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Budapest : « Visegrad Post », un nouveau journal internet en français

15 avril 2016

Temps de lecture : 3 minutes
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Budapest : « Visegrad Post », un nouveau journal internet en français

15 avril 2016

Temps de lecture : 3 minutes

Visegrad Post, site web d’actualité/média, est un nouveau venu sur le web. Il a été lancé le 31 mars 2016, par une équipe francophone qui a le mérite d’accéder aux informations des pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie) dans leurs langues et de les restituer en français.

Son but : porter « l’in­for­ma­tion d’Eu­rope cen­trale, du groupe de Viseg­rád et des Balka­ns » et traiter « l’ac­tu­al­ité d’Eu­rope cen­trale d’un point de vue cen­tre-européen ».

Une nou­velle voix per­me­t­tant d’avoir un accès direct à des nou­velles qui jusqu’à présent étaient triées et inter­prétées par les cor­re­spon­dants des médias français dont l’an­gle d’analyse souf­fre sou­vent d’oc­ci­den­ta­lo-cen­trisme. Ce nou­veau site veut ain­si nour­rir le plu­ral­isme de l’in­for­ma­tion à pro­pos de cette Europe cen­trale si mécon­nue, et sou­vent car­i­caturée par la presse parisienne.

Le groupe de Visegrad

Pour situer ce nou­veau « news », qui affiche une maque­tte soignée, fruit évi­dent d’un vrai tra­vail de pro­fes­sion­nels de la presse web, il con­vient de pré­cis­er ce qu’est le « groupe de Viseg­rad », dont se réclame ce jour­nal, dans l’his­toire européenne récente.

Il s’ag­it d’un groupe informel réu­nis­sant les qua­tre pays d’Eu­rope cen­trale cités ci-dessus. Il est né lors d’un som­met des chefs d’É­tat ou de gou­verne­ment de Tché­coslo­vaquie, Hon­grie et Pologne dans la ville de Viseg­rád le 15 févri­er 1991, pour met­tre en place des coopéra­tions entre ces trois États, en vue de favoris­er le proces­sus d’in­té­gra­tion européenne. De là vient le pre­mier nom du groupe : Tri­an­gle de Viseg­rád. La par­ti­tion de la Tché­coslo­vaquie débouchant sur la créa­tion de la République tchèque et de la Slo­vaquie a porté le nom­bre d’é­tats mem­bres du groupe à qua­tre. Il traduit une con­cep­tion poli­tique de l’Eu­rope cen­trale dans le cadre de l’U­nion européenne et de l’OTAN après la dis­pari­tion de l’URSS et du « bloc de l’Est ». Il a per­mis à ses qua­tre mem­bres d’ex­is­ter mieux au sein de l’ensem­ble européen, le passé de mem­bre du « camp social­iste » n’y ayant apparem­ment pas tou­jours été pour cer­tains d’en­tre eux un atout majeur dans leur légitime quête de reconnaissance.

Nouvelle donne

Or, les développe­ments de la poli­tique européenne, notam­ment en faveur de l’ac­cueil des « réfugiés », a changé la donne dans ces pays où le fait nation­al et cul­turel n’est en rien une vari­able d’a­juste­ment à la mon­di­al­i­sa­tion. On rap­pellera le refus des quo­tas de réfugiés voulus à Brux­elles par les parte­naires du groupe de Viseg­rad dès le 4 sep­tem­bre 2015 et la propo­si­tion de M. Orban d’or­gan­is­er un référen­dum sur le sujet en Hongrie.

Cette oppo­si­tion aux déci­sions de Brux­elles a poli­tique­ment don­né au groupe de Viseg­rad une impor­tance nou­velle, frag­ilisant sig­ni­fica­tive­ment la légitim­ité des déci­sions de l’UE qui, on le sait, devraient en principe être pris­es à l’u­na­nim­ité, ce qui n’a pas été le cas en l’occurrence.

L’UE à voca­tion fédéral­iste se retrou­ve donc face au fait nation­al, bran­di par des états dont la sou­veraineté et l’indépen­dance ont été foulées aux pieds par l’empire sovié­tique et qui restent très vig­i­lants sur ces sujets. Cer­tains obser­va­teurs craig­nent même que le prob­lème des réfugiés ne soit l’une des caus­es d’une pos­si­ble implo­sion de l’UE, dont le « mon­di­al­isme » à l’om­bre des États-Unis sus­cite de plus en plus de cri­tiques de la droite à la gauche de l’éven­tail poli­tique européen, sans par­ler de ce qu’il est con­venu d’ap­pel­er l’ex­trême droite, dont l’un des pre­miers soucis, quels que soient les pays, reste la reven­di­ca­tion nationale con­tre les empiéte­ments gran­dis­sants de l’UE dans la vie de ces Etats.

La nais­sance de ce nou­veau média bilingue français/anglais est un sig­nal de plus du malaise qui à présent affecte très offi­cielle­ment l’UE, alors que le futur vote aux Roy­aume Uni sur un éventuel Brex­it et le résul­tat du récent référen­dum en Hol­lande illus­trent la tem­pête qui souf­fle sur le pro­jet de con­struc­tion européenne.

La rédac­tion, qui affirme sa lib­erté, veut apporter un éclairage dif­férent sur la réal­ité poli­tique et sociale des États d’Eu­rope cen­trale qui actuelle­ment ne sont pas vrai­ment les chou­c­hous de nos grands médias. Les bases économiques (incon­nues à cette heure) de cette aven­ture seront sans doute déter­mi­nantes, mais moins que le sérieux du tra­vail accompli.

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