­quettes : , ,

Digital ad Trust : quand les publicitaires désignent les bons et les mauvais médias

Dans la forêt des initiatives plus ou moins étatiques pour contrer l’oligopole des GAFAM se détache, à grands renforts de communication, le label « Digital ad trust ». Il est censé « valoriser les sites web qui s’engagent dans des pratiques publicitaires responsables et qualitatives : optimisées pour les annonceurs et respectueuses des internautes ». Mais, en réalité, il s’agit encore d’une nouvelle tentative de faire mousser des médias mainstream en perte de vitesse, cette fois par les publicitaires, « privés » donc soi-disant indépendants.

Capitalisme de connivence

Une bonne définition : le mélange du capitalisme de connivence et de la propagande appliquée à la pub dans les médias. Le label Digital ad trust est censé « réguler le nombre d’objets publicitaires », « assurer aux marques la brand safety […] sécurité et qualité des environnements dans lesquels elles apparaissent » ou encore « lutter contre la fraude ». En réalité, le label n’est pas si indépendant que cela : il a été créé par l'Union des annonceurs (UDA), l’Interactive & Advertising Bureau (IAB France) et l’autorité de la régulation professionnelle de la publicité (ARPP) dans le but en apparence louable de « contrer les GAFA ». Près de 69 sites sont déjà labellisés et ils devraient être 100 d’ici la fin de l’année.

Petits labels entre copains

Parmi les sites labellisés, pas de média indépendant. En revanche on y trouve de nombreux médias mainstream, comme les sites des médias du groupe Centre France la Montagne (La Montagne, Le Populaire du centre, la République du centre, le Berry républicain, l’Yonne républicaine, l’Echo républicain, le journal du centre, l’Eveil de la Haute-Loire), ceux du groupe EBRA filiale du Crédit Mutuel (Le Progrès, le Dauphiné, Le journal de Saône et Loire, l’Est Républicain, les DNA, l’Alsace, Vosges Matin), le Groupe Rossel (L'Union, Le Courrier Picard, le journal militant anti-FN Nord littoral, La Voix du Nord), le groupe Nice-Matin (Monaco matin, Var-Matin, Nice-Matin), le groupe Sud-Ouest (Sud-Ouest, La Charente Libre), le groupe la Dépêche (Midi Libre, L’Indépendant, La Dépêche…) et encore d’autres médias mainstream comme 20 Minutes, Le Parisien, Le Télégramme, Les Échos , Libération, Ouest-France, Le Figaro, Closer, Grazia, Francetv, Courrier International etc.

Sans oublier le digital des amis

Ainsi que pour faire bonne mesure, les médias digitaux 01net – filiale du groupe Altice – et Boursorama, qui dépend lui de la Société Générale, ou encore le site de replay MyTF1 (groupe Bouygues) ou le site de replay 6Play (groupe M6 donc RTL Group, dont l’allemand Bertelsmann). Quant à l’entreprise de publicité globale Teads, elle a flairé le filon en lançant une offre pour les annonceurs sur les 50 plus gros sites labellisés Digital ad trust. Si après ça les affaires publicitaires dans la presse mainstream sont toujours en panne…

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