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Assises du journalisme, « Le voyage d’un migrant vers Londres », un exemple d’éducation aux médias

6 avril 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Assises du journalisme, « Le voyage d’un migrant vers Londres », un exemple d’éducation aux médias

Red­if­fu­sion. Pre­mière dif­fu­sion le 20 mars 2018

La Ministre de la Culture Françoise Nyssen, lors de sa visite aux Assises le jeudi 15 mars 2018, avait insisté sur la dimension « d’éducation aux médias » des jeunes générations pour les protéger des fausses nouvelles et autres rumeurs complotistes. De nombreux étudiants (en journalisme ou autre) et des collégiens fréquentaient le salon (entrée libre) et un « jeu éducatif » leur était proposé. Un jeu intéressant et révélateur du sens donné au mot « éducation » dans certains milieux journalistiques.

La règle du jeu

Chaque joueur représente un migrant syrien. Son avatar doit rejoin­dre Lon­dres en par­tant de la carte « Départ de Damas ». Le pre­mier joueur arrivé à Lon­dres a gag­né. Mais les dif­fi­cultés sont nom­breuses : choisir la voie de terre ou la voie de mer, avoir suff­isam­ment de « points san­té » ou de « points nour­ri­t­ure », par­fois tra­vers­er la mer. Il doit aus­si faire face à des mau­vais­es nou­velles (cartes News). Exem­ple : Paris et Lon­dres sont touchés par les atten­tats et ces pays rétab­lis­sent les con­trôles à leurs fron­tières. Les dan­gers dépen­dent aus­si des cartes Zones. Sur la Zone 1 (Maghreb) les pays de la région rétab­lis­sent le con­trôle d’identité aux fron­tières : vous avez de faux papiers, serez vous con­trôlé ? Les cartes Dan­ger com­pliquent la donne : arrivé à Gibral­tar vous avez des dif­fi­cultés à tra­vers­er.

Les avatars des joueurs

Chaque joueur doit s’identifier à un migrant doté de « points » : san­té, nour­ri­t­ure, loge­ment et même Human­ité (avec une majus­cule), ces points lui per­me­t­tront d’achever son voy­age. Prenons Amal, sym­pa­thique insti­tutrice de 44 ans, qui veut rejoin­dre sa fille étu­di­ante à Lon­dres. Elle a le sens de l’humanité mais souf­fre de faibles défens­es immu­ni­taires. Ou bien le sen­ti­men­tal Birham, médecin de 33 ans, très amoureux de sa fiancée par­tie en France et qui a choisi de la retrou­ver. Il est désta­bil­isé par son absence et le manque de nou­velles.

L’arrivée à Londres

Vous avez eu de la chance ou bien vous aviez plus de points san­té, nour­ri­t­ure et loge­ment que les autres et vous touchez au port. Mais vos ennuis ne sont pas ter­minés : allez-vous trou­ver un emploi et un loge­ment ? Votre demande d’asile sera t’elle accep­tée ? Devrez vous vous cacher en cas de réponse néga­tive ? Et puis au Roy­aume-Uni les sui­cides de migrants sont nom­breux…

Éducation ou bourrage de crâne

Ce jeu est man­i­feste­ment des­tiné à des enfants et des ado­les­cents. Touchant de naïveté et de bons sen­ti­ments, il porte une vision com­patis­sante sur les migrants, tous gen­tils (char­mante Amal, touchant Birham), tous vic­times, tous per­sé­cutés par les méchantes fron­tières des méchants États qui leur met­tent des bâtons dans les roues. Une entre­prise de cul­pa­bil­i­sa­tion des très jeunes joueurs, dans la ligne de manip­u­la­tion des grands médias sur le con­flit syrien. Recom­man­dons le jeu au Cen­tre pour l’Éducation aux Médias et à l’information, le CLEMI dont l’objectif est « d’apprendre aux élèves à lire, à décrypter l’information et l’image, à aigu­is­er leur esprit cri­tique, à se forg­er une opin­ion, com­pé­tences essen­tielles pour exercer une citoyen­neté éclairée et respon­s­able en démoc­ra­tie ». Lire : « appren­dre aux élèves le con­formisme, leur don­ner des œil­lères pour leur éviter de réfléchir, tout faire pour qu’ils ne puis­sent échap­per aux médias dom­i­nants, pour suiv­re docile­ment les mou­tons de Panurge ». Amen.

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