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Pub­lié le 28 octobre 2019 | Éti­quettes : , , ,

Vice plus féministe et plus américain

Nous parlons de Vice, pas le vice opposé à la vertu (quoique), mais du tout en ligne américain. Créé en 1994 à Montréal, déménagé à New York, soutenu par de brillants actionnaires comme Disney, Murdoch et Matthieu Pigasse en France. Des débuts difficiles avec des pertes, quelques scandales sexuels et un remplacement du fondateur Shane Smith par Nancy Dubuc en 2018.

Disney joue et perd, Soros rentre dans le jeu

En 2016, Disney met 400 M$ dans l’entreprise pour un peu plus de 15% des actions. Revers de fortune, sous forme de crash : au printemps 2019 Disney réévalue son investissement en le dépréciant, estimant sa valeur à un zéro pointé. Cela n’empêche pas un autre fonds mené par George Soros de mettre 250M$, estimant sans doute que le style de Vice et son impact politique et culturel auprès d’une partie des jeunes, vaut cette prise de participation aventureuse.

Plus de public féminin via une acquisition

De l’argent vite employé avec le rachat de Refinery29, un guide américain (mais aussi britannique et allemand) à la mode, urbain et féminin, pratiquant avec succès la publicité de marques sous couvert d’articles supposés indépendants. Tout y est monétisé, les conseils d’achats de cosmétiques comme ceux de vêtements ou de gadgets qui amusent les jeunes ou moins jeunes femmes disposant d’ une bonne carte bancaire. Avec cette acquisition, Vice espère atteindre l’équilibre en 2020 tout en se diversifiant dans la production comme celle de la série à succès (politiquement correcte) Gangs of London à voir sur Sky ou HBO.

Sur le « style Vice », ce que nous en disions en 2015

« Le vivre ensemble mou + le brand content = Vice. Le brand content c’est notre vieille publicité rédactionnelle peinturlurée moderne. Les marques paient les articles qui font vendre leurs produits. Le vivre ensemble mou c’est le vieux fond de la doxa conformiste.
Comme il est nécessaire d’attirer les jeunes, Vice glorifie tout ce qui est branché. Le magazine a inventé un ton, entre sérieux, branchitude et ironie, écrit Libération. Voici peut-être le journalisme de demain : diverses catégories d’informations qui se confondent dans une critique gentille et tolérante, où tous les journalistes communient autour d’une pensée crépitante et enferment dans un cachot quelques pitres de l’ancien temps (les affreux réac) sur lesquels on crachera aux fêtes sacrées du vivre ensemble… pour venir s’y mirer érotiquement jusqu’à ne plus aimer que soi ».

Puisque vous êtes là, une minute d’attention s’il vous plaît…

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Claude Chollet
Président de l'Ojim

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