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Déconfiture de Presstalis, les éditeurs indépendants de la SAEP se rebiffent !

26 avril 2020

Temps de lecture : 3 minutes
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Déconfiture de Presstalis, les éditeurs indépendants de la SAEP se rebiffent !

Alors que Presstalis est en cessation de paiement, la conciliatrice proposerait aux éditeurs de magazine de transférer les possibles indemnités versées par l’État à un « Presstalis » bis dont ils ne pourraient sortir pendant six ans… à la fureur de ces éditeurs. Nous reproduisons le communiqué de leur association, le Syndicat de l’Association des Éditeurs de Presse (SAEP).

Le SAEP saisit l’Autorité de la Concurrence : les éditeurs indépendants refusent de couler avec Presstalis

Le SAEP a saisi, ce jour, l’Autorité de la Con­cur­rence afin de faire con­stater que les modal­ités du plan de restruc­tura­tion envis­agé par la con­cil­i­atrice de la mes­sagerie, Maître Hélène Bour­bouloux, sont con­traires aux règles de la con­cur­rence et la lib­erté du com­merce.

En effet, Maître Bour­bouloux fait des propo­si­tions abu­sives aux édi­teurs pris au piège du dépôt de bilan de Presstal­is :

  1. Maître Bour­bouloux demande d’abord aux édi­teurs de s’asseoir défini­tive­ment sur l’argent que leur doit Presstal­is alors même que l’État, par la voix du Min­istre de la Cul­ture, s’est engagé à dédom­mager inté­grale­ment et sans con­di­tion les dif­fuseurs de presse.
    Rap­pelons qu’une telle dis­crim­i­na­tion entre les créanciers chi­rographaires, d’une société en ces­sa­tion de paiement, est illé­gale et qu’il est de principe que tous les créanciers placés au même rang doivent être indem­nisés de manière égal­i­taire.
    Ain­si si l’État indem­nise les dif­fuseurs sans con­trepar­tie, il n’a pas d’autre choix que d’indemniser les édi­teurs selon les mêmes modal­ités.
  2. Maître Bour­bouloux exige ensuite que les édi­teurs de Presstal­is s’engagent à con­fi­er leurs pub­li­ca­tions à un « nou­veau Presstal­is » pen­dant six ans.

Vous avez aimé le chaos de ces six derniers mois ? Vous allez ador­er le chaos des six prochaines années.
Ce gel des trans­ferts sur six ans est bien enten­du illicite dans la mesure où la réforme de la loi de la dis­tri­b­u­tion de la presse a prévu qu’un tel gel ne pou­vait excéder six mois renou­ve­lables.

Con­damn­er les édi­teurs de Presstal­is à un gel des trans­ferts de six années est un détourne­ment de la procé­dure de l’ARCEP et un abus de pou­voir.

Pour couron­ner le tout, Maître Bour­bouloux ne dis­pose d’aucun pou­voir de négo­ci­a­tion car la con­cil­i­atrice va se trou­ver immé­di­ate­ment des­saisie de l’affaire Presstal­is à l’instant où le Tri­bunal de Com­merce de Paris va pronon­cer la mise en redresse­ment judi­ci­aire de la mes­sagerie.

Abu­sant d’une posi­tion qu’elle exerce sans droit, Maître Bour­bouloux pro­pose aux édi­teurs de Presstal­is de les rem­bours­er de la créance qu’ils per­dent dans la décon­fi­ture de la mes­sagerie, en con­traig­nant ces mêmes édi­teurs, en con­trepar­tie du rem­bourse­ment de l’argent qui leur est dû par Presstal­is, à redonner immé­di­ate­ment ce même argent à un « nou­veau Presstal­is » tout en exigeant que les édi­teurs en ques­tion s’engagent à rester chez ce « nou­veau Presstal­is » pen­dant six ans.

Maître Bour­bouloux sem­ble ain­si maîtris­er par­faite­ment l’art du bon­neteau.

 Car quel est bel et bien l’objectif de cette arnaque ?

Que les édi­teurs de mag­a­zines paient et paient encore pour que les édi­teurs de quo­ti­di­ens se gavent sur le « nou­veau Presstal­is » pen­dant les deux ou trois années qui leur sont néces­saires pour aban­don­ner défini­tive­ment la dif­fu­sion au numéro de leurs pub­li­ca­tions.

 En clair, Maître Bour­bouloux emprunte leur Rolex aux édi­teurs de mag­a­zines pour leur don­ner l’heure et leur ren­dra dans six ans quand les édi­teurs de quo­ti­di­ens auront saigné le « nou­veau Presstal­is » et se seront réfugiés der­rière le con­fort des pay­walls de leurs sites Inter­net.

Les édi­teurs de mag­a­zines, en bonne mules bien dociles, paieront alors pour une nou­velle liq­ui­da­tion d’une insti­tu­tion dev­enue inutile aux heureux pro­prié­taires des quo­ti­di­ens.

Face à cette manœu­vre, le SAEP a saisi l’autorité de la con­cur­rence afin que les édi­teurs de mag­a­zines soient resti­tués dans leurs droits et soient libres de choisir les parte­naires de dis­tri­b­u­tion qu’ils jugeront com­pé­tents et solv­ables pour main­tenant et pour l’avenir.

Par ailleurs, le SAEP exige que l’État assume ses respon­s­abil­ités et rem­bourse les édi­teurs de la total­ité des créances qui leur sont dues par Presstal­is.

 En effet, l’État et l’État seul est respon­s­able de la sit­u­a­tion actuelle.

 En Mars 2018, c’est l’État, à tra­vers le CIRI, qui a organ­isé un plan de redresse­ment abra­cadabran­tesque de Presstal­is qui n’avait, de l’avis de tous, aucune chance de se rétablir. Il suf­fit de lire le rap­port Rameix pour com­pren­dre que le main­tien arti­fi­ciel de Presstal­is in bonis n’avait pour but que de fournir le délai néces­saire aux groupes Lagardère et Berlus­coni pour se débar­rass­er, en urgence et à vil prix, de leurs activ­ités de presse en France.

Dès ces opéra­tions réal­isées, l’ARCEP est entrée en scène en organ­isant le gel des trans­ferts, prenant au piège les édi­teurs qui avaient com­pris que le redresse­ment judi­ci­aire était inéluctable.

L’État est donc pleine­ment respon­s­able des pertes que vont subir les édi­teurs.

L’État doit assumer et l’État doit pay­er l’argent dû aux édi­teurs sans con­di­tion tout comme il s’est engagé à pay­er l’argent dû aux dif­fuseurs sans con­di­tion.

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