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David Petraeus – ex-chef de la CIA, nouveau magnat des médias en Europe de l’Est. L’enquête complète

4 mars 2018

Temps de lecture : 16 minutes
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David Petraeus – ex-chef de la CIA, nouveau magnat des médias en Europe de l’Est. L’enquête complète

Cette enquête a été réalisée dans les Balkans dans le dernier trimestre 2017. Cette investigation, exclusivité de l’Observatoire du journalisme, a été financée par nos lecteurs.

La carrière fulgurante de David Petraeus, tour à tour commandant en chef des forces internationales en Irak et Afghanistan, directeur de la CIA, dirigeant du géant financier KKR et magnat des médias, incarne une nouvelle forme de pouvoir militaire-sécuritaire-financier-médiatique.

Une car­rière qui sem­blait pour­tant con­naître une fin abrupte quand un scan­dale à car­ac­tère sex­uel avait con­traint Petraeus à démis­sion­ner de la CIA en 2012. Adultère aggravé par le fait que le général qua­tre étoiles avait men­ti pen­dant l’enquête, et surtout, qu’il avait fait fuiter des secrets d’État à sa maîtresse. Il sera con­damné à deux ans de prison avec sur­sis et à 100.000 dol­lars d’amende – une bagatelle en com­para­i­son avec des cas sim­i­laires, dont celui d’Edward Snow­den, qui affirme avoir divul­gué des infor­ma­tions beau­coup moins con­fi­den­tielles.

Petraeus s’en remet­tra. Six mois après le scan­dale, il sera recruté par le fonds d’investissement mastodonte Kohlberg, Kravis, Roberts & Co. L. P. (KKR) pour diriger son Glob­al Insti­tute nou­velle­ment fondé.

Les Barbares de Wall Street

Dans les années 70 et 80, KKR était le pio­nnier du LBO, ou “opéra­tion d’acquisition par effet de levi­er” – c’est-à-dire par dette mas­sive. L’inventeur du con­cept, Jerome Kohlberg, bien­tôt inquiété par une avid­ité écras­ante qui imprègne la vie des affaires, quit­tera le fonds qu’il avait créé, en ne lais­sant que son K à la tête du sigle. Après son départ, c’est le deux­ième K, Hen­ry Kravis, qui fera explos­er les LBO  méri­tant à KKR le surnom peu flat­teur de « Bar­bares de Wall Street » (le best-sell­er et le film “Bar­bar­ians at the Gate” sont dédiés à leur LBO his­torique sur RJR Nabis­co). Ils res­teront les cham­pi­ons de cette méth­ode, bien qu’elle aboutisse sou­vent au dépèce­ment, voire à la fail­lite des entre­pris­es rachetées, comme ce fut le cas de leur autre LBO his­torique : Ener­gy Future Hold­ings. La même méth­ode est aujourd’hui pra­tiquée par Patrick Drahi qui a bâti son empire médi­a­tique sur une dette colos­sale.

Fin 2016, la can­di­da­ture de Petraeus a été envis­agée par Don­ald Trump au poste de chef de la diplo­matie améri­caine, mais il restera chez KKR, désor­mais en tant parte­naire. Kravis et Petraeus sont aus­si mem­bres du Coun­cil on For­eign Rela­tions et par­tic­i­pants réguliers aux réu­nions de Bilder­berg. Kravis était classé 38e sur la liste des Juifs les plus rich­es du Jerusalem Post.

L’invasion commence

Dès son pas­sage dans le monde d’affaires, l’ex-fonctionnaire fait ses preuves en éten­dant le porte­feuille déjà impres­sion­nant de KKR. En 2013, le fonds fait son pre­mier investisse­ment direct dans la région de l’Europe cen­trale et de l’Europe de l’Est en rachetant Unit­ed Group (SBB/Telemach) pour une somme jamais divul­guée mais estimée supérieure à un mil­liard d’euros. Unit­ed Group réu­nis­sait les prin­ci­paux opéra­teurs du câble, du satel­lite et d’internet dans l’ex-Yougoslavie avec presque deux mil­lions abon­nés :

  • SBB (Ser­bia Broad­band) – le plus grand câblo-opéra­teur et four­nisseur d’accès à inter­net en Ser­bie avec 700.000 abon­nés ;
  • Telemach – le prin­ci­pal câblo-opéra­teur et four­nisseur d’accès à inter­net en Slovénie et Bosnie-Herzé­govine ;
  • Total TV – le pre­mier réseau de télévi­sion par satel­lite en Ser­bie, présent dans les six pays de l’ex Yougoslavie ;
  • NetTV Plus – le prin­ci­pal four­nisseur de ser­vices de télé­com­mu­ni­ca­tions sur Inter­net ;
  • Unit­ed Media – les chaines de télévi­sion Sport klub, Cin­e­ma­nia, Ultra, Mini ultra, Lov i ribolov ;
  • CAS Media – la plus grande agence d’achat d’espaces pub­lic­i­taires pour la télévi­sion du câble et du satel­lite.

L’année suiv­ante en 2014, KKR affer­mit son emprise. Via Unit­ed Group, il achète le géant du diver­tisse­ment « tur­bo-folk » Grand Pro­duc­tion et acquiert la par­tic­i­pa­tion de con­trôle du câblo-opéra­teur mon­téné­grin BBM. Il devient copro­prié­taire du 1er site d’information en Ser­bie Blic.rs en rachetant 49% de Ringi­er Dig­i­tal SA, la fil­iale numérique du groupe de presse suisse.

Finale­ment, KKR lance sa pro­pre chaine de télévi­sion régionale, N1 TV, parte­naire exclusif de CNN, avec stu­dios à Bel­grade, Zagreb et Sara­je­vo. Par cette opéra­tion con­tro­ver­sée, Unit­ed Group réu­nit la dis­tri­b­u­tion comme la pro­duc­tion de con­tenu.

En 2015, le groupe crée un autre précé­dent avec la pre­mière acqui­si­tion d’un réseau mobile – Tuš­mo­bil slovène – par un opéra­teur du câble. En 2017, il rachète les activ­ités de Cen­tral Euro­pean Media Enter­pris­es (CME) en Croat­ie et Slovénie, par­mi lesquelles TV Nova, la chaine la plus regardée des Croates, dont le jour­nal du soir réalise les meilleures audi­ences du pays ; ain­si que POP TV dont le jour­nal 24ur est le prin­ci­pal pro­gramme d’in­for­ma­tion slovène. Pen­dant ce temps, Unit­ed Group con­tin­ue d’élargir ses activ­ités à la télé­phonie fixe et mobile et d’ab­sorber ses con­cur­rents, par­mi lesquels BHB Cable TV (Bosnie-Herzé­govine), M‑kabl (Mon­téné­gro), et Ikom (Ser­bie).

Qui cache qui ?

Les « bar­bares financiers » com­mandés par Petraeus ont érigé un véri­ta­ble empire médi­a­tique, mais ils l’ont fait très dis­crète­ment, à l’abri de tout exa­m­en pub­lic. Quelques enquêtes rares, frileuses et tar­dives ont quand même fini par révéler quelques détails.

En 2015, un rap­port sur la struc­ture de pro­priété et le con­trôle des médias en Ser­bie émanant du Con­seil pour la lutte anti-cor­rup­tion de Ser­bie iden­ti­fi­ait le manque de trans­parence de la pro­priété des médias comme le prob­lème pri­or­i­taire. L’année suiv­ante, la struc­ture de la pro­priété d’United Group a fait l’objet d’une inves­ti­ga­tion par le jour­nal slovène Delo en coopéra­tion avec Orga­nized Crime and Cor­rup­tion Report­ing Project (OCCRP). Leur arti­cle « Du côté obscur de Telemach »  a finale­ment per­mis à la pop­u­la­tion de la région de jeter un coup d’œil der­rière les couliss­es de leur plus grande source d’informations. Ils y ont trou­vé un labyrinthe de sociétés off­shore fan­tômes, qui champignon­naient dans les par­adis fis­caux pour cacher les pro­prié­taires orig­in­aux et leurs cir­cuits financiers.

Une demie révélation : le cache sexe est serbe

La grande cible de cette enquête était le serbe Dra­gan Solak. En 2000, il avait fondé KDS, un câblo-opéra­teur local à Kragu­je­vac (Ser­bie) et pen­dant que sa start-up mon­tait en flèche, devenant SBB en 2002, SBB/Telemach en 2012 et Unit­ed Group en 2013, il a tou­jours pu en garder les rênes man­agéri­ales. Il n’y avait là rien de secret. La vraie décou­verte de l’investigation est qu’il aurait égale­ment gardé 20% des actions, caché der­rière la société Ger­rard Enter­pris­es qu’il aurait fondée en 2001 sur l’Île de Man.

Ce « roi du câble », régulière­ment « pas disponible pour les médias », nou­veau mag­nat de l’entreprise dans un paysage économique dévasté, est un nou­veau-riche flam­boy­ant par­mi ses com­pa­tri­otes appau­vris, avec ses jets privés, sa vil­la au Lac de Genève et son ter­rain de golf ayant appartenu au roi de Yougoslavie (le train de vie de Petraeus fai­sait jas­er aus­si, jusqu’aux arti­cles du Huff­Post et Wash­ing­ton Post). Serbe dans une région où les rival­ités nationales sont tou­jours d’actualité, illu­sion­niste ouvrant trois société off­shore par jour et faisant dis­paraitre puis réap­pa­raitre des mil­lions d’euros hocus-pocus, tout cela sans pay­er d’impôts – autant de raisons pour que les jour­nal­istes de Delo et ceux qui marchèrent dans leur pas (NacionalJutarn­ji listEkspres…) braque­nt le pro­jecteur sur Solak. Le risque était moin­dre que celui de suiv­re les traces du gros gibier.

Le rôle des ambassadeurs américains

L’investigation de Delo pour démêler les divers ten­tac­ules de la struc­ture de pro­priété d’United Group a ren­du une chose claire : les pro­prié­taires se dis­sim­u­laient der­rière une suc­ces­sion de par­avents. Il était moins clair de savoir si Solak fai­sait par­tie des pro­prié­taires ou était un sim­ple par­avent.

Solak n’opérait pas seul. Ses financiers d’outre-Atlantique, dont KKR, étaient parte­naires majori­taires dans toutes les opéra­tions. Ce sont eux qui le lais­saient à la tête d’United Group et qui veil­laient sur sa mon­tée en flèche depuis le début, comme témoigne un télé­gramme de l’ambassade des États-Unis à Bel­grade révélé par Wik­ileaks. Il est dom­mage que cette source, bien que facile­ment trou­vable sur inter­net, n’ait pas été con­sid­érée jusqu’ici.

Le télé­gramme de 2007 est dédié spé­ci­fique­ment à la sit­u­a­tion de SBB, à par­tir de son titre « Ser­bia Broad­band opérant dans l’environnement hos­tile ». Solak y fig­ure comme le prin­ci­pal inter­locu­teur de l’ambassade, à un point tel qu’on peut se pos­er des ques­tions sur la nature de sa rela­tion avec la diplo­matie améri­caine. Le sig­nataire, l’ambassadeur Michael Polt, trans­met les inquié­tudes de Solak à Wash­ing­ton, en y joignant son rap­port sur les efforts améri­cains – diplo­mates et investis­seurs con­fon­dus – afin d’y remédi­er. Leur pré­texte : com­bat­tre la dom­i­na­tion du marché par l’opérateur pub­lic Telekom qui « utilise tac­tiques agres­sives et influ­ence poli­tique » pour assur­er sa posi­tion monop­o­lis­tique. Aujourd’hui on com­prend que l’ambassadeur fai­sait exacte­ment ce dont il accu­sait Telekom, mais au prof­it de SBB. Le télé­gramme date du 1er juin 2007. Le 27 juin on annonçait la con­clu­sion his­torique du pre­mier LBO en Ser­bie : l’acquisition de SBB par Mid Europa Part­ners.

Le suc­cesseur de Polt, Cameron Munter, con­tin­ua sa car­rière post-diplo­ma­tique auprès de Mid Europa comme con­seiller de SBB-Telemach lors des négo­ci­a­tions avec Petraeus en 2013. Le prédécesseur de Polt, le fameux William Mont­gomery, le pre­mier à être nom­mé après l’intervention de l’OTAN en 1999 et la révo­lu­tion de couleur du 5 octo­bre 2000, influ­ent à la manière d’un pro­con­sul impér­i­al, était parte­naire com­mer­cial de Brent Sadler. Ce dernier, cor­re­spon­dant de CNN à Bel­grade à l’époque des bom­barde­ments est à présent prési­dent de N1 TV, la chaîne phare d’United Group, fil­iale exclu­sive de CNN en Europe de l’Est.

Des ennemis devenus compagnons

Le cab­i­net de con­seil Mont­gomery Sadler Matić & asso­ciates (MSM & asso­ciates) rassem­blait un trio invraisem­blable : l’ex-ambassadeur et l’ex-reporter améri­cains sont devenus com­pagnons de Goran Mat­ic, min­istre fédéral yougoslave de l’information en 1998 et 1999. Son homo­logue serbe dans la même péri­ode était l’actuel prési­dent de Ser­bie Alek­san­dar Vucic.

Juste avant les bom­barde­ments, Mat­ic cri­ti­quait des médias au ser­vice des maitres étrangers : « la sit­u­a­tion est très claire – le pro­prié­taire paye, le pro­prié­taire demande la dif­fu­sion de cer­taines infor­ma­tions ». Quand l’OTAN attaqua, c’est lui qui déclara à CNN : « Nous sommes prêts à com­bat­tre l’agresseur ». Quand les frappes rasèrent la Radio-télévi­sion de Ser­bie le 23 avril 1999, faisant 16 morts, BBC relayait sa déc­la­ra­tion : « C’est un crime mon­strueux sans précé­dent dans l’histoire ». Dans le rap­port moins pro­lixe de son futur com­pagnon Sadler sur CNN, cette cita­tion sera réduite en deux mots : « acte crim­inel ». Tony Blair rétor­quera que le bom­barde­ment de la télévi­sion était « entière­ment jus­ti­fié ». Le 3 mai, journée mon­di­ale de la lib­erté de la presse, l’OTAN rasera encore une télévi­sion, la Radio-télévi­sion de Novi Sad.

Depuis, les deux ex-min­istres de l’information ont fait volte-face par rap­port à leur ancien enne­mi, celle de Vucic étant par­ti­c­ulière­ment spec­tac­u­laire. Son par­ti a d’ailleurs engagé Mont­gomery comme con­seiller et, une fois au pou­voir, leur gou­verne­ment fit de même avec Tony Blair, alors qu’en 1999 ces mêmes per­son­nal­ités le traitaient de bête noire. Encore en 2005, Vucic écrivait une recen­sion favor­able au sujet d’une mono­gra­phie élégam­ment inti­t­ulée Le pet pédé anglais Tony Blair (sic). L’ex-nationaliste cul­tive égale­ment une chaude ami­tié avec d’autres pro­tag­o­nistes de l’agression con­tre son pays, Ger­hard Schroed­er et Bill Clin­ton.

Les généraux-investisseurs

Quant à Petraeus, il arbore une médaille de l’OTAN pour l’ex-Yougoslavie. En 1999, il assiste en tant qu’aide de camp le général Hugh Shel­ton, chef d’état-major des armées des Etats-Unis, dans la plan­i­fi­ca­tion et la coor­di­na­tion des bom­barde­ments. Avant de revenir comme investis­seur, Petraeus était déjà présent dans la région en 2001–2002 comme chef d’état-major adjoint de la force de sta­bil­i­sa­tion (SFOR) de l’OTAN en Bosnie-Herzé­govine et comme com­man­dant adjoint d’une unité clan­des­tine con­treter­ror­iste chargée de cap­tur­er les serbes recher­chés par la Haye, avant que le 11 sep­tem­bre ne vienne per­turber la donne en trans­for­mant les alliés dji­hadistes en enne­mis suprêmes. « C’est là que son évo­lu­tion future fut tracée » affirme Fred Kaplan dans sa biogra­phie The Insur­gents: David Petraeus and the Plot to Change the Amer­i­can Way of War (2013, p. 65).

Son col­lègue qua­tre étoiles, Wes­ley Clark, com­man­dant en chef de l’OTAN pen­dant les bom­barde­ments de la Yougoslavie, a lui aus­si pan­tou­flé dans le monde de la grande entre­prise (comme Odier­no, McChrys­tal ou Mullen. Rap­pelons que dès 1961, Eisen­how­er avait mis en garde con­tre le com­plexe mil­i­taro-indus­triel). Wes­ley Clark pré­side le groupe cana­di­en Envid­i­ty Ener­gy Inc. qui négo­cie, au milieu des con­tro­ver­s­es, l’exploration de très impor­tants gise­ments de char­bon du Koso­vo « libéré » par ses troupes. Bien qu’en cati­mi­ni, Petraeus était le prin­ci­pal négo­ci­a­teur du fonds KKR dans la reprise d’United Group en 2013. Il a ren­con­tré le pre­mier min­istre serbe Alek­san­dar Vucic plusieurs fois, publique­ment comme en privé.

Les millions de Soros ou comment monter en flèche

Le télé­gramme de Wik­ileaks com­porte aus­si une référence à un moment charnière dans l’ascension d’United Group. En 2002, la petite start-up de Solak a eu une chance tout à fait extra­or­di­naire. Elle réus­sit à attir­er un investisse­ment de 10 mil­lions dol­lars de South­east­ern Europe Equi­ty Fund (SEEF). Le ges­tion­naire du fonds était Soros Invest­ment Cap­i­tal Man­age­ment, renom­mé plus tard Bed­min­ster Cap­i­tal Man­age­ment, fondé par George Soros.

Ce mil­liar­daire activiste, partage avec Kravis (du fonds KKR) quelques traits acci­den­tels, comme une vil­lé­gia­ture au bord de l’Atlantique où les deux sont voisins, ou moins acci­den­tels comme une pas­sion pour la col­lec­tion de câblo-opéra­teurs balka­niques.

C’est à par­tir de l’investissement de Soros que com­mence la crois­sance expo­nen­tielle de SBB et sa plongée ver­tig­ineuse dans les méan­dres opaques de la finance inter­na­tionale. Après Soros, c’est la Banque européenne pour la recon­struc­tion et le développe­ment (BERD) qui suit et relance, en investis­sant 15 mil­lions euros en 2004. Cette banque « européenne » dont le plus grand action­naire est les États-Unis restera copro­prié­taire et co-investis­seur d’United Group à ce jour fin 2017.

Le fonds de Soros se démul­ti­pli­era en SEEF I et II, qui fig­ureront en même temps comme acheteur et vendeur lors de la reprise de SBB en 2007 par Mid Europa. En 2014, cette société d’investissement privée dirigée par d’ex hauts fonc­tion­naires de la Banque Mon­di­ale et du FMI se van­tait d’avoir triplé ses investisse­ments grâce au mon­tant exor­bi­tant payé par KKR.

George Soros (né Schwartz) a vu son nom de famille changé par un père espéran­tiste. Le mot « soros » sig­ni­fierait dans cette langue « je mon­terai en flèche ». Un bon augure pour le petit Györ­gy, ain­si que pour la start-up de Solak qu’il a soutenue avec autant de prévoy­ance.

Mais qui a aidé Soros au début de sa car­rière ? La mise de fonds ini­tiale pour sa start-up, Dou­ble Eagle Fund, renom­mée par la suite Quan­tum Fund, avait été fournie par Georges Karl­weiss de la Banque Privée S.A. de Lugano, détenue par le baron Edmond de Roth­schild (voir l’article sup­primé du Wash­ing­ton Times). D’après Time Mag­a­zine, « bien­tôt les Roth­schild et autres rich­es européens y rajoutaient 6 mil­lions dol­lars ». De quoi mon­ter en flèche comme l’avenir le prou­vera.

Investissements prodigues en médias déficitaires

Même les financiers sans foi ni loi obéis­sent à une loi sacro­sainte : réalis­er des prof­its. Or, le retour sur l’investissement de KKR dans les médias balka­niques ne pointe pas à l’horizon. Le secteur éprou­ve de telles dif­fi­cultés que même les acqui­si­tions phares comme SBB en Ser­bie et Nova TV en Croat­ie sont con­nues pour dégager des pertes con­séc­u­tives.

Dans le cas de SBB, l’investissement astronomique de KKR en 2013 n’a pas amélioré la sit­u­a­tion. Au con­traire, les rap­ports annuels disponibles mon­trent une pro­gres­sion con­stante des pertes. En mil­lions d’euros: 33M en 2010, équili­bre en 2011 puis 10,5M de pertes en 2012 et 1,4M en 2013. Enfin 29M en 2014, 33M en 2015 et 35M en 2016. On voit que l’année 2016 bat les records avec trente-cinq mil­lions d’euros de perte.

L’explication ? En achetant des médias, Petraeus achetait de l’influence. La ques­tion se pose alors : quel type d’investisseur souscrip­teur se réjouirait d’entendre son fonds lui expli­quer : « Nous n’avons plus ni le mil­liard que vous avez engagé, ni le prof­it que nous avons promis, mais nous avons gag­né de l’influence médi­a­tique en l’Europe de l’Est ». On a du mal à imag­in­er que des retraités du fonds de pen­sion de l’Oregon en seraient ravis. En revanche, plus d’une con­nais­sance de Petraeus au Bilder­berg pour­rait s’en accom­mod­er.

Une autre expli­ca­tion : les dépens­es seraient gon­flées pour déclar­er des pertes qui n’existent pas vrai­ment. Grâce à son bilan négatif, SBB n’a pas payé un cen­time d’impôt depuis des années, mal­gré un revenu de 170 mil­lions euros rien qu’en 2016. Le dom­mage pour le bud­get nation­al serbe pour­rait attein­dre les huit chiffres en euros.

L’Etat ne se mêle pas de ses affaires

Les grands per­dants de se sché­ma dou­teux sont tout d’abord les citoyens, qui sont les prin­ci­paux créa­teurs de la richesse qu’United Group draine vers les par­adis fis­caux et qui eux, payent leurs impôts. Ensuite c’est la con­cur­rence qui n’a aucune chance de rivalis­er avec le poids lourd priv­ilégié du marché avec sa capac­ité finan­cière, sa tax­a­tion zéro, sa cartel­li­sa­tion trans­frontal­ière et sa pro­gram­ma­tion CNN. In fine ce sont les Etats qui renon­cent à percevoir les tax­es. Pour ne rien dire de leur oblig­a­tion de pro­téger la libre con­cur­rence comme les citoyens.

Les Etats seraient les plus aptes à inspecter les activ­ités de KKR. Eux seuls seraient capa­bles de sanc­tion­ner les pra­tiques illé­gales et de combler les lacunes de la lég­is­la­tion.

Les Etats choisirent plutôt de se bouch­er les yeux. A ce jour, les seules révéla­tions sur l’empire médi­a­tique de KKR ont été faites par des organ­ismes et des indi­vidus de la sphère non gou­verne­men­tale. En ce qui con­cerne les change­ments lég­is­lat­ifs, ils n’ont fait qu’élargir les lacunes, comme le mon­tre le rap­port de South East Euro­pean Media Obser­va­to­ry au titre explicite « Les grandes puis­sances ont adap­té la lég­is­la­tion serbe sur les médias aux besoins de la ‘CCN balka­nique’ ».

L’Union Européenne comme groupe de pression

En 2014 l’Etat serbe et KKR sem­blent voués à l’affrontement. KKR prévoit le lance­ment de sa nou­velle chaine N1 TV sur son réseau SBB Telemach, au sein de sa société de tête Unit­ed Group. En même temps, le gou­verne­ment pub­lie ses pro­jets de lois sur les médias. Or, l’un exclut l’autre, car les lois inter­dis­ent à un dis­trib­u­teur d’être aus­si créa­teur de con­tenu. L’interdiction sem­ble logique : le dis­trib­u­teur favoris­erait ses chaines au détri­ment de la con­cur­rence. Quelques années aupar­a­vant le même principe était imposé par l’Union Européenne à la télévi­sion publique RTS qui a dû renon­cer à son réseau de dis­tri­b­u­tion.

Pour­tant, cette fois l’avis de Brux­elles sera inverse, ou plus pré­cisé­ment inver­sé par le lob­by­ing de la Banque européenne pour la recon­struc­tion et le développe­ment (copro­prié­taire d’United Group) et du cab­i­net Gide Loyrette Nouel engagé pour l’occasion. Après une nou­velle ren­con­tre avec Petraeus, le pre­mier min­istre serbe tranche som­maire­ment : la N1 est bien­v­enue en Ser­bie. L’état démis­sionne.

C’est le nou­veau texte de loi, dic­té par les ban­quiers et les avo­cats via l’administration brux­el­loise, et non pas l’original issu d’un proces­sus élec­toral et par­tic­i­patif, qui sera voté en aout 2014. Exit le peu­ple, entre l’oligarchie finan­cière transna­tionale, qui tord le bras d’une assem­blée qui ne songe même plus à se défendre.

Epi­logue : N1 TV sera lancée dès l’octobre 2014. En mars 2017, le câblo-opéra­teur SBB enlève la télévi­sion la plus regardée, la chaine publique RTS1, de la pre­mière posi­tion dans la numéro­ta­tion des chaines. Il donne sa place, incon­testée depuis les débuts de la télévi­sion, à N1 TV.

Le propriétaire influence-t-il ses médias ?

Quand l’OTAN a bom­bardé RTS en 1999, son argu­men­ta­tion était basée sur l’idée qu’une télévi­sion émet­tait néces­saire­ment la pro­pa­gande de son pro­prié­taire. Comme ce pro­prié­taire était l’Etat enne­mi, et que la pro­pa­gande fai­sait par­tie de la guerre, l’OTAN con­clut que la télévi­sion était une arme de guerre et, par con­séquent, une cible légitime.

N1, elle aus­si, a des pro­prié­taires. Il y a même un général qui fût engagé dans la même guerre. Quant à la pro­pa­gande, ses com­mu­niqués au sujet du change­ment de la numéro­ta­tion four­nissent des exem­ples sco­laires de manip­u­la­tion. Le titre « Pres­sion poli­tique gran­dis­sante pour abaiss­er N1 sur le réseau SBB » (N1, 2017) laisse sup­pos­er que la chaine de KKR est défa­vorisée alors qu’elle est choyée. N1 se fait aus­si la cham­pi­onne du bobard « cal­culette ». En 2016, ses rap­ports quadru­plent la par­tic­i­pa­tion à une man­i­fes­ta­tion sup­port­ée par des ONG améri­caines, tan­dis que le nom­bre de man­i­fes­tants anti-OTAN est divisé par trente (sic). Lors des prési­den­tielles serbes de 2017 la télévi­sion se fait bureau de com­mu­ni­ca­tion de cer­tains can­di­dats, en en omet­tant entière­ment d’autres.

Guerrier des perceptions

La défénes­tra­tion de la démoc­ra­tie par KKR au prof­it de sa « CNN balka­nique » sera expliquée par Petraeus en ter­mes de « développe­ment des valeurs démoc­ra­tiques ». C’est la seule fois qu’un patron de N1 s’explique sur N1, et il le fait exclu­sive­ment devant les jour­nal­istes de N1. Sans sour­ciller, il souligne leur objec­tiv­ité et leur indépen­dance.

Si ses déc­la­ra­tions se trou­vent aux antipodes de la réal­ité, on retrou­ve là le spé­cial­iste des guer­res des per­cep­tions.

« Pra­tique­ment rien n’est plus impor­tant dans les affaires inter­na­tionales que les représen­ta­tions his­toriques et les per­cep­tions que les hommes por­tent dans leurs têtes. » Cette cita­tion ouvre le pre­mier arti­cle académique de Petraeus en 1986, ain­si que sa thèse doc­tor­ale, défendue l’année suiv­ante à Prince­ton. Depuis, le mil­i­taire-savant se fait cham­pi­on d’une réori­en­ta­tion de l’armée éta­suni­enne. La pri­or­ité devrait pass­er de la guerre con­ven­tion­nelle à la con­tre-insur­rec­tion (coun­terin­sur­gency ou Coin en anglais), sous la devise « gag­n­er les cœurs et les esprits ». En 2006, il expose sa doc­trine dans un manuel mil­i­taire qui fait date (FM 3–24 Coun­terin­sur­gency). Irak et Afghanistan seront des lab­o­ra­toires où il met­tra ses théories en œuvre en y assumant le com­man­de­ment suprême de 2007 à 2011. Mis­sion accom­plie, il ne lui reste plus qu’à quit­ter l’armée qu’il a révo­lu­tion­née après une car­rière très bien pen­sée. Cadet de West Point, il fait la cour à la fille du sur­in­ten­dant, ce qui lui vaut la moquerie de ses cama­rades et la main de la demoi­selle. Il pro­gresse ensuite dans l’ombre des com­man­dants Galvin, Vuono et Shel­ton. Avant le scan­dale à car­ac­tère sex­uel de 2012, il est le chou­chou des médias qui lui réser­vent des arti­cles élo­gieux (gen­ti­ment appelés « fel­la­tions » dans l’argot jour­nal­is­tique améri­cain). Son charme ne ren­con­tre que quelques détracteurs, comme l’amiral Fal­lon, qui l’aurait traité de “petit lèche-cul dégon­flé”.

Conquérir les cœurs et les esprits

Cor­re­spon­dant de Mar­cel Bigeard et lecteur avide des « Cen­tu­ri­ons » de Jean Larteguy, Petraeus admet volon­tiers ses influ­ences français­es, notam­ment celle du théoricien David Galu­la. Cela n’empêche pas un com­pagnon d’armes français, le général Mau­rice Dru­art, de dénon­cer sa devise « gag­n­er les cœurs et les esprits » comme « une démarche de mer­chan­dis­ing oppres­sive sur la pop­u­la­tion » (voir l’excellente étude de l’armée française Gag­n­er les cœurs et les esprits, CDEF, 2010, p. 57).

Le sens véri­ta­ble de cette expres­sion est défi­ni par le manuel FM 3–24 de manière suiv­ante : « “Cœurs” sig­ni­fie per­suad­er la pop­u­la­tion que son meilleur intérêt est servi par le suc­cès de la con­tre-insur­rec­tion. “Esprits” sig­ni­fie con­va­in­cre la pop­u­la­tion que la force peut les pro­téger et que la résis­tance est inutile. Notons que la sym­pa­thie de la pop­u­la­tion pour les troupes d’occupation n’y a pas d’importance. Ce qui compte, ce n’est pas l’émotion, mais le cal­cul d’intérêt ». La sec­tion « Les médias et la bataille des per­cep­tions » offre des pré­ceptes qua­si orwelliens : « Choi­sis­sez les mots avec soin… Par exem­ple, la force de con­tre-insur­rec­tion est-elle un libéra­teur ou un occu­pant ? »

Expéri­men­té dans ce type de dou­ble pen­sée, Petraeus per­siste à par­ler d’une « vic­toire » en Iraq quand l’intervention est une cat­a­stro­phe incon­testable. Alors que la région est plongée dans le chaos, les raisons d’engagement invo­quées ini­tiale­ment se sont révélées fauss­es et les objec­tifs déclarés n’ont pas été atteints. Dans les faits, le mod­èle Petraeus de con­tre insur­rec­tion asso­cie grande manip­u­la­tion et grande vio­lence: guerre civile, frappes aéri­ennes, raids noc­turnes, attaques de drones, tor­ture. Cette réal­ité émerge dif­fi­cile­ment dans les médias qui sem­blent eux aus­si obéir au manuel de Petraeus (sec­tion « Exploiter un nar­ratif unique »).

L’année 1986 sera une année charnière pour Petraeus : il devient théoricien de la con­tre insur­rec­tion, mem­bre du Coun­cil on For­eign Rela­tions et fait la con­nais­sance de James Steele, vétéran du pro­gramme Phoenix au Viet­nam. En com­mu­ni­ca­tion directe avec Petraeus, Steele for­mera les escadrons de la mort et des cen­tres de tor­ture en Irak.

Espionnage et manipulations sur la toile

En 2010 Petraeus recrute la pre­mière armée de trolls sur inter­net (L’opération d’espionnage éta­suni­enne manip­ule les réseaux soci­aux, Guardian, 2011). Son com­man­de­ment CENTCOM lance un appel d’offres pour un logi­ciel de ges­tion d’identités en ligne qui per­me­t­trait à 50 util­isa­teurs d’employer 500 comptes faux nez (sock-pup­pets) « sans crainte d’être décou­vert par des adver­saires sophis­tiqués ».

Quelques années après, les pra­tiques iden­tiques de la Russie sont dans le col­li­ma­teur de nom­breux jour­nal­istes mais l’exemple améri­cain fon­da­teur est régulière­ment omis. Ain­si un arti­cle de l’Obs-Rue89 énumère-t-il cinq pays impliqués, en omet­tant les Etats-Unis dans la liste.

Le mil­i­taire dans Petraeus com­prend très bien que les tech­nolo­gies d’information sont indis­pens­ables aux opéra­tions d’information. Chef de la CIA, il aver­tit : « on vous espi­onnera à tra­vers votre lave-vais­selle » (Wired, 2012). En mag­nat des médias, il reste aus­si belliqueux que jamais : « Le cybere­space est un domaine de guerre entière­ment nou­veau » (BBC, 2017). Il milite surtout pour un con­trôle tou­jours plus grand de l’internet.

À ce pro­pos, KKR con­trôle un grand nom­bre d’entreprises de l’internet, dont Optiv (cyber­sécu­rité), GoDad­dy (héberge­ment), First Data (argent numérique) et naturelle­ment, les four­nisseurs d’ac­cès à inter­net d’United Group.

La sur­veil­lance mas­sive d’internet par les ser­vices de ren­seigne­ment anglo-améri­cains, révélée par Edward Snow­den, bat son plein alors que Petraeus dirige la CIA. On y trou­ve des pro­jets comme PRISM, qui per­met un accès direct aux serveurs des géants Google, Face­book, Apple, Microsoft et alii ; ou Mus­cu­lar et Tem­po­ra qui infil­trent directe­ment les câbles de fibre optique.

Dans les Balka­ns, une grande par­tie du traf­ic inter­net passe par les four­nisseurs achetés par Petraeus. Une étude serbe sur les « infra­struc­tures invis­i­bles » a établi que tout le traf­ic menait à un seul point : « Si l’on souhaite exam­in­er, fil­tr­er ou con­serv­er tout le traf­ic nation­al tran­si­tant par le réseau de SBB, on peut le faire en n’u­til­isant que ce point unique ». Il se trou­ve que ce point est en la pos­ses­sion de KKR.

Pourquoi infil­tr­er, si l’on peut pos­séder ?

Argent public et argent privé

Les guer­res de Petraeus représen­tent des coûts con­sid­érables non seule­ment en ter­mes de vies humaines, mais aus­si pour les con­tribuables. Ces coûts ne sont plus estimés en mil­liards, mais en bil­lions de dol­lars, du jamais vu. Des sommes sans précé­dent ont égale­ment fini dans les mains des cor­po­ra­tions privées (Sous-trai­tants privés récoltent 138 mil­liards de dol­lars de la guerre en Irak, Finan­cial Times, 2013) pour des ser­vices civils (Hal­libur­ton-KBR) mais aus­si mil­i­taires (Black­wa­ter) ou d’intelligence (Bell Pot­tinger). La guerre s’est pri­vatisée, d’où la sec­tion « Multi­na­tionales et sous-trai­tants » dans le manuel de Petraeus.

Com­man­dant en chef, Petraeus dis­po­sait déjà de fonds colos­saux et traitait directe­ment avec les cor­po­ra­tions privées. Mais qui com­mande vrai­ment quand la plus grande force mil­i­taire se suren­dette pour pay­er ses guer­res : le com­man­dant ou le financier ?

Conclusion : de l’armée à la finance, une promotion

Toute sa vie, Petraeus a dévelop­pé sa car­rière en cour­tisant le pou­voir le mieux placé. Son pas­sage des som­mets de l’armée et du ren­seigne­ment au rang des financiers est d’habitude vu comme une sorte de retraite ou de démis­sion. On est plutôt ten­té d’y voir une pro­mo­tion.

La car­rière de David How­ell Petraeus suit la même ligne ascen­dante et le même fil rouge : la manip­u­la­tion des per­cep­tions. Son cas illus­tre un change­ment rad­i­cal du monde de l’information. Avant lui, nul ne pou­vait imag­in­er un ancien chef de ser­vice de ren­seigne­ments à la tête des médias d’un pays qu’il avait con­tribué à détru­ire. Général enne­mi, chef de ser­vice secret et spé­cial­iste de la pro­pa­gande, il s’impose dans les médias de la nation agressée, sous pré­texte d’y garan­tir une infor­ma­tion objec­tive, un véri­ta­ble tour de force. Mais rien ne choque les cœurs et les esprits con­quis.

Crédit pho­to : Dar­ren Liv­ingston via Wiki­me­dia (cc)

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