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Valeurs Actuelles et Minute exclus des aides à la presse

10 novembre 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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Valeurs Actuelles et Minute exclus des aides à la presse

Fleur Pellerin l’avait annoncé ; c’est désormais chose faite. Lundi, le gouvernement a étendu ses aides à la presse pour les magasines en excluant les titres condamnés pour « incitation à la haine ou à la violence ».

Ces sub­ven­tions, des­tinées à aider les titres qui tirent moins de 25 % de leurs revenus de la pub­lic­ité, toucheront ain­si des mag­a­zines comme Le Monde Diplo­ma­tique, Témoignage Chré­tien, Pèlerin Mag­a­zine, Causette, Ter­ra Eco et une cinquan­taine d’autres.

4 mil­lions d’eu­ros ont été dégagés du bud­get 2015 pour aider des jour­naux jugés « essen­tiels à la vital­ité de la démoc­ra­tie ». Mais la démoc­ra­tie a ses lim­ites. À l’ini­tia­tive de la min­istre de la Cul­ture, ces aides ne con­cerneront que les titres qui ne dépassent pas la barre des 300 000 exem­plaires et… qui n’ont pas été con­damnés pour « inci­ta­tion à la haine ou à la vio­lence ».

L’oc­ca­sion de met­tre sur la touche des jour­naux comme Valeurs Actuelles, pour­tant l’un des rares qui pro­gresse, Minute ou encore Rivarol. « Cette réforme qui se con­cré­tise, c’est un signe poli­tique fort de mon sou­tien, du sou­tien de ce gou­verne­ment, au plu­ral­isme et à la lib­erté d’ex­pres­sion », avait pour­tant déclaré Fleur Pel­lerin.

Cepen­dant, tout comme la démoc­ra­tie, la lib­erté d’ex­pres­sion a aus­si ses lim­ites. Pas ques­tion d’aider des jour­naux « d’ex­trême droite », quand bien même les con­damna­tions pour inci­ta­tion à la haine raciale sont aujour­d’hui tout à fait arbi­traires et établies sur des critères avant tout poli­tiques.

Une preuve de plus, s’il en était besoin, que ces sub­ven­tions ont pour seul et unique but de garder tout ce petit monde médi­a­tique à l’in­térieur des clous, sous peine d’ex­clu­sion.

Quoi qu’il en soit, ces procédés n’ont pas l’air de déranger out­re-mesure le jour­nal Libéra­tion. Au bord du gouf­fre financier et en chute libre sur le plan des ventes, le quo­ti­di­en trou­ve néan­moins de l’én­ergie pour atta­quer ses con­frères, approu­vant la déci­sion du gou­verne­ment et jugeant que « la haine n’est pas du jour­nal­isme ».

En revanche, pour ce qui est des fraudeurs fis­caux comme Medi­a­part, à qui le fisc réclame plus de 4 mil­lions d’eu­ros, aucun prob­lème. C’est les copains, comme on dit. Dans une tri­bune sobre­ment inti­t­ulée « Leave Medi­a­part alone », Johan Huf­nagel numéro un bis de Libé, estime que « si le droit peut plaider pour le fisc, (…) la légitim­ité va aux deux médias (Medi­a­part et Arrêt sur images, NDLR) ». Le droit et la rigueur de la loi pour les uns, la légitim­ité hors la loi pour les autres.

Et que dire du jour­nal com­mu­niste L’Hu­man­ité, dont l’Assem­blée a effacé en 2013 une dette de 4 mil­lions d’eu­ros. Aujour­d’hui, le titre croule sous les sub­ven­tions et ne parvient tou­jours pas à redress­er la barre, soit tout autant d’ar­gent pub­lic jeté par les fenêtres… Heureuse­ment, il reste vis­i­ble­ment encore 4 mil­lions d’eu­ros en trop dans le bud­get de la min­istre pour arroser les mag­a­zines alignés.

Un jour, les exclus du débat « démoc­ra­tique », qui ren­con­trent les mêmes con­traintes finan­cières que leurs con­frères, en vien­dront peut-être à met­tre la clé sous la porte… et la plu­ral­ité ne sera plus qu’un vieux sou­venir. Pas sûr que ce scé­nario ne tire la moin­dre larme à ceux qui, depuis des années, ne doivent leur survie qu’à l’ar­gent du con­tribuable, indi­recte­ment for­cé de soutenir une presse qu’il ne lit plus depuis longtemps.

Crédit pho­to : AcuaLit­té via Flickr (cc)

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