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Crash de l’Egyptair : colère d’une journaliste belge après son licenciement

24 mai 2016

Temps de lecture : 2 minutes

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Crash de l’Egyptair : colère d’une journaliste belge après son licenciement

Crash de l’Egyptair : colère d’une journaliste belge après son licenciement

Licenciée pour n’avoir pas voulu appliquer les consignes éditoriales après le crash de l’A320 de l’Egyptair, une journaliste du quotidien belge Le Soir a poussé un coup de gueule sur les réseaux sociaux.

« Aujour­d’hui, je ne suis plus la cor­re­spon­dante au Caire du jour­nal Le Soir », a annon­cé Vin­ciane Jacquet dans ce qu’elle appelle un « pavé colère ». En effet, suite à la dis­pari­tion de l’avion Egyptair reliant Paris au Caire au large des îles grec­ques, sa direc­tion lui aurait demandé « de ne pas pro­pos­er d’ar­ti­cle “factuel”, mais d’in­sis­ter sur la “tristesse des familles” et de par­ler (remet­tre en cause) la sécu­rité de la com­pag­nie aéri­enne égyptienne ».

La jour­nal­iste a refusé cette demande étant don­né qu’elle n’a eu « aucun accès aux familles », qui ont refusé de par­ler aux médias, et que « la cause de l’ac­ci­dent n’é­tant pas con­nue (nous n’avons même pas d’indices), je ne pou­vais accuser ni sug­gér­er la respon­s­abil­ité d’E­gyptair ». Aujour­d’hui, la voici « remer­ciée » car « pas opérationnelle ».

Et celle-ci de s’indign­er : « Dans ce temps où les gens accusent les jour­nal­istes de men­tir, d’am­pli­fi­er, de maquiller, de cou­vrir les respon­s­ables, bref, ne leur font pas con­fi­ance, j’ai décidé de dire non, et de ne pas céder au jour­nal­isme de sen­sa­tion au mépris du jour­nal­isme d’in­for­ma­tion et de son éthique. Et tout ça, si j’ose le dire, pour un salaire dérisoire. »

Ne regret­tant rien, se dis­ant même « fière » de son acte, elle con­clut : « Il est pri­mor­dial que nous, jour­nal­istes, free­lance ou pas, sachions dire non et nous sou­ve­nions que nos mots, nos angles, peu­vent avoir des con­séquences dévas­ta­tri­ces sur les indi­vidus. Il est pri­mor­dial que nous soyons ceux qui restau­ri­ons la con­fi­ance per­due des lecteurs. Les rédac­tions ne le fer­ont apparem­ment pas, ou peu. »

Dans le même temps, en France, un autre licen­ciement fait des remous : celui d’Aude Lancelin, direc­trice adjointe de la rédac­tion de L’Obs. Con­vo­quée ven­dre­di 20 mai pour un entre­tien préal­able à un licen­ciement, celle-ci a été large­ment soutenue par l’in­ter­syn­di­cale du mag­a­zine. « Nous avons demandé l’ar­rêt de la procé­dure en cours. Les raisons man­agéri­ales invo­quées par Matthieu Crois­sandeau pour jus­ti­fi­er un “éventuel” licen­ciement le 18 mai sont inac­cept­a­bles », peut-on lire dans le communiqué.

Et de pour­suiv­re : « Si licen­ciement il devait y avoir, il serait par­ti­c­ulière­ment choquant au moment où ont fil­tré dans la presse et au con­seil de sur­veil­lance de L’Obs des raisons poli­tiques à l’évic­tion de cette jour­nal­iste. » En l’oc­cur­rence, d’après un arti­cle de presse trai­tant de ce licen­ciement, Aude Lancelin aurait été écartée car « trop à gauche » par rap­port à la ligne édi­to­ri­ale du magazine.

Pas de quoi arranger la sit­u­a­tion interne de L’Obs. La semaine dernière, une motion de défi­ance a été votée à 80 % con­tre Matthieu Crois­sandeau, directeur de la rédac­tion. Une pre­mière dans l’his­toire de l’hebdomadaire.

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