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Altice écope d’une amende de 124 millions d’euros au Portugal

27 avril 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Altice écope d’une amende de 124 millions d’euros au Portugal

L’empire de Patrick Drahi, l’homme de la fortune du câble, commence à vaciller. Assis sur une dette colossale – plus de cinquante milliards d’euros -, Patrick Drahi a construit son groupe à marches forcées avec le soutien des banques et sans doute de discrets mais efficaces coups de pouce politiques en France comme en Israël ou aux États-Unis. Mais les difficultés de SFR, dont les fournisseurs comme les employés ont été passés à la paille de fer, l’échec de la politique de convergence des contenus inquiètent les prêteurs.

Trésorerie négative et chute du cours de l’action

L’action d’Altice, la hold­ing du groupe, était encore supérieure à 23 euros le 9 juin 2017, très exacte­ment 23,26 €. Dix mois plus tard, le 26 avril 2018 l’action côte 8,26 € soit une chute de 65%.

Des amendes en pagaïe

Altice avait pris la mau­vaise habi­tude de flirter avec la ligne jaune juridique, se faisant par­fois rat­trap­er par la patrouille lors de ses emplettes et de ses ces­sions. Les amendes tombent en cas­cade, 15 M€ (Out­remer Télé­com), 80 M€ (achat de SFR et Vir­gin Mobile), 40 M€ (non respect d’accords avec Bouygues).

Cette fois ci c’est l’autorité de la con­cur­rence de l’Union Européenne qui sort un car­ton rouge. En 2015 Altice rachète Por­tu­gal Tele­com, mais va plus vite que la musique et s’installe aux com­man­des sans atten­dre le ver­dict du gen­darme européen de la con­cur­rence. 124,5 M€ d’amende pour le groupe qui a fait appel.

Standard and Poor’s dégrade la note d’Altice Europe

Le 19 avril 2018, l’agence de nota­tion Stan­dard dégrade la dette d’Altice Europe (les activ­ités améri­caines qui vont mieux ont été séparées) de B+ à B avec per­spec­tives sta­bles. L’agence con­sid­ère que le groupe va dégager en 2018 une tré­sorerie néga­tive de 800M€ avec une dette six fois supérieure au béné­fice annuel escomp­té. La vente d’actifs en Suisse, Bénélux, République Domini­caine n’a pas été con­sid­érée comme suff­isante. On par­le main­tenant de céder… Por­tu­gal Tele­com. Ce n’est pas la ces­sion en cours du jour­nal Point de vue à son équipe dirigeante qui devrait chang­er grand chose au cash flow en France.

Libération et L’Express ont du souci à se faire

Les mau­vais résul­tats du quo­ti­di­en et de l’hebdomadaire ont entraîné une réflex­ion stratégique d’Altice France pour ses médias. Nous réper­cu­tions le 13 avril 2018 un entre­tien d’Alain Weill PDG d’Altice France au Figaro. Alain Weil y annonçait – sans que qua­si per­son­ne ne reprenne l’étonnante nou­velle – la fin du papi­er pour ces deux médias. Nous citons :

« La déci­sion a été prise pour Libéra­tion et L’Express d’engager un pro­jet de trans­for­ma­tion dig­i­tale impor­tant. Le mot d’ordre est « dig­i­tal first ». Désor­mais, toutes les équipes seront tournées vers le site, qui sera à très forte valeur ajoutée. Nous allons pouss­er les abon­nements numériques. Cela fonc­tionne très bien aux États-Unis. Enfin, il y aura une petite équipe qui extraira des con­tenus et fab­ri­quera un jour­nal papi­er ». (Les mots en gras sont soulignés par nous)

Un peu d’analyse séman­tique sim­ple. Enfin veut dire à la fin du proces­sus enclenché pour le dig­i­tal first. Quand ? Ce n’est pas dit, mais douze mois sem­blent un délai loin­tain. Il y aura une petite équipe, autrement exprimé une équipe résidu­elle. Cette petite équipe, extraira des con­tenus et fab­ri­quera un jour­nal papi­er. Là c’est clair, la grande équipe met­tra en ligne un jour­nal dig­i­tal de qual­ité, à par­tir de cette matière pre­mière du con­tenu sera extrait, comme on extrait le jus d’une orange. Cha­cun com­pren­dra que cette extrac­tion résidu­elle n’a pas un grand avenir devant elle.

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