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Bruno Roger-Petit marginalisé à l’Élysée ?

15 avril 2018

Temps de lecture : 3 minutes
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Bruno Roger-Petit marginalisé à l’Élysée ?

Temps de lecture : 3 minutes

Macron a fini par aller à une sorte de Canossa, au Journal de 13h sur TF1 de Jean-Pierre Pernaut. Pour l’audience – 51.5% de parts du marché, soit un téléspectateur sur deux à cette heure – mais pas seulement. Aussi pour parler aux classes sociales qui se sentent oubliées depuis son élection et qui ont boudé les législatives (Macron et ses députés n’ont été élus que par 15% du corps électoral). De son côté, Bruno Roger-Petit, issu de la presse de gauche bobo traditionnelle (L’Obs), a toujours snobé le 13 heures de TF1. Le fait que Macron y soit allé témoigne-t-il de la marginalisation du conseiller communication du Président ?

Fonds de commerce et flair politique

Jour­nal­iste de sec­onde zone qui a fait de l’at­taque per­son­nelle et du procès d’in­ten­tion son fonds de com­merce, Bruno Roger-Petit a soutenu sans lim­ites François Hol­lande avant de tourn­er casaque pour Macron, à un tel point que la société des jour­nal­istes de Chal­lenges s’en est émue pen­dant la cam­pagne. Il a été nom­mé porte-parole de l’Élysée le 29 août 2017.

Dernière­ment, l’adresse aux catholiques d’Em­manuel Macron, puis ses face-à-face avec Jean-Pierre Per­naut, Edwy Plenel et Jean-Jacques Bour­din mar­quent une rup­ture avec la com­mu­ni­ca­tion snob et clas­sique qui était jusqu’alors celle de « Jupiter », dit « prési­dent des rich­es » par ses détracteurs. En choi­sis­sant le JT de 13 heures, les Grandes Gueules ou Medi­a­part, Macron con­tin­ue ce qu’il avait fait avec Kon­bi­ni ou Cyril Hanouna, mais dans un reg­istre plus sérieux : il va là où est l’au­di­ence, là où sont les gens qui représen­tent la majorité de l’élec­torat et se con­tentent pour l’in­stant de subir en silence ses mesures, tout en étant pour cer­tains directe­ment frap­pés au portefeuille.

BRP réduit au rôle de Twitter en chef ?

Là où sont aus­si les cibles de la pro­pa­gande – plutôt de gauche et d’ex­trême-gauche – qui les appelle à rejoin­dre les mou­ve­ments de con­tes­ta­tion sociale tous azimuts, cen­trés autour d’un thème qui va droit au cœur d’une grande par­tie des français : la défense du ser­vice pub­lic – voire des fonc­tion­naires – et de son mail­lage ter­ri­to­r­i­al jusqu’au cœur de la ruralité.

Selon le Canard Enchaîné (11 avril) ces choix témoignent aus­si d’une mar­gin­al­i­sa­tion crois­sante de Bruno Roger-Petit, en froid avec Brigitte Macron. Celle-ci aurait « deux col­lab­o­ra­teurs de son mari dans le col­li­ma­teur […] son con­seiller spé­cial Ismaël Emelien et son con­seiller en com­mu­ni­ca­tion Bruno Roger-Petit. Preuve de leur dis­grâce, ces deux là ne sont jamais con­viés aux dîn­ers de tra­vail restreints ou élar­gis de Macron ». Le Canard ajoute que Bruno-Roger-Petit est désor­mais can­ton­né à la ges­tion « du compte Twit­ter de l’Elysée ».

Et dire qu’il y a quelques années, Bruno Roger-Petit dis­ait tout le mal qu’il pen­sait du 13h de Jean-Pierre Per­naut ! « Jean-Pierre Per­naut, incar­na­tion du jour­nal­isme de prox­im­ité, présen­ta­teur du JT de 13h de TF1, sera le médi­a­teur entre le prési­dent et son cœur de cible élec­toral, celui qui a assuré la vic­toire en 2007 : un pub­lic âgé, provin­cial, con­ser­va­teur et inac­t­if », écrivait l’édi­to­ri­al­iste dans l’Obs le 27 octo­bre 2011. Bref, l’in­verse de la « start-up nation » de Macron. Tout ça en posant une bonne ques­tion : « L’in­ter­ven­tion sur TF1 et France 2 de Nico­las Sarkozy ce jeu­di soir est-elle une émis­sion 100% télé­com­mandée par l’Élysée ? » En 2018, la ques­tion est tou­jours val­able. Mer­ci à BRP de l’avoir posée en 2007, il n’est pas tout à fait cer­tain qu’il la pose de nouveau.