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Jean-Michel Baylet : la transaction secrète

19 mars 2016

Temps de lecture : 2 minutes
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Jean-Michel Baylet : la transaction secrète

Dans un article du 10 mars 2016, le site BuzzFeed News dévoile les dessous d’une affaire bien embarrassante pour l’ancien patron de La Dépêche du Midi et actuel ministre.

Si Jean-Michel Baylet n’a fait son retour au gou­verne­ment qu’après 23 ans d’ab­sence, c’est avant tout à cause de mul­ti­ples déboires judi­ci­aires. Après l’élec­tion de François Hol­lande, il ne peut être appelé mal­gré la fidél­ité qu’on lui prête à l’é­gard du prési­dent. En cause : une mise en exa­m­en pour favoritisme, dans laque­lle il sera finale­ment relaxé. Au print­emps 2014, il ne peut tou­jours pas inté­gr­er le gou­verne­ment Valls après le remaniement à cause d’une mise en exa­m­en dans une affaire de frais de bouche, qui débouchera sur un non-lieu.

Aujour­d’hui bien instal­lé en tant que min­istre de l’Amé­nage­ment du ter­ri­toire, de la Rural­ité et des Col­lec­tiv­ités ter­ri­to­ri­ales, Jean-Michel Baylet cou­ve peut-être un scan­dale remon­tant à plus de 10 ans. En 2002, il était en effet accusé par son assis­tante par­lemen­taire, Bernadette Bergon, de l’avoir frap­pée et for­cée à démissionner.

D’après le témoignage de la vic­time, M. Baylet l’au­rait frap­pée plusieurs fois au vis­age puis « con­trainte, sous la men­ace de nou­veaux coups, à rédi­ger sous sa dic­tée une let­tre de démis­sion ». Il l’au­rait ensuite mise à la porte « entière­ment dévêtue et pieds nus ». Dans une audi­tion datée du 15 févri­er 2002 auprès de la Gen­darmerie, faisant suite à sa plainte, elle révélait un homme « car­ac­tériel », « impul­sif voire violent ». 

Mal­gré cette flopée de détails, l’af­faire sera curieuse­ment classée sans-suite par le par­quet de Toulouse. Aucun jour­nal n’en touchera un mot, à l’ex­cep­tion de Paris Match qui pren­draz néan­moins soin de ne citer aucun nom. En 2006, France-Soir reve­nait sur l’af­faire. Le 13 décem­bre, il titrait « Baylet, cogneur rad­i­cal » et con­sacrait un dossier à l’af­faire avec un titre pince-sans-rire : « Droit des femmes: les argu­ments frap­pants de Jean-Michel Baylet. »

Mais le 15 novem­bre 2007, le quo­ti­di­en sera con­damné par le TGI de Nan­terre, puis par la Cour d’ap­pel de Ver­sailles le 18 décem­bre 2008… pour atteinte à la vie privée, et non pour diffama­tion. En effet, comme le rap­pelle Buz­zFeed, « le min­istre ne con­teste aucun fait évo­qué par Bernadette Bergon ». Et de s’in­ter­roger : « Com­ment alors, expli­quer que cette affaire n’ait pas eu plus de retentissement ? »

D’après un doc­u­ment que le site s’est procuré, « le séna­teur avait après les faits passé une trans­ac­tion secrète avec Bernadette Bergon ». En 2005, Dominique Baud­is évo­quait, dans son livre, cette som­bre affaire en ne citant pas nom­mé­ment les pro­tag­o­nistes, et révélait une trans­ac­tion secrète entre les deux par­ties. Le 2 mai 2006, la vic­time, Bernadette Bergon, assig­nait l’an­cien maire de Toulouse en référé pour avoir évo­qué ces faits.

Dans l’assig­na­tion, l’av­o­cat de la plaig­nante con­firme que « la trans­ac­tion à laque­lle Dominique Baud­is fait allu­sion a été con­clue sous la foi du secret, ce qu’avait expressé­ment indiqué à Bernadette Bergon ». Mais alors, « dans quelles con­di­tions le par­quet de Toulouse a‑t-il classé sans suite cette procé­dure? Alors qu’il pou­vait con­tin­uer à instru­ire l’affaire mal­gré le retrait de la plainte et la trans­ac­tion, a‑t-il reçu des pres­sions poli­tiques ? », s’in­ter­roge Buz­zFeed.

Et de con­clure en soulig­nant que « si la con­signe prési­den­tielle inter­dit à toute per­son­ne mise en exa­m­en d’entrer ou de rester au gou­verne­ment, qu’en est-t-il pour ceux qui ont passé une trans­ac­tion après avoir été accusés de violences ? »

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