Quand L'Express s'intéresse à la « nébuleuse » de la réinfosphère

Quand L’Express s’intéresse à la « nébuleuse » de la réinfosphère

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« Qui sont ces médias qui affirment donner la « vraie information » et fourmillent par dizaines sur le Web ? » Dans un papier d’Adrien Sénécat, L’Express se penche sur la « réinfosphère », ces sites qui « détestent la presse traditionnelle », de Wikistrike au Cercle des Volontaires en passant par Égalité & Réconciliation et TV Libertés… tout un petit monde en pleine émergence dans lequel l’auteur de l’article a fait son marché de manière un peu arbitraire. En effet, deux « poids lourds » de cette réinfosphère ne sont pas même cités : Novopress, et surtout Fdesouche qui n’est pourtant pas moins que son navire amiral…

Premier constant : l’extrême méfiante que portent les acteurs de cette presse dissidente aux journalistes, à commencer par celui de L’Express qui s’est vu opposé plusieurs fins de non-recevoir de la part des sites sur lesquels il enquêtait. S’intéressant au Cercle des Volontaires, site animé par Raphaël Berland, ce dernier pointe du doigt un paradoxe : « Son site reprend (…), comme beaucoup de médias « alternatifs », énormément d’informations publiées par les médias qu’il abhorre. »

Ce qu’il oublie de dire, c’est que les petits sites de réinformation ne sont pas maintenus en vie par d’abondantes subventions, et que 80%, voire plus, de leur contenu ne sont pas un copier-coller de dépêches AFP… C’est d’ailleurs l’une des critiques formulées par Jean Robin, fondateur du site Enquête & Débat : « Oui, je suis journaliste. Je fais mon métier, mais je ne suis pas subventionné comme vous, médias du système et je n’ai pas de carte de presse. »

Continuant son enquête, le journaliste interroge Jean-Yves Le Gallou, à l’origine du terme de « réinformation ». « Le politiquement correct s’impose au monde politique, administratif et intellectuel à travers les médias traditionnels. Le principe de la réinformation c’est donc de donner des informations et des points de vue alternatifs face à cette censure. L’expression ‘grand remplacement’, par exemple, est entrée dans le vocabulaire courant grâce aux médias alternatifs », explique le fondateur de Polémia, qui officie notamment sur TV Libertés.

Et Adrien Sénécat de s’étonner que Pierre-Alexandre Bouclay, journaliste pour Valeurs Actuelles et également collaborateur de TV Libertés, ait commis l’affront impardonnable d’être cité dans un rapport de l’enquête administrative sur la mort de Rémi Fraisse, au barrage de Sivens. Ils se permettent vraiment tout, ces fachos, même de faire du bon boulot !

Jean-Yves Le Gallou ose le parallèle qui interpelle : « Les médias alternatifs sont les petits mammifères à la fin des dinosaures. » Et celui-ci de souligner : « Le Web permet de sortir de la pensée unique. Il y a aujourd’hui beaucoup plus de libertés sur les tribunes du Figarovox que dans la version papier du Figaro. Mais franchement, un texte publié sur Boulevard Voltaire trouvera une audience beaucoup plus grande. »

« Cette ébullition n’est pas sans rappeler la naissance de la presse post-mai 68 ou les radios libres », note L’Express. « Chaque fois qu’un nouveau média arrive, on observe ce type de phénomène. D’autant plus que le Web est particulièrement souple et nécessite peu d’investissements », ajoute le sociologue Jean-Marie Charon, cité dans le papier.

Reste un problème majeur : il demeure bien difficile pour ces sites de trouver leur modèle économique, voire de générer de l’argent tout court.

Et même si le journaliste ne peut que constater l’audience énorme de certains sites comme Égalité & Réconciliation, il ajoute que cette performance est encore « très loin de supplanter Le Monde, Le Figaro ou L’Express ».

Et alors que de plus en plus de médias alternatifs sont en voie de professionnalisation, il reste encore « du chemin à faire ». Et si on coupait le réservoir à subventions, histoire de voir à quelle vitesse la tendance s’inverserait ?

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