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Pub­lié le 26 août 2016 | Éti­quettes : , ,

Un Midi pas si Libre que ça…

Dernièrement, pour dénoncer la partialité du quotidien et son hostilité à son égard, Robert Ménard a fait placarder dans sa ville de Béziers des affiches peu flatteuses pour le Midi Libre.

Sur l'affiche, le Midi Libre, l'un des plus importants quotidiens de la Presse Quotidienne Régionale (PQR), est décrit comme un journal tenu « en laisse ». Par qui ? Par son propriétaire, Jean-Michel Baylet, actuel ministre de l'aménagement du territoire... Est-ce vraiment une réalité ? Comme en conclut le site Lengadoc-info, « oh que oui ! ».

Tout d'abord, il convient de nuancer une chose : le Midi Libre a bien eu à sa tête M. Baylet durant de longues années, mais ce dernier a été remplacé au moment de sa nomination dans le nouveau gouvernement Valls en février dernier. Qui lui a donc succédé ? Marie-France Marchand-Baylet, son ex-femme et... actuelle épouse de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères ! D'ailleurs, celle-ci s'est distinguée récemment en faisant retirer des passages la concernant dans un article de L'Obs. De quoi donner une idée de sa conception de la presse et de l'ingérence gouvernementale dans les colonnes des journaux.

Aussi, les journalistes du Midi Libre se sont défendus, dans un communiqué, de toute obéissance à un quelconque actionnaire ou dirigeant. Pour ces derniers, « le traitement et la hiérarchisation des informations appartiennent aux seuls journalistes. Quel que soit l’actionnaire majoritaire. Quelles que soient les pressions exercées par les dirigeants politiques ou les acteurs économiques ». Une fois de plus, comme le souligne Lengadoc-info, les faits prouvent le contraire.

En effet, Le Midi Libre et La Dépêche, appartenant au même groupe, n'ont-ils pas été les seuls journaux à avoir applaudi le dernier remaniement ministériel (qui faisait entrer Baylet au gouvernement) ? Sans doute une incroyable coïncidence... Aussi, comme l'a relevé Dominique Reynié, candidat LR-UDI aux dernières régionales, La Dépêche a (étrangement) accordé une exposition médiatique démesurée à Caroline Delga, la candidate socialiste.

Un Midi pas si Libre que ça...

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Mais n'allez pas y avoir un quelconque rapport entre cette différence de traitement et l'alliance entre le Parti Socialiste et le Parti Radical de gauche présidé par Jean-Michel Baylet ! Comment expliquer également que les deux journaux du groupe aient gardé le silence durant deux longs mois sur la condamnation de Béatrice Négrier, vice-présidente PS du conseil régional d'Occitanie, pour détournement de fonds ? Là encore, un pur oubli.

Enfin, il est inutile de préciser que le Midi Libre n'a évidemment jamais évoqué les déboires de son ancien président, M. Baylet, au cœur d'une étrange affaire de transaction secrète avec son assistance parlementaire qui l'accuse de coups et blessures. Vous avez dit indépendance ?

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